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Tome IL l

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de deux, pieds de diamètre. Ils l'enduisent d'huile de poisson et d'autres matières graisseuses, après l'avoir plafcée dans un trou de quelques pouces de profondeur. L'autre jour , j'assistai aux jeux et aux préparatifs.

Les concurrens se placèrent en cercle autour de la boule. Les paris furent déposés a terre, et commis à la garde d'un vieillard pour qui tous les Insulaires paraissaient avoir le plus grand respect. Les objets des défis étaient des pièce» d'étoffe du mûrier - papier * , des couteaux , des calebasses ciselées, et des nattes k-peu-près de la même valeur. Les adversaires devaient sauter surlaboule„avec un seul pied, et le prix était donné à celui qui s'y tenait en équilibre plus long-temps que les autres. Le* peuple qui entourait les rivaux les jugeait en frappant, a intervalles égaux, d'une main contre l'autre.

Il est certain que puisque la boule n'est pas refrottée ' depuis le conunencement du jeu, les derniers concurrens ont l'avantage dans cette lutte, puisque les pieds de ceux qui les ont précédés ont déjà enlevé une partie des matières graisseuses. Eh bien! ici, l'honneur, la gloire, ou tout autre sentiment, moins noble si l'on veut, mais qui leur

* Broussojietia papyrifera.

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ressemble, chasse de leur cœur toute espèce de cupidité. Ds briguent la faveur de sauter les premiers sur la pierre, et semblent perdre leur enjeu avec moins de regret, dès qu'ils ont eu à lutter contre de plus grands obstacles.

Hier deux rivaux se présentèrent en-même-temps. C'étaient les plus adroits à cet exercice, puisque tous les autres leur abandonnèrent le premier rang. D'abord une légère contestation s'éleva entr'eux ; bientôt le langage devint plus éclatant, les gestes plus rapides, plus expressifs. Us jetèrent leurs manteaux, se rapprochèrent en se mesurant des yeux^ et enfin ils s'assaillirent à grands coups de poings, et se prirent par les cheveux, jusqu'à ce qu'un des deux fût jeté à terre; ils se relevèrent alors, et aucune autre contestation ne troubla les jeux. L^ vainqueur dans la lutte sauta le premier sur la pierre; mais ce fut le vaincu qui y resta plus longtemps en équilibre et qui gagna les paris.

Mais une chose assez digne de remarque, c'est qu'aucun cri ne partit des assistans pendant la querelle : on agrandit le rond, on n'excita aucun antagoniste, on les laissa se frapper en toute liberté; et lorsque la lutte fut terminée , personne ne félicita le vainqueur, personne n'eut l'air de prendre part à la défaite du vaincu,

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Cette équité m'étonna au milieu d'une foule d'hommes en mouvement et occupés de leurs intérêts.

Ici elle n'étonna que moi. C'est que j'étais le seul Européen témoin de cette partie de plaisir.

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