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Bathurst^ et tâcliant de déterminer au-moins dans l'Ouest quelles sont les eaux qui s'y jettent, nous continuâmes le 22 à la remonter, entre le point de départ et Bathurst; nous traversâmes les sources dVme foule d'eaux courantes, qui toutes se jetaient dans la Macquarie; deux de ces courans étaient presqu'aussi larges que cette rivière elle-même à Bathurst. Le pays d'où toutes ces eaux tirent leur source était montagneux et irrégulier, et paraissait également l'être sur la côte orientale de la Macquarie.
Telle était la physionomie du pays jusque dans le voisinage immédiat de Bathurst; mais à l'Ouest de cette étendue de montagnes, la terre e'tait couverte de collines peu élevées et produisant de l'herbe, ainsi que de belles vallées arrosées par des ruisseaux praiant leur source sur le côté occidental des montagnes qui, dans le côté oriental, jettent leurs eaux directement dans la Macquarie. Ces courans, > situés sur le côtjé occidental, me semblèrent se joindre a celui que j'avais pris au premier abord pour la Macquarie, et se jeter, lorsqu'ils se sont joints^ dans cette rivière au point où nous la découvrîmes d'abord le 19 du courant. Nous arrivâmes hier soir ici sans qu'aucun homme faisant partie de l'expédition eût éprouvé le moindre accident depuis, notre départ, après avoir parcouru,
depuis Bathurst, un espace d'environ mille milles entre les parallèles de 34® 3o' Sud et de 32 Sud, et entre les méridiens de i49*^ 29' 3o" Est, et, de i43<> 3o' Est. Je m'empresserai de mettre sous les yeux de Votre Excellence les journaux, cartes, et dessins qui expliquent les diverses circonstances de notre route variëie; et je me trouverai trèsheureux, si nos efforts paraissent répondre à votre attente et aux grandes ressources que vos soins et votre libéralhé ont niises a ma disposition.
Deuxième Lettre de M. Oxley-, reyenant de la seconde expédition dans la Nom^elle - Galles méridionale y à M. le Gouverneur Macqûariç,
Port St«pheii8, le i.«r noyembre 181 8.
Monsieur,
J'ai ITionneur d'informer Votre Excellence que je suis arrivé aujourd'hui dans ce port; et comme les circonstances rendent nécessaire que M. Evans , mon second, se transporte à Newcasde, je saisis cette' occasion de faire a Votre Excellence un rapport abrégé de la route suivie par l'expédition occidentale confiée a mon commandement.
Ma lettre, datée du îî2 juin dernier, a fait con-
naître à Votre Excellence les grandes espérances que m'avait fait concevoir Tapparence de la rivière Macqiiarie , à l'égard de la manière dont elle se termine; je m'attendais à la voir se [eter dans des eaux intérieures, ou s'étendre jusqu'à la cote. Quand j'écrivis cette lettre a Votre Excellence, je i)e prévoyais cert^inemetit pas que quelques jours de plus nous conduiraient à son cxtremité navigable.
Le 28 juin, ayant tiraoé soil cours, sans la plus petite diminution ou addition, à environ soixantedix milles plus dans le Nord-Nord-Ouest , une petite brise soufflant sur la rivière, celle-ci déborda, et, quoique nous en fassions a environ trois milles de distance, lé pays était tellement plat , que bientôt le terrain oii nous nous trouvions fut couvert d'eau. Nous avions, quelques jours auparavant, voyagé sur une terre si basse, que nos hommes qui étaient dans les bateaux, trouvant le payis submergé, avancèrent lentement; circonstance qui me mit a même de leur envoyer l'ordre de retourner au poste que nous avions quitté le matin, où le terrain était un peu plus élevé. Ce poste n'étant nullement sûr, il fut décidé que les chevaux , avjBC les provisions, regagneraient la dernière terre élevée que nous avions quittée, et qui était à seize milles de distance; comme il me paraissait que la masse
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«l'ea^i de la rivière e'tail trop important^ pour être beaucoup diminuée par le seul débordement dé ses eaux, j^ résolus de prendre le grand bateau^ et de tâcher^ a l'aide de cette embarcation, de découvrir le point où elles se déchargeaient.
