‹ Promenade en Amérique [microforme] (volume 2)Chapitre 69 sur 75 · DEN · texte numérisé non relu

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PROMENADE EN AMERIQUE, 395 été ainsi dans l'intérieur ; mais nous approchons de la côte, et les Indiens de la côte sont plus honnètes que ceux du haut pays. Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'on ne nous à rien pris.

Avant de nous éloigner, nous voyons les danseuses se relirer vers six heures du man. Elles sont couronnées de fleurs. L'une d'elles a un beau pergne doré dans lequel elle a logé des eigares. C'est probablement un cadeau de son amoureux. Avant d'arriver au village où nous devons coucher, nous avons traversé un vérilable désert semé de grandes masses volcaniques noires. C’est aujourd’hui dimanche; dans le r'uncho où-nous nous sommes arrètés, le curé se balançait mollement sur um hamac, tandis que ses paroissiens jouaient autour de lui.au monte. Le soir, un enfant de quatre ans tout nu s’est amusé à mettre le feu au rancho. Le peut drôle semblait trouver très-divertissant ce jeu sauvage. On dansait encore ici, mais à quelque distance. Après m'être promené longtemps au chur de lune sur une place que traversaient de temps en temps des Indiens enveloppés de leurs grands manteaux pour aller prendre leur part du bal, je me suis endormi aux sons des harpes mourants dans la nuit.

5 avril.

En approchant de Vera-Cruz, nous avons retrouvé la verdure. Après nous être perdus dans de grandes prairies, nous sommes arrivés à des bois touffus pleins de fleurs et d’oiseaux ; mais, par unc de ces alternatives qui au Mexique attendent à chaque pas le voyageur et l'empèchent d’éprouver jamais l'ennui de l’uniformité, en approchant de la mer, nous nous sommes engagés dans des sables parfaitement semblables aux déserts de la Nubie. La voiture, même débarrassée de nos personnes, a eu beaucoup de peine à franchir les dunes d’un sable fin et blanc qui nous masquaient Vera-Cruz. Parvenus sur leur sommet, la ville s'est montrée tout à coup sous son véritable aspect de cité fiévreuse et maudite, étalant sa longue ligne de murs surmontés de quelques clochers à travers des tourbillons de poussière, et cette fois toute semblable à une ville pestiférée de l'Orient. Heureusement pour nous, celle poussière embrasée, qui donnait à Vera- Cruz une physionomie si lugubre, était soulevée par un norte, lequel est une garantie contre la fièvre jaune. Nous ovons béni aujourd'hui ce norte bienfaisant que nous avions tant redouté en mer quand nous venions de la Havane. L'effet en a été si puis-

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PROMENADE EN AMÉRIQUE. 397 sant, qu'il a fait presque froid le soir pendant les rois jours très-cnnuyeux et toujours un peu longs qu'il nous a fallu passer dans la capitale de la fièvre jaune. Heureusement encore ce norte est ‘mb le jour où nous nous sommes embarqués sur le bateau à vapeur anglais qui nous ramène en Europe.

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