Tome J
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^ vu d'aussi beau; et ces manteaux et ces broderies . donneraient à toutes les nations une grande idée de Findustrie du peuple qui les aurait fabriques.
D'abord, sur deux lignes parallèles, et éloignées de quelques pas, se présentèrent seize danseurs, armés d'éventails de plumes de divers oiseaux, qu'ils agitaient avec une certaine grâce; leur main gauche mettait en mmivement un coco rempli de petites graines , dont le bruit imitait celui de (los grelots d'enfant. Uorchestre n'était pas brillant; mais l'air qui accompagnait les pas était harmonieux, et pourrait bien être un air national. I^es acteurs avançaient lentement, se croisaient, et formaient quelquefois des figures gracieuses; tandis qu'à petits pas, le personnage qui représentait le roi , ou le chef de la fôte , a côté duquel chemi* naient deux jeunes pages, ouvrait les rangs avec un geste, et se retirait gravement , après avoir agité son énorme éventail et son sceptre sur la tête des dansetu^. Il serait facile de trouver un sens a chaque acte de ce petit drame ; mais il est plus sage de supposer simplement que ce n'était qu'un divertissement assez insignifiant , où la pompe tenait lieu d'intérêt , et où l'on ne cherchait a plaire que par la variété.
Des acteurs, armés de cerceaux, parurent au second acte, et formèrent des tableaux ravissans.
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inconnus à nos théâtres^ tandis que le Roi^ paisiblement assis sur son trône ^ figuré par un fauteuil délabré^ paraissait jouir de la féte^ et s'amusait des cris et des coups violens que se donnaient, pendant toute la cërëmonie, deux grotesques armes d'énormes bâtons y et couverts des haillons de la misère et de masques hideux. — A ces scènes succédèrent des mouvemens plus gais, des airs plus animés. Les danseurs , au bruit des castagnettes , firent quelques pas gracieux , et cessèrent pour un moment leur marche monotone. Le quatrième et le cinquième actes furent aussi nouveaux qu'amusans : «'umés de légers boucliers et de sabres appelés Macanas, les acteurs se croisaient^ se cherchaient, se heurtaient , se portaient des coups qu ils paraient avec adresse ; figuraient, en un mot , dos combats ainguliers, une bataille générale , et n'étaient séparés que par la présence du Roi , qui s'avançait au milieu d'eux , et posait son sceptre entre les combattans. C'est peut-être une leçon de paix qu'il donnait à $e$ sujets divisés. Les danseurs, oubliant leurs querelles et leurs motifs de discorde, abandonnèrent leui^ armes, se prirent gaiment par la main, et entourèrent leur généreux Souverain, comme pour lui rendre grâces de l'union qui régnait , et de la paix qu'il venait de leur procurer.
La soirée fut terminée par une coùtredanse du
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pays^ exécutée par des hommes et des enfans habillés en femmes^ qui tournaient autour d'un petit mât y au sonunet duquel étaient attachés des rubans de diverses couleurs; de sorte que les figurans et les figurantes qui couraient en sens inverse , couvrirent entièrement le mât de leurs rubans coloriés; ce qui produisit un effet charmant. Il est assez singulier que cette danse ait aussi lieu dans quelques provinces du midi de la France, et que des peuples si éloigna ayent adopté les mêmes usages dans le genre de leurs amusemens. On Fappelle ici danse du bâton habillé.
Les scènes diverses que le Gouverneur fit représenter devant nous , ainsi que les autres fêtes originales dont nous fûmes redevables à sa bonté, lui ont acquis des droits à notre reconnaissance. Les acteurs de ces fêtes étaient presque tous des enfans du collège y dirigés par leur instituteur ; chacun a joué son rôle à merveille , et a montré une intelligence parfaite. L'époque où ces beaux costumes dont je t'ai parlé sont parvenus ici , et la manière dont oh en est possesseur, sont également inconnues, et nous ne chercherons pas à l'approfondir- Ce qu'on peut assurer , c'est que , si ces belles soieries sont antiques -( et le genre des dessins le ferait présumer ) , le peuple qui les a peintes et tressées n'a pas beaucoup de pas à faire pour arriver a la
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perfection a laquelle ont atteint nos meilleurs ouvriers. J'ai dessine toutes les danses ; je me suis applique à les rendre avec exactitude; inais le dessin n'en peut donner qu'une idée très-imparfaite.