‹ Promenade en Amérique [microforme] (volume 3)Chapitre 65 sur 76 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

La vapeur remplacée par l'électricité. — De la philosophie en Amérique.

J'ai vu à Cambridge ce qu’il y a, je crois, de mieux aux États-Unis sous le rapport des sciences naturelles. [ei j'ai eu occasion d'interroger un professeur de chimie (lt l'université de New-York, M. Draper, connu par ses travaux sur la lumière latente, touchant le progrès des connaissances physiques. Sa réponse m'a frappé d'autant plus qu'il est Anglais de naissance, et par conséquent moins exposé à céder, en vantant l'Amérique, à un préjugé national. Nous parlions du journal scientifique de Silliman, bien connu et estimé en Europe. M. Draper m'a dit qu’à l’origine la plus grande partie de ce journal était reinplie de comptes rendus des travaux européens, et que les recherches originales des Américains étaient en minorité, mais que maintenant la proportion était inverse. M. Draper disait vrai, comme chacun peut s’en assurer; ce fait n'est-il pas la preuve d’un progrès évident?

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Il est naturel que le mouvement scientifique aux États-Unis tende surtout vers les applications utiles. Ainsi la navigation à la vapeur avait été pressentie en France par Papin, essayée sur le Rhône par le marquis de Jouffroy, mais c’est aux États-Unis que Fulton, le premier, a montré qu’on en pouvait tirer un parti sérieux. Un Américain, à qui je parlais des essais antérieurs tentés en Europe, et du bateau dont deux Américains, Fitch et Rumley, se dispuaient l'invention en 1788, m'a répondu : « Qu’importent ces essais? Le véritable inventeur est celui qui rend use invention pratique. » Je ne suis pas de son avis : 11 y a souvent plus de génie à créer une machine imparfaite qu'à perfectionner un procédé déjà connu. Ce n’est pas tout, si les recherches qui semblent les plus dénuées d'utilité n’avaient pas été entreprises par un pur amour de la science, combien d’applications utiles, nées de ces recherches, seraient encore à naître! Les calculs mathématiques les plus profonds ont été nécessaires pour qu’on pût arriver dans l’astronomie à des découvertes qui ont perfectionné la navigation, et si un grand physicien, — pourquoi ne le dirais-je pas, quoique ce physicien soit mon père? — si un grand physicien n'avait créé, avec l'électricité, des aimants artificiels, sans autre but que de poursuivre

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