Tome IL S
» brilla que pour un petit nombre de Justes ». Et d'un.
« A peine le père Saint-Fictores fut toniibé ,
» frappe du coup mortel de Matapang , que son
» âme, franchissant les distances ^ et portée sur
» Faîle des vents , arriva au milieu de sa patrie
» et y annonça ce malheur. Les églises de toute
» l'Espagne furent tendues de noir , «les cloches
» sonnèrent d'eMes-mêmes , la cour prit le deuil :
» ce fut une calamité gâaerale. Huit k dix mois
» après , Guham fut agitée par deux ou trois trem-
» blemens de terre , et la cause n'en demeura pas
» inconnue. Le crime de Matapang devait être
» expié ». Et de deux.
« Dans une de ses courses a Tinian, le père
» Saint '^ Fïctores venait enfin de ranger sous
» l'étendard de la foi le plus opiniâtre incrédule
» des Naturels, qu'il avait attaqué vainement à
» différentes reprises, lorsque cehii-^i, réfléchis-
)) sant, en se dirigeant vers sa maison de cam-
» pagne, sur l'action qu'il venait de commettre,
» vit venir à lui six femmes très-bien mises, qui
» mangeaient du feu. Une seule était habillée en
)) noir 'y les autres étaient bariolées de mille cou-
» leurs. Il les salua en Elspagnol ; mais ces femme^i
» aériennes lui répondirent en indien, et le me-
» nacèrent de grands malheurs s'il refusait de se
» soumettre aux nouvelles lois qu^on venait de lui » imposer. L'incrédule converti promit d'obéir, et » en publiant la vision qu'il avait eue , il seconda » infiniment le zsèlé de SainUj^ictores » . Et de trois:
« Une grande preuve, ajoute-t-il encore plus » loin, de la vérité de notre religion, c'est que, » peu de temps après sa conquête, Guham fut M agitée par plusieurs secousses de tremblemens » de terre qui renversèrent quelques cabanes ; et 9) «après qœ les habitans , dans leurs prières , se » furent adressés au vrai Dieu , ob n'en éprouva » pas de nouvelle» dsuis ]'e^ce de deux ans et » demi »; £t de quatre.
Je ne finirais pas de kmg-temps , si je devais te rapporter seulement la dixième partie des contes ridicules dont cette prétendue histoire est cc«nposée ; mais une chose qui m'a beaucoup surpris , c'est €{u'au milieu du fatras des quatoraie volumes qui la oontieniaent, il y a plusieurs pages consacrées^ aux . Caroline^. Elles sont très-curieuses , plus correctement écrites que les autres, et surtout mieux raisoiuiées. On ne dirait pas que la même main à t^tu la plume, ni que le même esprit les a dictées. Pas un seul récit de miiracles : tout est simple > dans l'ordre ; et pour faire marrcher son livre , l'auteur n'a pas eu besoin d'avoir recours a des prodiges»