Tome IL G
Sa PROMENADE
réservoir , où on le nourrit avec le jdus grand soin* Pès qu'on le juge assez instruit dans le métier cpi'on lui apprend , on le lâche j et le pécheur, en frap* pant de grande coups sur scm bateau , le fait revenir avec tous les autres poissons, (pie son élève a ^ l'adresse d'attirer dans les filets*
On compte u^nte-cinq rivières dans toute l'ile , dont quekpies-unea roulent des paiUettes de fer et de cuivre. Les principales sont Tarqfojb , lUg et PagQ ; elles se jettent toutes trois dans la mer, et la pnmiière peut être remontée avec un petit navire a une assez grande hauteur. Quoique le pays soit très^montagneux , elles coulent fort lentement ; et
\ y «elle d' Agagna j par exemple, ne file pas un tiers de lieue par hwre. £Ues sont médiocrement pois* sonneuses.
Guham, Ro^ta, et surtout Tinian, étaient, lors de la conquête de cet archipel, couvertes de monumens antiques et colossaux; et Seypan n'en of&e pas une seule trace. On ïien trouve aujourd'hui qu'à Tinian et a Rotta; et ces débris attestent le génie des fondateurs d'une colonie qui eut dû échap-
\ per aux ravages du temps et aux armes sacrilèges de ses fanatiques dominateurs.
LETTRE cm.
£n rade de Samc>-Loius (ttet Marianaes).
JuNCORE de pénibles adieux! encore de douces habitudes auxquelles il ftut renoncer ! Nous par-* tons demain , mon cher BatUe ; et tu conviendras avec moi que ces changemens perpétuels, cette longue monotonie d'une navigation presque tou-* jours éloignée des côtes, ces journées si uniformes, et cette ressemblance parfaite des lentes lieures qui se sudcèdent, doivent commencer à lasser notre constance. Cette idée consolante , nous arrii^erons, est bien là quelquefois poin* nous soutenir et nous donner du courage j mais a la moindre contrariété, le (fuand fatal se présente , et Fhorison s'obscurcit. Tiens, il est des momens où je drois qu'en effet il avait raison celui qui a dit que , pour être heureux dans ce monde y il faUait aiH>ir un marnais cœur et un bon estomac 4
Quelques motifs de joie se présentent cependant à notre imagination. Nous nous dirigeons vers les îles Sandwich, où Gook a terminé sa glorieuse carrière. Nos malades ont ressaisi aux Mariannes la
santé qu'ils avaient perdue depuis si long-temps. Les vivres sont bons^ Feau délicieuse; nos matelots ont de l'eau-de-vie en abondance; et quoique la traversée soit longue, nous sommes sans craintes sur l'avenir.
C'est ici le moment de rendre à notre commissaire* le tribut d'éloges qu'il mérite, non-seulement }K>ur le zèle désintéressé qu'il a niis sans cesse à nous procurer, dans toutes nos relâches , les objets qui nous étaient nécessaires; mais encore par la rare activité qu'il a déployée a Guham, et surtout par ^la sage fermeté dont il a fait preuve dams quelques discussions élevées sur la qualité des vivres qu'on . voulait nous donner. Ni les caresses, ni de légères concessions n'ont pu le détourner de ses devoirs. Il a fait valoir les droits des matelots; il les a soutenus; il a démontré les inconvéniens de préférences accordées à tels ou tels individus ; et il a dit,ye veux, parce qu'il savait bien que sa volonté était celle de son Gouvernement.
Des objets d'échange étaient notre monnaie. Ils ont été descendus a terre ; et M. Requin a fait les marchés. Sans tromper la bonne-foi des habitaiis , il est difficile de mettre plus de sagesse qu'il n'en a mis à l'achat des provisions. Dès le point du
* M. Kequin , de Toulon. . . »
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jour , les magasins étaient encombrés. On apportait des poules, des cochons de lait, du gibier; on. recevait en échange des scies, des clous, des couteauic , des haches ; et quand on se rappellera que ces îles ont porté le nom diiles des P^o leurs, a cause de la , passion dominante des premiers habitans à s'approprier ce qui ne leur appartenait pas, etqu^on saura qu'un grand nomln^è de leurs descendans ont hérité de la même habitude, on jugera de Fembarras que devaient occasionner les prétentions exagérées de quelques-uns des brocanteurs, et de Ja surveillance que leur mécontentement rendait si nécessaire, afin de prévenir les désordres.
Avec des gens adroits et effrontés , chez qui le vol est une habitude innée , il est nécessaire d'employer parfois une certaine sévérité, mitigée chez nous par cette assurance que nous sommes les plus forts, et que ceux qtii se rendent coupables ne sentent pas la grandeur de leur faute ,• et ici, c'était toujours en favorisant ceux qui méritaient sa confiance , que notre commissaire punissait ceux qui avaient justement éveillé des soupçons. N'était-ce pas leur donner a tous une leçon de probité?.... C'est surtout dans ces relations intimes et intéressées qu'il est curieux et utile d'étudier les mœurs d'un peuple, et de suivre les petits détails de ses usages. Tous ses mouvemens ont un but j toutes ses
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paroles sont pesées ; tous ses regards tendent à quelque chose. Autre part, l'homme est souvent ce que les circonstances le forcent à être; ici, il est lui, parce qu'il défend ses intérêts et ses droits. Aussi, je ne doute pas que M. Requin n'ait su mettre à profit les heures qu'il a passées au milieu de ce peuple si curieux , si bon et si superstitieux. . . .
Nous sommes tous embarqua; on lèvera l'ancre demain de grand matin. Il est plus de midi ; j'ai près de trois lieues à faire pour arriver à Agagna , et cependant j'y cours. ... Je veux encore la revoir, l'entendre. Si tu l'avais ccmnue , tu me pardonnerais mes folies; peut-être ne me pardonnerais-tu pas de partir.
Je suis arrivé a Agagna, haletant, épuisé de fatigue j elle pleurait encore .... Tu croiras a cet attachemem, quand je t'aurai dit que cette fille était une jeune sauvage. Oh ! oui ; j'ai eu tort dV revenir.
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