‹ Promenade autour du mondeChapitre 25 sur 102 · LETTRE CVIII · texte numérisé non relu

LETTRE CVIII

D« K.ayttrooa.

Devx petits issnoosfy ou plutôt deux c^uâiers^ îndîqueait la maison du GouYeraeur; et, à<pielques pa$ de là, du coté du tombeau de Tamah&mah , est une espèce de camp, armé dWe trentaine de canons recouverts de naUiOs, et gardé par queir> ques soldats aviec des fusils. L'un d'euï tiem a la main «me clochette et un sabtier, pour indiquer les beures des relais. Ge^ par oe camp que je passai pour aller voir le lieu où l'on ucvdit déposé les restes de Tamahanmb, Les Naturels qui m'y^ eonduisaîent me prièrent de m'éloigner un peu de ma ronâe, et de m'iiçppoeiier d'une grsoide pierre de taille, placée à un mur très-4>as, et au pied de laquelle ils me ûiieoi entendre qu'était enterré le chef le plus chéri de toute l^le. Je les suivis ; et dès que nous y fûmes arrivés , chacun d'eux, avec un saint respect, s^approdha de cette ^pierre consacrée par Tamoinr et la reconnaissance, reroua la terre^, let la frappa trois fois du pied. Ils me prièrent de fiiire la même cérânoniey et

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que je les eus imités^ ils m'en témoignèrent leur satisfaction par les démonstrations les plus vives. Ils répétèrent a diverses reprises le mot méiteij voulant me dire par la qu'ils me trouvaient bon et compatissant.

Quelques instances que nous fissions, Bérard et moi y pour les prier de nous accompagner jusqu'au tombeau de Tamaluimah, ils ne purent se résoudre à dépasser cette pierre sacrée ; et par le mot tabou, ils nous convainquirent que cela leur était défendu.

L'édifice qui renferme les dépouilles mortelles du Roi, dont on ne prononce ici le nom qu'avec lapins grande vénération, est un carré de trente pieds, bâti solidement en varech^ les angles sont renforcés, et forment un léger avancement; la porte est en bois, haute de quatre pieds et demi, et fermée par un gros cadenas. Deux énormes bâtons en croix, placés à deux pas de l'entrée, indiquent que cette demeure est sacrée ; et tel est le respect de ces peuples pour les restes de leur Roi bien aimé , que celui qui fi*anchirait cette limite payerait sur-le-champ de sa tête une coupable profanation.

A côté de ce monument religieux, et plus près de la mer, on trouve un moraïy c'est-a-dire, un cimetière, dernière demeure des Rois qui ont gouverné cette île. Une douzaine d'idoles en bois,

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burlesques et colossales^ les rappellent à la mémoire des sujets. Quelques-unes sont debout et couvertes d offrandes^ on voit dans leur bouche d'énormes poissons et.des fruits, qu'on renouvelle dès que le temps les consume. Ce sont sans doute les statues des Rois qui ont bien gouverné^ d'autres sont renversées sur la poussière, et couvertes a moitié de pierres et de débris; la juste indignation du peuple n a pas voulu voir des tyrans à côté des Rois bienfaiteurs. Au milieu de ce nioraï, fermé par une haie d'arêtes de cocotier, haute de deux pieds et demi, est un édifice semblable au tombeau de Tamahamah^ mais plus haut et plus vaste, où sont gardés, avec indifférence, des meubles neufs et élégans, qui bientôt probablement seront dévorés par les insectes qui y ont établi leur demeure. Sur un côté de l'édifice est une petite croisée, par où seulement il est permis à quelques chefe d'inspecter ce triste lieu* Du reste , ce moraî paraît fort négligé, et le voisinage du tombeau de Tamahamah est peut-être cause de cet abandon.

En prenant la route de Karakakooa^ et après avoir dépassé le dernier quartier de la ville, on trouve encore, sur une hauteur qui domine la plage, un autre moraiy qui paraît moins abandonné, et où l'on. compte une trentaine de statues, la plupart dans une posture très - indécente ; mais le

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