‹ Promenade en Amérique [microforme] (volume 3)Chapitre 62 sur 76 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

Détail sur quelques églises. — Retour à New-York. — M. Robinson L'Église épiscopale américaine. — Un sermon politique.

Sur le bateau à vapeur qui me ramenait d’Albany à New-York, j'ai causé pendant plusieurs heures avec un jeune ministre qui parlait très-bien banque, chemins de fer, canaux, et traitait aussi avec beaucoup d'intérêt les sujets religieux, l’organisalion et la situation respectives des sectes; il jugeait avec une grande impartialité les tendanecs des diverses communions chrétiennes en Amtrique et me confirma le fait remarquable que les établissements d'instruction, sauf les écoles professionnelles, ne peuvent se soutenir que par l'appui religieux d’une secte. Du reste, M. M... dit que les différents colléges sont en progrès. On commence à combiner l’ancien système des récitations avec celui des lectures, qui sont ce que nous appelons des leçons.

Nous revenons aux sectes religieuses de l’Amé-

que, sujet qui exeile loujours vivement ma curiosité, fait trop peu étudié et qui tient une si grande place dans la vie intérieure de la société américaine. On a, en général, des idées si inexactes sur cet article, que l’on parle quelquelois des presbytériens comme ayant fondé les colonies de la Nouvelle-Angleterre. Les premiers fondateurs de ces colonies appartenaient à la secte des indéperdants, et les presbytériens y formaient une minorité longtemps exclue de toute participation au gouvernement, Puritains et presbytériens ne sont point synonymes. Les successeurs des premiers puritains de New-Plymouth et de Boston sont les congrégationalistes. Leurs églises se gouvernent d’une manière encore plus républicaine que les églises presbytériennes. Dans celles-ci, il y a le presbytère, c'est-à-dire un conseil dirigeant ou tribunal composé des anciens, moitié ecclésiastiques, moitié laïques : c’est une sorte d’aristocratie. Les congrégationalistes ne reconnaissent d'autre autorité que celle de l'assemblée générale des fidèles : c’est la démocratie pure dans l'Église. L'Église, pour eux, encore aujourd'hui, ne se compose point de ceux qui ont une même profession de foi : c’est quelque chose de plus étroit et de plus compact. Pour faire partie d'une église, pour pouvoir communier avec

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