CHAPITRE XVI
Les cochons de Cincinnati. = Promenade au bord de l'Ohio. Sculpture et architecture américaines,
On sait, par les gaietés de mistress Trollope, que le commerce des porcs est considérable à Cincinnati. Dans l’état actuel des sociétés, dont le commerce détermine la prospérité et la puissance, il n’est peut-être pas intelligent de traiter légèrement l’immense développement d’une branche de négoce, quelle qu’elle soit. - Eh bien, oui, on tue et on sale beaucoup de pores à Cincinnati, et c’est en partie pour cela qu'au bout d'un demi-siècle il se trouve sur le bord de l'Ohio, au lieu des sauvages qui scalpaient les navigateurs, une ville de cent mille âmes, des églises, des écoles, des théâtres, et niêmé tn observatoire. Je ne suis pas cependant à la hauteur d'un écrivain indigène qui s’écrie t « L’é-
trangér qui se trouve ici durant la saison où l’on en
caque (packing), et surtout celle où on expédie cet article, perd la tête (is bewildered) en cherchant à se tenir au courant, par l'œil et par la mémoire, des procédés divers qu’il a successivement observés, tandis qu’il suivait les différents degrés de la préparation du pore jusqu’à l’état final dans lequel il est vendu, et en contemplant les lignes de charrettes interminables, ce semble, qui, à cette époque, occupent les principales rues, allant et retournant en files continues sur une étendue d’un mille et plus de longueur, excluant tout autre emploi de ces rues depuis l’aube jusqu’au soir. » Voilà une période digne de Cicéron, au moins pour la longueur. Cela est presque lyrique et rappelle en vérité (pardon pour le rapprochement !) les vers de Dante peignant les files innombrables de pélerins allant et venant de Saint-Pierre au pont d'Adrien, et du pont à Saint- Pierre pendant la solennité du jubilé. L'auteur continue avec le même enthousiasme ! : «Et l’étonnement de l'étranger -n’est pas diminué quand il considère cette
immense quantité de barils de pore, de caques de lard