‹ Promenade d'un médecin à travers l'histoireChapitre 7 sur 12 · LA NAISSANCE D’UN ROI · texte numérisé non relu

LA NAISSANCE D’UN ROI

n l’an 1600, le 9 décembre, à Lyon, Henri IV, âgé de 47 ans, épousait Marie de Médicis, âgée de 27 ans. Quinze jours après le ma- Marie de Médicis était enceinte.

De cette grossesse, nous ne savons pas grand chose, sinon qu’elle se passa bien, et que la Reine eut une bonne santé pendant toute sa durée.

Quant à l’accouchement, nous sommes plus documentés. Nous savons tout ce qui s’est passé avant, pendant et après les couches de la reine, et c’est la sage-femme elle-même qui s’est chargée de nous en instruire.

La sage-femme à qui l’on confia la glo-. rieuse naissance du futur Louis XIII, fut une nommée Louise Bourgeois, dite Boursier, très en vogue alors dans la noble clientèle de Paris. Elle a relaté elle-même tout ce qui a trait à la naissance du dauphin et des autres enfants de Marie de Médicis, dans un petit livre intitulé: (( Récit véritable de la

nage,

naissance de Messeigneurs et Dames les Enfans de France , avec les particularités qui y ont esté et pouvaient estre remarquées , par Louyse Bourgeois, dite Boursier, sage-femme de la Reyne-Mêre du Roy — à Paris chez Melchicr Mondier, en l’Isle du Palais, rue du Harlay, aux deux Vipères Paris 1626 — ( 1 ). ))

C’est par une circonstance toute fortuite, par un coup de hasard, que cette Louise Bourgeois, dite Boursier, devint l’accoucheuse de Marie de Médicis. La reine devait en effet être accouchée par une Madame Dupuis (( qui avait déjà servi Madame la Duchesse et Madame la Marquise de Guercheville. ))

Henri IV y tenait ; il connaissait cette Madame Dupuis, il étaithabitué à la rencontrer ça et là, il l’avait vue à l’œuvre et se fiait entièrement à elle. Peut-être même avait-elle assisté Gabrielle d’Estrées ! Et la reine, bien que cette sage-femme lui déplût énormément, s’était laissée faire. Marie de

(1) Louise Boursier avait publié en 1609 et dédié à la Reine, dont elle était la sage-femme depuis huit ans, des « Observations diverses sur la stéiilité, perte du fruict, accouchements et maladies des femmes et des enfants nouveauxnais, amplement traitées et heureusement pratiquées, par Louise Bourgeois, dite Boursier, sage-femme de la Royne. oeuvre utile et nécessaire à toutes personnes... »

Mais nous ne croyons pas, comme M. le docteur Cabanès, qué cette Louise Bourgeois soit l’au'eurdece livre trouvé dans la bibliothèque de Louis XV : Abrégé de l'art des accouchements,, par Mme Le Boursier du Coudray. Paris, Debure 1777, in-8°.

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