‹ Promenade de trois mortsChapitre 5 sur 6 · LE VEE · texte numérisé non relu

LE VEE

*' Avec ton premier crime, ô Mort ! je pris naissance, " Je suis presque aussi vieux que toi ;

*' Tu m'appelais remords, ou bien la conscience, " Et maintenant je suis le Roi !

" O mort ! quand tu vivais je n'étais qu'une idée " Sommeillant au fond de ton cœur ;

^* Cette idée aujourd'hui par la mort fécondée " A pris un corps dans ta douleur.

" Dans ce concert étrange où les chants de la vie " Te semblaient des cris de bonhenr,

" Tu n'entendais jamais de ma voix affaiblie " Vibrer le reproche vengeur.

*' Ces cris des passions, d'amour ou de vengeance " Sont étouffés sous ton linceul ;

*' Ma voix s'élève ici dans toute sa puissance, " Car aujourd'hui je parle seul.

L'amour, ce mot sonore aussi trompeur qu'un songe,

" La gloire, ce beau rêve d'or.

L'amitié des humains, cet impudent mensonge,

" La fortune, ce vain trésor ;

^' Toutes ces voix d'en haut où ta pauvre existence " Cherchait une fausse clarté,

** Oui, ces voix garderont pour toujours le silence *' Devant ma fauve majesté.

^' Aux rêves qui cliantaieut dans ton âme ravie, " Dis donc un éternel adieu ;

*' Car la mort a donné ces deux parts de ta vie, -' Ton corps, au Ver, ton âme, à Dieu»

" Et ton corps je le prends ; anjonrcVhui c'est ma iéte,

" Le jour de rétribution, " Car recevant enfin le prix de ma conquête

" J'en viens prendre ix>ssession.'^

LE MOET.

" Soumis comme un esclave à ta toute puissance

" Pourquoi me frappes-tu, quand seul et sans défense

" Je ne suis plus bon .qu'à souffrir ? '- Quel mal t'ai-je donc fait, pour que toujours ta haine " Me torture le cœur ?. . . Et pour briser iça chaîne

" Je ne peux plus même mourir l*'

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