‹ Promenade autour du mondeChapitre 57 sur 102 · Tome II. l · texte numérisé non relu

Tome II. l

rhorbon. Toutes les nouvelles concessions ne sont défrichées que psur le feu. D'abord^ un vieui t^ronc r^iste à ses atteintes^ peùt-à-peût son humide enveloppe se sèche , se cajrboiuse , et excite ellemême l'incend^ç ; 1^ branches sont dévorées et font tomber s^veç elles les br^^iches voisines^ qui comya)UBiqujeo( l^t^iM^t h^ ftmpoiiie aux végétaux les plus ^Qigpié); mais conm^ ces embrasemçns dpiycaiit se répé^r «jr^s^çouvent^ et cgde le pit>priét«^îre d'un içcr^ia dpit gac^tii* les possQssiuBs ad^açepUsi^ il ç^^f^^ifàce pap feirç cii^^Asçrire avec ^ hach^ l'es|iaGe qu'il veut cultiver. Parvei^tt ^ ç^e hpûte, le feu u^ trouvant plius d'aljmeutyS^a^nr^U^j^ ao^eurt^ ^ ses cendres bienfai* sautes doquçiKi^ la yi^ auj; Hp;^ qu'il V3Wt sim d'éfurçç.

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LETTRE CXLÏ.

DeSidney.

tfE dierchc vamement à m'ex{diq«wr comment le^ GouYemement de Sidney , si sage dans ses rëgie^ mens^ si jtisté et si sévère êSÈn^' ses lob, permet aux Sauvages de l'intérieur de séjourner dans sa capitale. Je voudrais que , soigneux ée cadier aux femmes et aux jeunes filles le spectacl^e dégoètsaïc de nudités hideuses, il reléguât dmis utt quartier distinct tous les malheureux qui ne seraient cou«* verts d'aucune espèce de vêtement^ on qu'un régler ment, strictement exécuté, forçât les Sauviagesà se couvrir au-moins les parties sexuelles , à l'aide d'une peau de kanguroo, ou de toute autre e^èce de voile.

Je suis allé hier passer la soirée chez un des plus riches et des phis honnêtes négocions d'ici^ Quel ne fiit pas mon étonnement, en ei^rant dans la cour de la maison , de voir de jeunes filles de quinze à dix-huit ans encourager dims leuts jeux sauvages des hommes et des femmes absolument nus , et offrant tous les dehors de la misère la plus

expliquent assez leur faible constitution. Sur un corps maigre et peu robuste repose une tête sanscxpres^ sion^ ou plutôt avec un caractère bêtement féroce. Ils ont en général les yeux petits^ le nez très-plat, la bouche démesurée ^ les pieds et les mains énormes^ les jambes et les bras excessivement grêles, et les dents très-blanches. A la plupart d'entr'euxil manque les deux incisives supérieures, et j'ai vu une jeune fille de quatorze ou quinze ans supporter avec un courage étonnant cette opération douloureuse : elle appuya sa tête sur un mur, tandis qu'une femme beaucoup plus âg^îe ^qu'elle, ejt que je pris pour sa mère à la ressemblance qu'elles avaient ,entr'elles, lui appliqua sur les deux dents qu'*elle voulait enlever ui^ morceau de bois de l'épaisseur d'un tuyau de plume, et le frappa avec un gros caillou. La jeune fille ne poussa pas un seul cri, eUe ne fit pas la plus légère grimace, quoiqu'on répétât deux fois l'opération. Comme je tenais beaucoup à savoir si cet usage était généralement adopte par toutes les filles, et s'il y avait line époque où ce sacrifice leur était commandé, je tâchai, par mes mouvemeps, de me faire entendre de la vieille femme, et je lui demandai pourquoi elle avait ainsi enlevé ces deux dents; elle me répondit par im geste si expressif, adopté dans toutes les îles de la mer du Sud, que je ne 4outai plus que cette jeune

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personne n'allât se marier, et j'en fus bien plus convaincu quand j aperçus un Sauvage bariole de mille ijfianières venir a nous, jeter sur les épaules de sa future Une peau de KangutoO, lui cracher ^diverses reprises sur la figure, fet tracer sur son corps , avee de Focre et des mastics , des raies de toutes couleurs. Je Favoue, cette espèce de toilette et lé soin qu'y avait mis le galant adorateur, excitèrent tellementmâ curiosité, (}ue je suivis le couple heureux juscju'au bciisqui entouré le jardin du Gouverneur; etià.....(

Les deux épôiin paTuf èqt qUélcJUes inst£[n^ après, et je remarquai çUr là (igure du tnari quelques traces des bigarrures que j'àvftis vues sur celle de la femme.

Hëlas! ecffiËfcbieu la galanterie a peu de durée chez ces i^ommes cruels et pourtaî^ si près de la naturel De i^et<mr de son excursion ^onourèu^^ le mari jeta sur sa femme un petit sac contenant quelques provisiotisduesk là gétiéifosité des Anglais, lui commanda de marehet^ un peu plus vîte, et l'aida thème de quelques coups dé pied qui la faisaient avancer plus qu'elle ne lé voulait. Indigné coUtré la brutalité de cet homme , je le Suivis, disposé k faire cesser ses mauvais traitéiuens, et le hasard me rendit encore témoin d'une scène que je ne puis m'empécher de te Raconter.

A côté de la rivière, et en s'approchant de la

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maison de M. Peeper, mes deux Sauvages descen-' dirent une colline qui les rapprochait du rivage^ où se dessinait une petite crique dans laquelle étaient cinq ou six petites pirogues; je courus sur leurs pas conmie si j'étais occupé de la chasse^ et bientôt de grands cris, ou plutôt des hurleraens épouvantables se firent entendre. J'hésitai un instant, et me décidai enfin à m'approcher avec prudence. Autour d'une fen^n^e vraiment hideuse, et accroupie sur des peaux de Kanguroo, une vingtaine de Sauvages tournaient , sautaient, agitaiQnt leurs sagaies, et frappaient leurs mains et Ijgur corps. Dès que je me fus montré, Cjelui que je pris pour le chef* de h^ bande me i-ecpanut, vi^t k n^oi , pt me pressa d'arriver. H parla d'abord a ses compagnons, et bientôt, à l'envi l'un de l'autre, ils m'entourèrent en me tendant la main. Les cris de la femme fireot ciçsser leurs supplications, et ils reprirent tous leur posté ethurlèrept de plus belle. Enfin la fenmie se coucha ei^ poussant de grpssQupirs, et le tumulte devint à son comMe. . • . . Quel fut nion étpnnement lorsque j'aperçus cette malheureuse se lever avec tpeine, porter dans ses bras un petit enfant dont elle venait d'accoucher, entrer dans une pirogue, et le plonger dans l'eau à diverses reprises! Apr^ cette

^ Je Fayaû dessiné la veiHe chez M. Mao-Intosch, officier distiiifpié, et lui araif i&it cadeau d'un peut couieaa de deux sqLs.

libation, et quelques autres grimaces et gambades que firent deux individus qui paraissaient prendre plus d'intérêt à la femme, je m'approchai à mon tour, et je donnai à cette malheureuse mère mon mouchoir et ma cravate , qu'elle accepta sans la moindre marque de reconnaissance^ pour en couvrir le nouveau-né. J'ignorais alors cpie ce don léger serait le sujet d'une querelle qui aurait été funeste à quelques-uns de ces furieux, si je n'avais mis fin à leurs discussions en reprenant le cadeau que je venais d'ofirir.

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