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santes le mobile horizon. Puis de nouveau une chaleur brûlante s’est fait sentir. Je n'ai plus vu que la poussière dont les tourbillons nous entouraient, et je n'ai plus senti que les affreux cahotements de la voiture jusqu’à Pu la.
Ces cahotements sent au delà de tout ce qu'on peut dire. Chacun se souvient de quelque secousse extracrdinaire, quand par accident un cocher coupe mal un ruisseau profond et vous jette sur vos voisins ou contre les parois de la voiture. Eh bien! sauf de rares exceptions c’est ce qui se renouvelle continuellement de Vera-Cruz à Mexico. J’admirais la solidité de ces voitures, construites aux États- Unis, et un peu la solidité de ma propre personne. Tantôt le chemin, à peine tracé, va au travers des pierres et des rochers, tantôl on rencontre quelques restes de l’ancienne route espagnole, et alors où n’en saute que mieux. C’est ainsi qu’on atteint la seconde ville du Mexique, Puebla de los Angeles (la cité des anges), ainsi nommée parce que des anges ont, dit-on, bâti sa cathédrale. Comme en revenant je compte m'arrèter à Puebla, je remets à l’époque de mon retour ce que j’ai à dire de cette curieuse ville et de la grande pyramide de Cholula, qui est à deux lieues de Puebla.
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lROMENADE EN AMÉRIQUE, 245 beaux ; ils sont gros, courts, et ont un certain air de soprani. Les Peaux-Rouges sont mieux taillés, leurs traits sont plus fiers et plus mâles. La peau des Indiens du Mexique est d’un jaune terreux peu agréable. Cette couleur pain d'épice m'a paru générale, sauf quelque diversité de teintes plus ou moins foncées. J’ai laissé Paris très-effrayé de la république rouge, je trouve ici la république jaune.
17 mars.
Nous sommes partis ce matin de Pucbla pour Mexico, où nous arriverons avant la nuit. Dans la diligence, il y a des Espagnols du Mexique et un Espagnol d'Europe. Celui-ci vante as cesse son pays, on le laisse dire; mais s’il met pied à terre, on profite de ce moment pour critiquer l'Espagne. Un Français établi au Mexique, qui a fait des affaires aux États-Unis, commence par dire des Yankees tout le mal possible : son insolentes, malos; puis, en parlant de bateaux à vapeur, de chemins de fer, de l'activité industrielle et commerciale des Américains, il arrive à un enthousiasme sans bornes et dit : « Ils font de merveilleux progrès, c’est un grand peupie. »
Après avoir traversé un bois de pins appelé le Pinal, célèbre dans l’histoire des bandits mexicains,
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on arrive à un point d’où le platcau de Mexico se développe devant le regard. C’est un des plus étonnants spectacles qui soit dans l’univers. Les grands sommets neigeux qui dominent tout, les montagnes amoncelées à leur base, les lacs au pied de ces montagnes, des arbres tropicaux et des arbres toujours verts, la neige vue à travers les aloès, composent un ensemble beaucoup plus singulier que la nature ordinaire des tropiques avec la majestueusc et riante monotonie de ses palmiers, de ses cocotiers, de ses bananiers. Cette végétation n’a point, au premier coup d’æil, l’air exotique de la végétation de Cuba. Voilà des arbres analogues aux arbres de l'Europe tempérée, aux ormes, aux frênes, aux peupliers; seulement ce ne sont ni des ormes, ni des frènes, ni des peupliers; c’est un aspect étranger, mais non pas étrange, un inconnu qui rappelle le connu, qui en diffère et qui lui ressemble.
En approchant de la capitale du Mexique, on passe entre les deux lacs de Chalco et de Tezcuco. On les appelle laguna, et ils ont en effet un air de lagune. Sur les bords, des troupes de cigognes blanches se pressent cornme un troupeau de brebis. La plaine qui entoure Mexico a formé le fond d’un grand lac. Les deux qui subsistent aujourd’hui sont
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PROMENADE EN AMÉRIQUE. 245 un faible reste de l'immense nappe d’eau qui baignait autrefois le pied de ces hautes montagnes.
Enfin nous entrons à Mexico. C'est une sensation singulière de rencontrer ainsi à deux mille licues de l'Europe, à sept mille pieds au-dessus du niveau de la mer, une ville de cent cinquante mille âmes, une capitale dont l'aspect est européen, — de retrouver au bout du monde des souvenirs historiques, et quels souvenirs! ceux du fait le plus extraordinaire peut-être qui ait élé accompli par l'audace humaine.