TH
ne LE Cle TT te er Re nee RS nine. mntipeteénets mnt se aranrn none" —
De tee rte ral
Hilaire. Presque seul, M. Agassiz soutient que Î: genre humain ne peut provenir d’un seul couple. Quand on admettrait cette opinion, contre laquelle s'élèvent des objections de plus d'un genre, il n’en faudrait pas encore déduire le droit d’esclavage: car, pour avoir des aïeux distincts, les blancs et les noirs n’en seraient pas moins des créatures douées des mêmes facultés, ayant une âme immortelle et douée de la liberté morale; ils ne seraient plus de même race, mais ils seraient encore de même espèce. La question de: l'esclavage n’est nullement intéressée dans celle de l'identité absolue de l’organisation humaine. Que les blancs et les noirs diffèrent non-seulement par la couleur, mais encore par la constitution de la peau, non-seulement par la configuration extérieure du crâne, mais par le volume du cerveau et par la place qu’occupe le trou occipital; qu’un os dans le talon du nègre se rapproche ou non du même os chez les singes, — les noirs eumme les blancs pensent et veulent, et les blancsn’ont pasle droit de les considérer comme des choses quand Dieu en a fait des personnes. Chaque portion de la grande famille humaine a des aptitudes diverses. Certaines facultés sont plus développées chez quelques-unes, moins chez d’autres. On ne saurait nier qu’il n'existe entre elles une
PROMENADE EN AMÉRIQUE. 147 inégalité de facultés, en même temps qu’elles offrent une complète égalité de nature. Les nègres ne paraissent pas avoir la même énergie d’intelligence et de volonté que les blancs. Par la mobilité, la légèreté, l’insouciance du lendemain, ils ressemblent aux enfants; comme les enfants, ils peuvent être cruels. L'abbé Grégoire, qui a écrit un livre sur la Lüttérature des Nègres, ne cite rien qui prouve chez eux un véritable instinct poétique. Toussaint-Louverture est le seul noir qui ait montré un grand caractère. Il n’en est pas de même des mulâtres. Ceux-ci n’ont plus rien des qualités enfantines et affectueuses des nègres; ils sont énergiques et intelligents. Le mélange du sang serait la véritable manière de perfectionner la race noire. Par les mariages, au bout de quelques générations, elle s’absorberait dans la race blanche. Malheureusement il existe sur ce point aux États-Unis une antipathie qui se conçoit sans peine, et les partisans les plus zélés de la race nègre, les dames abolitionistes surtout, n'auront jamais à cet égard le courage de leur opinion. Que reste-t-il donc à faire? On retombe dansles difficultés dont j'ai déjà parlé; en avançant dans le pays, en me pénétrant d’une horreur toujours croissante pour l'esclavage, après avoir interrogé les hommes d'État qui gémissent le
D ES ri à
ærers ie
ne. -
res
ER RRE
SE Gr 9 re nr ee
plus de ce fléau de leur patrie, je ne vois pas plus que le premier jour un moyen pratique de s'en délivrer immédiatement. Cependant ce moyen se trouvera, parce qu'il faut qu'il se trouve. On finit quelquefois par découvrir un remède pour les ma- Jadies qui semblaient incurables.
Ce qu'il importe de repousser et de flétrir, ce sont les sophismes par lesquels on voudrait défendre une institution détestable et funesté. Dites que les maitres cruels sont rares, que la mortalité est moins grande chez les noirs esclaves que chez les noirs libres ; dites que parmi les philanthropes d'Europe il en est qui hésiteraient à sacrifier leur fortune et le patrimoine de leurs enfants; que le congrès n'a pas conslitutionnellement le droit d’imposer l’affranchissement; qu’en supposant possible le rachat des esclaves par les États, trois millions de nègres affranchis jetés dans une société comme celle des États-Unis seraient un grand péril; mais ne niez pas que ie travaii forcé, un travail très-rude surtout pendant les trois ou quatre mois que dure chaque année la fabrication du sucre, imposé à des créatures humaines; que la possibilité seule, quand mème le fait serait aussi rare qu’on le dit, de la séparation des mères et des enfants ; que l'honneur des femmes sans défense, que l’interdiction de tout
ire 1es
eur out
développement intellectuel et moral, que les chances de la servitude infligées à un être humain, dont on dispose sans sa participation, sont des choses contraires à la loi de nature et à la loi chrétienne. Ne soyez pas d’une intolérance vraiment intolérable pour ceux qui pensent et disent des vérités manifestes, ne brisez pas leurs presses, ne les pendez pas, ne les brûlez pas; que des prédicateurs ne défendent plus l'esclavage la Bible à Ja main, comme si les chrétiens étaient des juifs, ou comme si l'esclavage était en Amérique ee qu’il est en Orient; que des écrivains n’avancent pas, comme a eu le malheur de l'écrire un fils du brave et infortuné Murat, — que l’esclavage est le pivot de la société américaine, que toute peine mérite salüire, et que le marchand qui a été chercher des esclaves sur la côte de Guinte doit être indemnisé de ses fatigues ‘. — Justifier le mal est pire que de le commettre.