Le a juillet, je descendis la rivière dans le canot, et dans le cours de la journée je fis environ trente miUes vers le Nord^Nord-Ouest^ pendant une étendue de dix milles,- nous ne vîmes, à strictement parler, aucune terre j car le débordement faisait du pays environnant une véritable mer. Les bords de . la rivière étaient encombrés de bois de construction, et beaucoup d'espaces étendus que nous voyions, étaient non-seulement couverts de roseaux ordinaires , mais encore jd'arbres très - forts. Le 3 jiiillet , le principal canal était très^-resserré , vms très-profond, et sur les bords, il y avait depuis dou^e jusqu'à dix-huit pouces d'eau ; le courant conserva pe^dai^t environ •vingt milles, la m^e direction que la veille; ensuite nous perdîmes de vu^ hn terre et les arbres; le canal de la rivière Po^mil à travers les poseaux, parmi lesquels Veau av^t environ trois pieds de prc^ondeur. Il cooitiaUfi de la sorte pen-^ dant environ quatre miUes., jbrsque, sans aucun changement ultérieur dans la largeur, la profondeur et la rapidité du courant d'eau, et au
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moment où j'espérais vivement entrer dans le lac depuis long-temps désiré, il éluda tout-a-coup notre plus longue poursuite, en s'étendant de toutes parts du Nord-Ouest au Nord-Est, sur la plaine de roseaux qui nous entourait. La rivière variait de profondeur depuis plus de vingt pieds, jusqu'à moins de cinq pieds, et coulait sur un fond de vase bleue tenace; le courant avait presque la même rapidité qu'a l'endroit ou l'eau était resserrée entre les bords de \a rivière. Ce point de jonction avec les eaux intérieures, c'est-à-dire le lieu précis où la Macquarie cesse d'avoir la forme d'une rivière, est situé par So» 45' de latitude Sud, et par i47° lo' de longitude Est.
Assurer positivement que nous étions sur le bord du lac ou de la mer dans lequel cette grande masse d'eau se décharge, pourrait avec raison être regardé comme une conclusion qui n'est basée que sur des conjectures; mais si l'on peut hasarder, d'après les apparences actuelles, une opinion que notre route postérieure tendit plus fortement à confirmer, j'ai l'entière confiance que nous étions dans le voisinage immédiat d'une ► mer intérieure, très-probablement peu profonde, et diminuant par degrés, ou comblée par les immenses dépots des eaux qui s'y jettent du haut des terres élevées qui, sur ce singuher continent,
semblent ne pas s'étendre au-dcla de quelques centaines de milles des côtes maritimes; attendu qu'à l'Ouest de ces étendues de terre qui servent de bornes (et qui, d'après les observations que j'ai été à même dé faire, me paraissent parallèles a la direction de la côte), il est impossible de découvrir une seule colline , ou autre éminence sur cet espace qui semble n'avoir point de bornes, excepté ces. points isolés sur lesquels nous restâmes jusqu'au 28 juillet; les rocs et les pierres qui s'y trouvent sont d'une espèce distincte de ceux que l'on voit sur les range* dont nous avons parlé plus haut.
J'espère que Votre Excellence croira que, bien convaincu de la haute, importance de la question à résoudre sur la formation intérieure de cette grande contrée, j'ai pris le plus grand soin d'éloigner tout motif de conjecture, en faisant les, observations les plus scrupuleuses sur la nature du pays. Quoique ces faits me prouvent que l'in* térieur est couvert d'eau, cependant j'ai pensé qu'il était de mon devoir de ne négliger aucune mesure tendante d'une manière quelconque à éclaircir directement ce doute.
Il était physiquement impossible de gagner le
* Hange. Je ne coonais pas la vraie signification de ce mot anglais.
bord de ces eaux en faisant un circuit autour de la partie inondée du pays sur la côte Sud-Ouest de la rivière, car nous nous convainquîmes qu© c'était un marais privé de végétation, aiBfectant une forme polygonale, et n'offrant pas le moindre îlot vers lequel nous pussions nous diriger. D'après les observations faites durant ma première expédition, j'étais convaincu qu'il n était point probable qu'il s'en trouvât dans cette direction. D restait encore à explorer le pays inondé situé dans le N.-E. ; et lorsque, le 7 juillet, je retournai aux tentes que je trouvai dressées sur la ,tèrre haute ci-dessus mentionnée, et de laquelle nous pouvions voir des montagnes a la distance de quatre-vingt milles à l'Est, le pays intermédiaire étant entièrement uni , M. Evans (mon lieutenant) fiit envoyé en avant pour ^ entreprendre celte opération.
