Ou porte de Borgerhout (venant de Borgerl^out
ih PROMENADE EN HOLLANDE.
pour pouvoir entrer; eii laquelle conjoncture le nombre des François morts fut si grand que là porte fut estouppée par corps mortz, et de la haulteur quasi et à bien prez de deux hommes estant debout Fung sur l'autre, de sorte que personne ne pouYoit plus entrer ny sortir, et Ton ne t)ouvoit clorre telle porte, par où les nobles bt gens k cheval des François, abandonnant leurs chevaulx, et pensant monter oultre les inortz, en la porte, quant ilz estoient en haillt furent tirez comme oiseaulx, et tomboient ainsi Fung sur l'autre j car les compafgnies de bourgeois qui venoietit de tous eostez vers la porte tirèrent si horriblement qu'il sembloit estre une greile, nul repos donnans aux François ; lesquelz voians s'estre environnez de deux costez ont à la an tâché de se sauver par l'eau des fosséz, où à tant de coups d'artillerie qu'on leur a donné en fuyans sur le doz, y sont demeurez mortz beaucoup, si comme en sont ainsi des Suysses et autres qui estoient eiicores hors de la ville ; de sorte qu'on a tiré hors des fossez plus de 400, et trouvé éii la ville 8 à 900 mortz- entre lesquelz l'on compte aussi 250 gentilzhommes et plusieurs prisonniers, selon que appert la liste cyjoincteS auxquelz est aussi
1 . Une tradition assure que Pâmas des morts occupait plus de la moitié de la porte et que tous les blessés furent étouffés par la masse. On évalue à seize cents le nombre des morts parmi les assaillants.
comprind le sieur de Ferrâcques, qtii estoit chef à mener et guider les gens à i'inyasion susdicte, et a confessé que, au mesme jour, semblables entreprinses se debvoient fttire en dix autres places, en Conformité duquel avons attssij dès hier desja, entendu comme les François se sont impatronez de Dnnkerqué, Nieuport, Dixmiden, et autres places, signamment de nlonde, soubz- ombre de demander passage pour les Français d'Alost qui sont à la fin avecq les autres tenuz maîtres et Tauroient pillez si comme pensoient ausiii impatronner Bruges, ayant jà occupé le marché, mais ont esté de rechief repoussez si comme ceulz de Vilvorde veult-on dire aussi avoir pensé surprendre Malines, ains leur est failly et couppé le passaige par les gens du couUonnel Temper dont le temps nous enseignera davantage ensemble combien de bourgeois ilz en seroient bien demeurez oultre le bruict qu'il y a de 150.
« Outre lesquelz seroient aussi le coUonnel Yicender avecq le cappitalne Baltazar Tassa et autres. Et quant au duc d'Anjou , la pluspart de sa noblesse y est aussi demeurée comme diet est, et luy avec sa courte honte retiré à Berchem sur la maison dudict lieu, dont a encores le mesme soir avant-hier envoyé uile trompette vers le magistrat de ceste ville pour appoincter par ensemble, s'ex- CQsant d'avoir seuUement par tel moyen voulu
gaigner plus de crédit et auctorité, qui n'a jusques ores, ne pensant que la chose passeroit tant chaudement comme est passée à son grand regret, parquoy demande d'accorder de rechîef. Ains le magistrat ne se confiera point sans que leur soit restitué tout ce qu'il a à son pouvoir, ce que je ne puis bonnement croire qu'il le voudroit faire. Et estant ce jourd'huy party de Berchem vers le cloistre de Saint-Bernard, pour avecq ses trouppes passer la rivière au pays de Waes, mais les batteaux de guerre dictz otieggers l'ont empeschez , estant pour tant au dict cloistre en si grande faulte de vivres qu'on a encores envoyé de la part de la ville quelque peu de provision pour son entreténement et icellui de sa famille, de sorte que les communs soldatz se trouvent en grandissimes misères, nécessitez et disette de tout, non point seulement ceulx qui sont marchez vers le dict cloistre avec ledict ducq d'Anjou, François et reistres du comte Charles de Mansfeldt, ains aussi les Suysses, Anglois et Ëcossois demourez à Borgerhout et depuis retirez à Damphbruge là où qu'ilz sont treschez après avoir escarmouche contre les François, pour n'avoir avec eulx voulu s'emparer de la ville, par où furent reppoussez des bourgeois. Et veulton aussi dire comme le ducq de Montpensier et le comte de Laval avecq plusieurs autres seigneurs et gentilshommes sortirent hors de la ville, sinon
avecq espée et dague, n'ayant sceu de cette entreprinse, estant advertys et sollicitez à marcher avecq les autres auroient refusé disant le comte de Laval: « Ne beau fier au prince d'Orange » lequel fut aussi par trois fois sollicité de vouUoir avecq ledict ducq d* Anjou aller veoir passer la monstre de ses yeux, mais estant le renard trop fin s'en excusa à cause de son indisposition. Peult-estre qu'il avoit quelque mauvaise suspicion des François, car le jour devant de ceste feste fit le magistrat préadvertir de vouloir tenir bon guet, et faire de nuict par toutes les rues tenir lumières et lanternes^ comme l'on a aussi fiaict, de sorte que la dicte feste fust longtemps paravant praticquée du ducq d'Anjou avecq le maréchal Biron et autres confederez, ayant pourtant, tant et avec si grande dévotion attendu la venue du dict Mareschal pour s'y entendre merveilleusement bien en semblables faictz, et es nopces de Paris S esquelz sans doubte fussions aussi tombez et plus misérablement meurdriz, tuez et pillez que au sacq des Ëspaignolz, ne fusse que Dieu par sa divine grâce nous eusse tant miraculeusement conservés à une perpétuelle honte de ceste malheureuse race des François , qui soulz filtre de nous délivrer de la tyrannie des Ëspaignolz, pour mesmes nous penser, avecq leur horrible