orpimant
Plus euphorbe 4 on 0 12
Plus cantarides 2 on o 12
Plus verdet 4 on o 10
Plus populeum il 1 12
Plus du 29 du même mois 'pour Madame une prinse pillules composées et
dorées o 18
Plus du même jour une fomentation composée de plusieurs herbes, fleurs et poudres aromatiques pour appliquer sur
la partie affectée 2 ro
Plus du ier octobre pour Madame
un clistère laxatif o 15
Plus du 3 du même mois une fiole
sirop de absinthe tenant 1 on o 04
Plus du 16 pour la nourrice ung bolus de thériaque 1 05
Plus du ipnovembre ung onguant composé de plus ascongues aveques poudres aromatiques pour appliquer sur la
rate 1 05
Plus du ier décembre 1 on. huiles amandes douces tiré sans feu o- 10
liv. sols
Plus du 1 1 du même mois pour la garce de Madame nomée Louisse pour
tablettes purgatives o io
Plus du ier janvier pour canette eau de rose pour les baptisailles de l’enfant de sa garce o 08
Plus du 29 août pour faire une eau distillée aveques alambic de verre : 4 on. huiles d’amendes douces tiré sans feu. 1 15
Plus 8 on . semances froides. .. . o 16
Plus 1 on. camphre o 15
Plus 1 on. borax fin 1 10
Plus 1 on. sucre candie o 03
Plus demy on. alun de glas .... . o 06
Plus pour les herbes qui entrent
dedans ladite eau o 15
Plus pour la façon de lad. eau, etc. 1 10
Voici une seconde note :
Monsieur le chevalier de la Tresne doit du
5 mai :
Pour Monsieur, livré à son valet de chambre 12 prises, pillules composées avec la cascarille, le saffran de Mars et le
sirop d’absinthe 3 o
Du 8 une médecine avec la manne, iecatholicum fin et le sel végétal 2 o
liv. sols
Du 1 1 trois prises saffran de Mars
apéritif o 6
Du 17 pour emporter en campagne une fiole contenant : Deux gros rhubarbe en poudre 1 10
Plus trente prises de saffran de
Mars apéritif 3 00
Plus trente prises cascarille 3 o
Plus une fiole contenant sirop
d’absinthe deux onces 1 o
Du 19 une once moelle de caste en deux paquets 1 o
Du 1 1 février, demy once moelle
de Casse o 10
Du 1 1 la casse réitérée o 10
Du 16 une once fleur deguimauve o 06
Du 13 may 8 prises corail rouge
préparé o 16
Du 20 septembre une médecine composée avec la rhubarbe, la mauve, le
sel végétal et le sirop de roses pâles 2 o
Plus un gros diascordium o 5
Du 30, 3 gros, casse cuite 0 8
Antoine Gombault est enchanté. La boutique est avantageusement connue ; il est bien vu de tous ses confrères, il a même été nomme bayle de-
puis un an. 11 s’est marié, il a deux filles et un fils et il rêve déjà de faire de son fils son successeur. En attendant, il postule la place d’apothicaire royal ( i ).
Mais voie] venir la Saint-Michel ; la confrérie s’apprête à fêter dignement ce saint. Personne ne songerait à manquer à la fête et Gombault moins que tout autre. Il connaît en effet les statuts: « Seront tenus les confrères de la dite confrérie de faire dire la veille de V apparition Saint-Michel en mai eu l'honneur de Dieu,' de la Glorieuse Vierge et de Saint Michel , vespres hautes , avec les Orgues et chantres , le plus honorablement que faire se pourra; et le lendemain jour de Saint-Michel la Messe et Vespres . ))
a Les dits confrères seront tenus d'assister tant aux premières vespres que à la messe qui se célébrera le jour de la feste, et aux vespres du dit jour, et le lendemain de la fête, à la messe qui se dira pour le repos des âmes des confrères décédez dans la dite église, sous peine de vingt sols tournois, applicables à la dite confrérie , en cas qu'il s'absente sans excuse légitime )) .
( i ) Les apothicaires royaux avaient un certain nombre de privilèges et de charges réglés par le roi. Ils ne pouvaient être examinés que par les médecins de la famille royale ; ils avaient la préférence sur les drogues arrivant et allaient choisir les meilleurs pour l’usage du roi et des princes.
Cette année, étant bayle Gombault tient à ce que la fête ait un éclat inaccoutumé. Le programme en est légèrement changé mais pour l’embellir. Dès la veille, le son des cloches annonce la fête et recommence le lendemain de très bonne heure. A cet appel, les membres de la confrérie et leurs femmes prennent place dans l’église admirablement décorée pour la circonstance. Sur un grand piédestal, Gombault a fait placer la statue de saint Michel et la bannière de la confrérie.
Une grand’messe avec orgues est alors célébrée. Un prédicateur en renom prononce le panégyrique du saint ( i ) .
La messe fut suivie d’une procession magnifique. En tête marchait Antoine Gombault portant la bannière; derrière lui venaient les trois autres bayles, portant la statue de saint Michel sur un brancard et entourés des autres confrères. Les femmes des apothicaires portaient des oriflammes et d’autres insignes. Le clergé fermait la marche.