Le 18 juillet, M. Evans revint, n'a^y^mtpas pu continuer sa route vers le Nord-Est pendant plus de deux journées; il fut atrété par des eaux cOfiiknt dans la direction du Nord-Est, au travers des roseaux élevés, et qui très-probablement étaient c^les de la rivière Macquarie; attendu que durant S(HI absence , ce fleuve s'était élevé à une telle hauteur, qu'il nous entourait entièrement, et venait jusqu'à quelques toises de la tente* M. Evans s'avança
ensuite daVhntage vers FEst; ^t à une distance de cinquante milles de la rivière Macquarie, il en traversa une autre beaucoup plus large, mais moins profonde, se dirigeant vers le Nord. Mais poussant encore plus vers FEst, SI alla presque jusqu'à la base des montagnes vues de la tente , et retournant par une route plus méridionale, il trouva le pays un peu plus sec, quoique aussi peu ëlevé.
Les instructions discrétionnaires qu'il a plu a Votre Excellence de me donner, me laissant le choix de la route que je jugerais la plus convenable a suivre pour revenir au port Jackson, je résolus d'essayer de gagner la cote maritime en me dirigeant vers l'Est, et en m'avanicant le long de la base des monts dont j'ai déjà parlé, par lesquels j'espérais encore être conduit aux autres eaux intérieures que cette partie de la Nouvelle- Galles méridionale pouvait contenir
Nous quittâmes ce poste le 3o juillet,* nou^ étions par 3oo 18' de latitude Sud, et par 147*^ 3l' de longitude Est, et nous nous dirigions vers la côte; le 8 août, nous arrivâmes à la haute suite de montagnes vers laquelle nous avions fait route^ Étant sur la pointe la plus élevée de cette chaîne, nous eûmes un horizon sans bornes; Depuis le Sud- Ouest jusqu'au Nord, ce n'était qu'un pays uni,
ressemblant a l'Océan par son élendue^ mais sans qu'on pût distinguer de l'eau en aucune partie, tandis que les cimes les plus élevées de la chaîne des montagnes étaient en vue à la distance de plus de cent vingt milles.
En partant de ce point conformément à la résolution que j'avais prise en quittant la rivière Macquarie, je me dirigeai vers le Nord-Est; mais après avoir rencontré de nombreuses difficultés, parce que le pays était une immense lagune, entremêlée de sable mouvant, jusqu'au 20 août, et trouvant que j'étais entouré de marais, je fus, malgré moi forcé de me diriger plus vers l'Est, ayant prouvé par ma propre expérience que le pays ne pouvait être traversé sur aucun point -s'écartant de la chaîna de montagnes qui borne l'intérieur. Quoique des parties sèches de terre alltiviale et unie s'étendent depuis leur base occidentale jusqu'à une distance que j'estime excéder cent cinquante milles, je suis convaincu que les eaux couvrent l'intérieur du pays. Ayant dirigé notre route plus vers l'Est, nous ne tardâmes pas à nous trouver dans un pays d'une physionomie bien 'différente, et formant un contraste remarquable avec celui qui nous avait occupés si longtemps. Un grand nombre de beaux courans d'eau, se dirigeant vers le Nord, arrosaient ime riche
et belle contrée, qiie nous parcourûmes jusqu'au 7 septembre, jour où nous traversâmes le méridien de Sidney et la teiTC la plus élevée qui soît connue dans la Nouvelle-Galles méridionale, nous trouvant alors par 3i" de latitude Sud. Ensuite nous fumes considérablement embarrassés et •retardes par de très-hautes montagnes. Le 20 septembre, nous gagnâmes le sommet le plus élevé de cette chaîne étendue, et la nous eûmes le plaisir de voir l'Océan à cinquante milles de distance. Le pays à nos pieds avait la forme d'une vallée triangulaire, dont la base s'étendait le long de la côte depuis les Trois-^Frères , dans le Sud, jusqu'à la terre haute située au Nord du Cap Fumeux (Smoky Cape). Nous eûmes de plus la satisfaction de trouver que nous étions près de la source d'une large rivière se dirigeant vers la mer. En descendant la montagne, nous suivîmes le cours de ce grand courant d'eau, augmenté par beaucoup d'autres qui venaient s'y joindre; jusqu'au 8 octobre, jour où nous arrivâmes sur le rivage situé près de l'entrée du port où cette rivière venait se jeter j nous avions traversé, depuis le 18 juillet, un pays d'environ cinq cents milles d'étendue, de l'Ouest à l'Est. L'entrée de ce port est située par 3io aS' 45' de latitude Sud, et par iSa» 53' 54^' de longitude Est, et avait déjà été remarquée par le capitaine Flinders ,-
