‹ Promenade en Amérique [microforme]Chapitre 58 sur 64 · O7 VAE · texte numérisé non relu

O7 VAE

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Faubourg sur les bords de la Belle-Rivière,

campagne, Tout ce monde semblait pénétré de la satis-

faction paisible que donnent une existence facile, des

habitudes douces, l’aisance sans luxe, les richesses sans ostentation, l'égalité du bien-être, car tous les cabriolets, tous les chevaux, je dirai presque toutes les familles, se ressemblaient. J'aurais voulu marcher toujours devant moi sur les bords de cette charmante rivière, au pied de ces collines, à l'ombre de ces beaux arbres, parmi ces promeneurs qui me semblaient heureux, La nuit m'a forcé de regagner la ville, et en rentrant je me disais: Ce sont pourtant les cochons qui ont fait

tout cela!

21 septembre.

Je suis souffrant. L’exaltation d’hier soir est un peu calmée, Je lis dans l'ouvrage que j'ai déjà cité: « Cincinnati est considérée comme la ville artistique et scientifique de notre république, comme le centre de la culture et du goût des arts, et par conséquent de la population la plus perfectionnée de notre continent. » C'est beaucoup dire, Boston et Philadelphie pourraient réclamer. Cependant il y a là, je crois, quelque chose de vrai en ce qui concerne les arts; le paysage est parti-

culièrement essayé dans cette ville déjà un peu méri-

dionale, dans ce pays dont j'admirais hier la belle lumière. Le sculpteur Powers, dont la statue de l’Esclave grecque a été remarquée à Londres dans le Palais de Cristal, est de Cincinnati. Seulement, comme on l'a remarqué, il était singulier que le spécimen de la sculpture américaine fût une esclave. Pour les États libres, c'était un contre-sens; pour les États où subsiste l’esclavage, une épigramme trop méritée. La statue est gracieuse, malgré quelques défauts ; s’il y a un art où les Américains aient réussi, c’est la sculpture.

Outre M. Powers, M. Greenough!, dont j'ai vu l’atelier à Florence, et M. Crawford?, qui vit à Rome,

sont des hommes de talent. Ce fait peut, je. crois, s’ex-

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