Une seule tentative en faveur des nègres a réussi : c’est l'établissement de Libéria sur la côte d’Afrique.
{ Un homme a nourri un lion : il a incontestablement le droit de s’approprier la peau du lion... L’homme ne songe pos à obtenir du lion qu’il reconnaisse son droit à l'écorcher ou à le punir, s’il ne se soumet pas. 11 use de sa force pour l'y contraindre. Esquisse morale et politique des États. Unis de l'Amérique du Nord, par Achille Murat, colonel honoraire dans l'armée belge, ci-devant prince royal äcs Deux-Siciles, 1832, in. 8°.
Cette colonie, composée d'esclaves rachetés ou affranchis, est aujourd’hui un petit État indépendant qui prospère, et où une société vraiment philanthropique transporte annuellement un certain nombre de noirs. Cette entreprise a eu deux adversaires : les marchands d'esclaves et les abolitionistes exaltés; mais elle ne s’est pas découragée, et les progrès de Libéria ne se sont point ralentis depuis son origine jusqu’à ce jour.
Si c’est aux Anglais qu’il faut attribuer l’origine de l’esclavage dans l'Amérique du Nord, il est juste de dire qu’à eux appartient l'honneur des premiers commencements de Libéria. Après un jugement prononçant qu’il ne pouvait y avoir d’esclaves sur le sol anglais en 1787, on transporta sur la côte d'Afrique quatre cents noirs et soixante Européens. C’est à cette colonie, qui, en 1828, comptait déjà quinze cents Africains, que Jefferson proposa d'admettre des émigrants des États-Unis. Il nourrissait ce dessein depuis 1801. Déjà, en 1816, ce projet avait occupé la législature de Virginie; la société américaine de colonisation fut organisée en 1817 par M. Finley. Quand on lui adressait des objections, il répondait : « Je sais que ve dessein est de Dieu. » Une dame donna soixante esclaves à la société. Un planteur en affranchit quatre-vingts, un autre
soixante. La colonie eut des temps difficiles et les traversa courageusement. Un petit roi africain qui Jui avait vendu des terres, craignant avec raison que sa présence ne fût un obstacle au coinmerce des esclaves, voulut la détruire. Heureusement elle avait pour chef un homme résolu, nommé Jehady Ashmun. Il fit entendre aux colons de simples et fortes paroles pleines de confiance en Dieu et en leur bon droit sur la nécessité d’une énergique résistance. On abandonna cent cinquante-quatre maisons qu’on ne pouvait défendre, on environna le reste de palissades, et, après plusieurs attaques vaillamment soutenues, l’ennemi fut repoussé. Depuis, le repos de la colonie n'a plus été troublé. En 1847, elle a proclamé son indépendance, qui a été reconnue par la France et l'Angleterre. Le gouvernement est modelé sur celui des États-Unis. Le président actuel, M. Roberts, est venu à Londres et à Paris : c’est un mulâtre fort intelligent. La république de Libéria occupe un espace de cinq cents milles le long de la côte de Guinée. Peu nombreuse encore, elle étend sa protection et son influence sur plus de deux cent mille natifs qu’elle civilise. Elle a son pavillon, ses douanes, fait le commerce et se livre à l’agriculture; tous les champs sent bien cultivés. En général, les noirs travaillent : ils
LÉ VEs .
RSR “+ ne ne s
es ns
sont heureux de leur condition. L'un d'eux disait . « Jci je suis un homme blanc. » Il y a à Libéria des écoles et des journaux. On voit que la race nègre affranchie n’est pas partout ce qu'elle s’est montrée à Haïti. L'établissement de Libéria offre plusieurs avantages : il est, sur cette partie de la côte, un obstacle au commerce des esclaves, il tend à introduire quelque civilisation parmi les populations barbares qui l'environnent, il offre enfin une véritable patrie à des hommes qui, sortant de l’esclavage, n’en auraient point trouvé aux États-Unis. Malheureusement le remède est bien peu de chose pour l’immensité du mal. Il y a trois millions d’esclaves en Amérique et quelques milliers d'affranchis à Libéria’.
+ ErT
hu Due
EL ms
1 Une association s'est formée au Canada, sous les auspices de lord E]gin, dont celle porte le nom, Elgin Association. Son but est d'offrir un asile dans ce pays aux hommes de couleur échappés à l'esclavage du Sud et au mépris du Nord.