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mais la distance à laquelle il fut obligé de se tenir de la côte ne lui permit pas de découvrir-que cette entrée était navigable; notre plus grande attention fut donc dirigée vers ce point important; et quoique le manque de canot nous empochât de délerrainer complètement la profondeur du canal, cependant il parut qu'il y avait au-moins trois» brasses^ à marée basse y et que le passage était aur^ quoique étroit, entre les sables mouvans des deux côtés. Ayant poussé mes remarques jusqu'à me convaincre qu'à l'aide de ce port, le beau pays environnant les bords de la rivière pouvait être un jour utile à la colonie, je pris la liberté de le nommer Port-Macquarie , en l'hcMmeur de votre Excellence, qui, la première, encouragea cette /expédition.
Le 1 2 octobre, nous quittâmes le port Macquarie pour nous diriger vers Sidney; et quoiqu'aucune carte ne puisse être plus soignée dans son esquisse et dans ses points principaux, que celle du capitaine Flinders, cependant nous ne tardâmes pas à éprouver combien peu l'on doit compter sur les meilleures cartes marines , pour l'indication de tous les passages et entrées qui se trouvent sur une longues étendue de pays. La distance à laquelle son bâtiment se tint ordinairement de cette partie de la côte qu^ nous dûmes traverser, ne lui permicpa^ d'apercé-
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voir des ouvertures qui , quoique de peu de conséquence, sans doute, pour la navigation, présentaient cependant les plus graves difficultés aux voyageurs par terre, et dont j'aurais hésité à essayer le passage sans nul secours du côte de la mer , dans le cas où elles eussent été indiquées. Dans l'état actuel des choses, nous devons notre conservation et ceUe de nos chevaux a la rencontre d'un petit canot que la Providence nous fit découvrir sur le rivage, et que les hommes portèrent avec la plus grande galté sur leurs épaulespendant plus de quatrevingt-dix milles, nous mettant ainsi à-méme de vaincre des obstacles que , sans cela, nous n'eussions jamais pu surmonter.
li y a peu de jours encore, j'espérais avoir la satisfaction d'annoncer que nous étions de retour de notre expédition, sans qu'aucun accident fût arrivé aux personnes qui en font partie^ mais le caractère des Naturels qui habitent le long de la côte Nord est tellement cruel et perfide, que toute notre prudence ne put empêcher un de nos hommes (William BlsJ^e) d'être grièvement blessé par eux ; cependant, grâces aux soins habiles du doctieur Harris (qui nous a accompagnés comme volontaire, et duquel, dans celte occasion ainsi que dans tout le cours de notre voyage, nous avons
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reçu des secours très-imporlans) J'espère que son rétablissement n'est plus douteux ».
Tu vois, mon cher Batlle, par cette analyse rapide du voyage de M. Oxley , que je n'ai fait que traduire approximativement, qu'une grande partie des terres assez éloignées de Sidney sont à-peuprès connues. Parmi les obstacles que l'historien a rencontrés, tu as reconnu que les marais étaient ceux qui l'avaient le plus arrêté, et que toutes les montagnes qu'il a pu atteindre ont été aisément franchies.
