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sassins, se dispersèrent en tout sens, tâchèrent de se sauver chez des amis ou de sortir de la ville. Une femme fut jetée dans la rivière et retirée après qu'elle eût promis de déposer contre les sœurs (déjà massacrées) et de déclarer avoir été ensorcelée par elles. On la transporta au yamen pour y être interrogée*, fait curieux et digne d'être relevé, parce qu'il est une des nombreuses preuves que les assassins procédaient avec méthode, et étaient dirigés par des gens sentant le besoin de se munir d'avance de pièces justificatives.
M. de Chalmaison, marchand établi dans la cité chinoise, fut massacré au moment où il sortait de sa maison. Une dame française, qui demeurait sous le même toit, courant dans une petite ruelle, fut sauvée par une femme qui la cacha chez elle. Dans la nuit, déguisée en Chinoise, elle se rendit à sa demeure et, la voyant abandonnée, elle revint sur ses pas, ne put retrouver son asile, et frappa à une porte. Reconnue à son accent étranger, elle fut tuée.
Un Anglais, qui demeurait dans le même quartier, dut la vie à la fidélité de son comprador. Ce dernier, après avoir caché son maître sur le toit de la maison, entre deux cheminées, ferma la porte et les fenêtres, et fumant tranquillement sa pipe, présenta aux hordes qui passaient la clef de la maison ; « Entrez, leur disait-il, le propriétaire est allé aux concessions.»
Les deux marchands suisses, MM. Borel, furent sauvés miraculeusement. Depuis midi jusqu'au soir,