(i) Dans certaines villes du Centre, et notamment en Auvergne, avait lieu, après l’allocution, une coutume qu’on appelait le reinage. C’était une quête pour la Confrérie, quête spéciale et mise sous une forme très originale. Le prêtre annonçait qu’il allait procéder au reinage et criait : (( A combien le premier roi ? » Aussitôt la lutte commençait et les apothicaires se disputaient, à coups de sols et de livres, cette royauté de circonstance, qui était adjugée au plus fort et dernier enchérisseur. (Voir les détails dans E. Cheylud : les Anciennes corporations de Médecins, Chirurgiens et Apothicaires de Murat ».
Sur tout le parcours, des chants religieux et la musique se firent entendre. Puis la procession revint à l’église où un salut solennel clôtura la cérémonie.
Le soir, il y eut un grand leu de joie autour duquel les jeunes gens et les jeunes filles dansèrent jusqu’au jour.
Antoine Gombault rentra chez lui. Il se sentait fier et tranquille. Il pouvait l’être. Le présent était splendide, l’avenir était assuré. Il savait que s’il venait à mourir, ses confrères se réuniraient une fois par an en une messe pour le repos de son âme et assisteraient tous les lundis à une messedes morts.
Il savait aussi que sa veuve aurait le droit de conserver la boutique ouverte sous la direction de deux maîtres jusqu’à ce que son fils fut devenu apothicaire (i).
( i ) Et advenant que quelqu’un desdits Maistres allât de vie à trépas sans enfants, qu’il délaissât sa femme seule, icelle pourra tenir boutique de son mary, en ayant un serviteur ou facteur, fera le serment de tenir ladite boutique et exercer son art fidellement et appeler les Bayles toutes les fois et quantes qu’il voudra dispenser les compositions cy-dessus énoncées, tout autant que ladite veuve restera en viduité et vivra chastement et non autrement ; et si elle étoit trouvée mal vivre et de mauvaise renommée dans son voisinage, sera ladite boutique fermée, sans que ledit facteur ou serviteur la puisse tenir : comme aussi ladite veuve sera obligée, pour tenir ladite boutique de feu son mary de rester dans la maison où la boutique sera tenue, sans pouvoir transférer son privilège.
Item , s’il arrivoit que le Maistre décédé laissa plusieurs
Il savait aussi que, si son fils ne voulait pas prendre le même métier, les bayles s’occuperaient de ses affaires jusqu’à ce qu’une de ses filles soit mariée avec un apothicaire (i).
enfans mâles mineurs, les quatre Bayles seront tenus leur bailler un facteur ou serviteur expert, et par eux approuvé pour tenir la boutique de leurdit gré, les tuteurs et curateurs parens et amis desdits mineurs appelez, lequel facteur ou serviteur tiendra ladite boutique jusqu’à ce que l’ainé desdits enfans aye l’âge de seize ans, après lequel ledit aîné sera requis et interpellé s’il veut être Apoticaire, et, s’il le veut être, sera obligé de faire deux ans d’apprentissage et ensuite servir en bonnes et suffisantes boutiques de Pharmacie, tant en cette ville qu’autres villes du Royaume pendant trois ans ; après lequel ternes, s’il veut se faire recevoir Maistre, il subira un examen et fera un chef-d’œuvre, selon les formes ordinaires, et donnera deux écus d’or, moitié au Roy et moitié à la Confrérie ; et si l’aîné desdits enfans ne vouloit être dudit art, laudroit son acquis au second, et ainsi des autres, jusques au dernier desdits enfans mâles, lequel pourra tenir la boutique de son dit feu père ; et seront lesdits enfans préférez selon l'ordre de Primogéniture. ( Statuts de la Confrérie de Bordeaux , avril 1693).
( 1 ) Et il advenoit que quelque Maistre vint à mourir ne laissant que des filles à marier, les Bayles avec les tuteurs, curateurs, parens et amis desdites filles, seront tenus leur bailler un serviteur ou facteur expert, et par eux approuvé, lequel fera le serment de tenir la boutique de leur feu père, jusques à ce que l’aînée aye atteint l’âge de seize ans, auquel temps elle sera interpellée si elle veut se servir dudit droit de tenir ladite boutique, et, si elle veut s’en servir, les autres en seront exemptées; et en cas qu’elle se marie avec une personne dudit art, son mary sera receu en subissant l’examen et faisant deux chefs -d’œuvres, et donnera deux écus d’or, moitié au Roy et moitié à la Confrérie ; et si l’aînée ne vouloit pas se servir dudit droit de tenir la boutique de feu son père, celle qui viendra immédiatement après elle pourra s’en
Décidément, l’apothicairerie était un bon métier et son père avait bien fait de le guider dans cette voie?
servir et ainsi des autres, suivant l’ordre de Primogéniture, comme il a été dit à l'égard des enfans mâles ; et lorsqu’une desdites filles aura jouy dudit privilège, et aura déclaré s’en vouloir servir, les autres n’y pourront plus prétendre. (Statuts de la Confrérie de Bordeaux , avril 1693).
De quoi est mort Mozart?