J'ai souvent remarqué que, dans les voyages périlleux, le vide des instructions données entraînait souvent de funestes conséquences. Ici , M. Macquarie s'est montré aussi sage que réservé; et en permettant certaines facilités jugées nécessaires par le chef de l'expédition, il a indiqué le but des incursions avec un tact qui fait honneur à son mérite.
(c Les trois grands et principaux objets de la présente expédition, dit-il, sont: i .<> de déterminer la course réelle, ou la direction générale de la rivière Lachlan, le point où elle se termine, et si elle se jette dans la mer ou dans quelque lac intérieur;
» a.o Dans le cas où cette rivière se jette dans
la mer, de déterminer la place exacte de cette embouchure , et si cette place serait un port bon et sûr pour les navires.
» 3.® D'examiner la physionomie générale du pays , la nature du sol , des bois et des productions animales et naturelles des endroits que cette rivière traverse j d'observer avec soin et de noter chacun de ces détails, et d'y ajouter la nature du climat et la description des Naturels ou Abori-» gènes qui seront vus ou rencontrés , à mesure que l'on avancera dans le pays ».
Ici tout est positif, et si le Gouverneur n'a pas indiqué la route qu'il fallait suivre, c'est que cela lui était impossible^ et c'est le seul cas où une pleine latitude était donnée à M. Oxley.
Occupé de la publication de son périlleux voyage, cet officier de marine ne put pas, dans les courses que je fis avec lui, me donner les détails que j'aurais voulu connaître, puisqu'il les devait, d'abord à son Gouvernement; mais j'ai su que peu de temps après avoir quitté Bathurst^ il trouva des Naturels qui reçurent de lui de la viande et d'autï'es petits cadeaux; qu'ils lui parurent d'un caractère doux , et qu'ils comprirent quelques phrases et quelques mots anglais. Peu de jours après s'être avancé dans la rivière de Lachlan^ il trouva une bande com-
posée de huit Sauvages qui, loin de fuir, s'approchèrent d'eux , et en reçurent aussi des témoignages de bienveillance.
Si peu de Naturels furent vus dans Tintérieur du pays , ajoute quelque part M. Oxley , que l'on peut à-pcinc dire que ces inunenses régions soient habitées. Quelques familles éparses çà et là forment l'entière population ; et le peu de remarques que nous pûmes faire, nous convainquirent de la stricte identité de cette espèce d'êtres humains avec ceux de la côte. Ces deux races ont la même manière de se procurer leur nourriture, et se servent des mêmes armes et des mêmes ustensiles. Celte ressemblance remarquable dans les Naturels des différentes tribus, s'étend aussi jusqu'aux productions animales et végétales du pays : l'eucalyptus et le casuarina , le kanguroo et l'ému , avec leurs diverses e^>èces , habitent également les froides régions de la terre de Van-Diémen et les latiuides plus chaudes des tropiques.
« Une courte description des plantes les plus remarquables, recueillies durant l'expédition par ]\f . Charles Frazier , collecteur du Gouvernaient, est ajoutée a mon journal (continue M. Oxley ) : tX quoique les résultais, quant au principal objet' de l'expédition, n'aient pas répondu à l'attente qu'on avait conçue 9Ml moment où elle partit, cependant
quand on considère la connaissance générale qu^on a acquise d'une partie si considérable de ce pays étendu, on espcrcf qu'elle n'a pas été entreprise et faite en vain, et que le champ qu'elle a ouvert aux sciences sera d'un trè&-grand avantage pour elles ainsi que pour la mère-patrie ».
Ainsi parle la modestie. Four nous qui n'avons pas fait partie des courses périlleuses qui nous occupent, et qui devons une foi pleine et entière aux récits qu'on en publie, nous devons conclure que les premières expéditions dans l'intérieur des terres n'ont pas été entreprises avec les moyens capables d'«n assurer le succès j que ceux qui en ont écrit les relations se sont exagéré les obstacles, et en ont même créé de ridicules, et que le gouverneur < M acquarie , par ses soins généreux et le» immenses préparatifs qu'il a faits, s'est acquis autant de droits à la reconnaissance publique , que M. Oxley , par le courage dont il a fait preuve et les précieuses notions qu'il a recueillies.
Adieu, mon cher Batllej nous partons.