‹ Promenade en HollandeChapitre 7 sur 10 · Les plus petits des perroquefs connus · texte numérisé non relu

Les plus petits des perroquefs connus

d*autres vasques plus grandes sont des phoques et des hippopotames.

Au bout de la belle avenue est un riant canal bordé de fleurs et couvert de nénufars ; on le traverse sur un pont aérien du plus gracieux effet, et Ton se trouve dans une autre partie du jardin, la plus recherchée par les promeneurs aristocratiques. C'est une sorte de labyrinthe anglais, où les bruits discordants de la ménagerie n'arrivent point.

Les élégantes d*Amsterdam aiment à montrer là leurs toilettes françaises; la mienne fait événement parmi toute cette société, qui se connaît, se cherche et se salue. Je remarque que les crinolines de ces dames sont d'une circonférence beaucoup moins vaste que les nôtres. Les femmes blondes (et surtout d'un blond clair) ne dominent point dans les villes hollandaises, comme se sont obstinés à le dire quelques voyageurs superficiels, qui n'ont eu affaire qu'à des servantes d'auberge. Ces servantes sont en général des Frisonnes, presque toujours blondes. Les femmes de la Hollande septentrionale , dont nous parlerons plus tard, sont également blondes. Mais dans la partie méridionale du royaume, surtout dans les villes, le croisement de la race juive, que j'ai déjà constaté, et celui de la race espagnole, ont mitigé le blond primitif de la race batave. Le châtain et le brun dominent.

Je rencontre plusieurs belles Juives dans la pro-

menade du Jardia anglais; elles se drapent avec grâce dans de magnifiques châles blancs de crêpe de Chine, couverts de broderie.

En repassant devant le café monumental du Jardin zoologique, je vois quelques vieilles dames assises, qui portent encore les plaques et les fleurs d*or sous le chapeau à la française. Peut-être est-ce pour dissimuler leurs cheveux gris qu'elles conservent cette coiffure nationale, tombée en désuétude et laissée aux femmes du peuple.

Le Jardin zoologique appartient à une société particulière gui compte parmi ses membres les négociants les plus riches d'Amsterdam. Le budget de Tentretien et des acquisitions s'élève annuellement à plus de deux cent trente mille francs.

Nous remontons en voiture après avoir traversé de nouveau la grande avenue où les perroquets s'ébattent.

Le docteur Van H... me montre en passant dans les rues aristocratiques un grand nombre de maisons dont la porte est couronnée du blason royal; c'est le lion néerlandais avec sa iière devise >: « Je maintiendrai. »

Nous allons dîner dans un restaurant français, puis je rentre à mon hôtel, si lasse qu'après avoir écrit les strophes suivantes sur ma promenade au Jardin zoologique , je m'endors d'un sommeil de plomb qui n'est interrompu, jusqu'à dix heures du

matin, ni par les refrains des matelots passant sous mes fenêtres , ni par la lumière éclatante qui dès l'aube inonde ma chambre.

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