‹ Promenade en Amérique [microforme] (volume 3)Chapitre 63 sur 76 · HE · texte numérisé non relu

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ses membres, ii faut être admis individuellement et enrégimenté, pour ainsi dire, dans son sein. Cette admission est précédée d'entretiens dans les-

quels le postulant expose l'état de son âme, pour

que le ministre puisse juger s’il est vraiment touché par la grâce et régénéré. On raconte les circonstances qui ont amené cet état de grâce et de régénération religieuse. C’est comme une sorte de confession. Alors, quand les ministres le jugent à propos, on devient membre de l’église, et on est admis à la communion. Chez les congrégalionalistes (puritains), on ne peut être baptisé si l’on n’est fils d’un membre de la congrégation.

Me voici de nouveau à New-York, et plus frappé que jamais du mouvement extraordinaire qui règne dans l’empire city. Il y a à ma connaissance trois grands spectacles donnés au monde par l'activit* commerciale d’une ville : les navires dont la Tamise est comme cncombrée entre Londres et Greenwich; — les docks de Liverpool, remplis de marchandises qu’on embarque et qu'on débarque, qu’on cntasse et roule sous des hangars s'étendant sur une ligne d’une demi-lieue, où arrivent des navires et des bateaux à vapeur de tous les pays, ct d’où il en part sans cesse pour toutes les contrées de l'univers; — enfin les deux quais de New-York,

PROMENADE EN AMÉRIQUE. 549 qui suivent, l’un la rive de l'Hadsen, l'autre le bras de mer appelé rivière de l'Esi, et forment un immense coin dont la pointe regarde la mer, dans lequel la ville, comprimée à une de ses extrémités, va vers l’autre s’élargissant et s'étendant toujours, comme une matière en fusion déborde par l'ouverture d’un creuset. Le long de ces deux quais, on chemine pendant une heure entre une rangée de maisons et une rangée de navires, au milieu d’une population affairée, qui pousse, qui traine, qui cloue, qui emballe, qui déballe, chacun à sa besogne, sans se parler, sans se heurter, chacun impassible et ardent, le visage calme et le pas agile, l'air froid et pressé. Quand on marche le long de ces quais, devant ces navires, à travers cette foule occupée et muelte, on sent que New-York est bien la troisième ville commerciale du monde, En 1678, il n’en était pas tout à fait ainsi : on eût vu dans le port 5 vaisseaux, 8 sloops et 7 barques (boats); 15 bâtiments venaient d’Angleterre tous les ans. Iier, il y avait dans le port de New-York 22 bateaux à vapeur, 140 navires, 22 bricks, 54 schooners; toutes les voiles comprises, 550 bâtiments.

Au milieu de cet immense mouvement commercial, la science n’est pas absente. Cela m'étonne peut- être encore plus que le mouvement commercial

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lui-même. L'érudition orientale possède à New-York un représentant distingué. Tous les savants d'Europe qui se sont occupés de la Palestine connaissent les Biblical Researches de M. Robinson, qui à apporté dans l’étude des localités bibliques une méthode sévère dont les résultats comptent pour beaucoup dans la géographie sacrée. Critique résolu comme un Américain, ne consultant que l'Écriture comme un protestant, il n’hésite pas à dire : « Toute tradition sur les localités antiques de Jérusaiem et de la Palestine est sans valeur, excepté quand elle est appuyée sur des circonstances qui nous sont connues par l'Écriture ou par un autre témoignage contemporain. »

C’est aussi la Bible à la main que M. le docteur Hawkes a visité l'Orient. Aujourd’hui, plongé dans l'étude des antiquités américaines, il m'intéresse particuliérernent en sa qualité de voyageur en Égypte. M. Hawkes, qui est ministre de l’église épiscopale, a cherché dans ce pays la concordance des monuments avec le récit de la Genèse. Il a mis en lumière la parfaite exactitude du récii biblique, en tout ce qui concerne les mœurs égyptiennes telles qu’elles sont représentées sur les monumenis. C’est, je crois, par l'effet d’un pur hasard qu’on n’a pu retrouver de traces bien évidentes de la

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