Prud., Peristeph., u
/{Idemqiie, I^urcnti, tuam Vestalit inlrat Claudia.
poitrine comme la croix de nos religieuses. M. Lanciani fait remarquer que ce costume leur donne une apparence tout à fait monacale; il faut seulement reconnaître que leur demeure était bien plus somptueuse que nos couvents d'aujourd'hui. Souvenons-nous que la cour que nous visitons en ce moment, et qu'elles devaient beaucoup fréquenter, a 68 mètres de longueur sur 20 mètres de large. Quand on songe que la maison n'était habitée que pour six ou sept vestales, ces proportions ont lieu de surprendre; mais M. Jordan a trouvé un moyen fort ingénieux pour les expliquer. Il lui a semblé reconnaître à certains indices qu'une partie du péristyle avait été arrangée en bosquet, avec des arbres, des allées et des sièges de marbre. Cette disposition n'était pas seulement pour les vestales un agrément qui leur faisait trouver plus de charme au séjour de leur demeure, c'était vraiment pour elles une nécessité. N'oublions pas, nous dit M. Jordan, qu'elles appartenaient aux premières maisons de Rome; que les familles dont elles sortaient avaient coutume de passer la saison chaude dans les pays de montagne ou sur le bord de la mer; elles, au contraire, quand une fois elles avaient mis le pied dans V Atrium, ne pouvaient pas beaucoup s'en éloigner. Les soins du culte les retenaient dans les environs du temple de Vesta et il leur tallait dire adieu à Tibur, à Préneste, à Tarente et à Baies. Dans les premiers temps, la réclusion était un peu moins dure pour elles : entre la Nova via et le Palatin, il y avait un bois sacré qu'on appelait lucus Vestœ et qui est mentionné par Cicéron*. Mais il dut disparaître de bonne heure; bientôt dans ce quartier de Rome, qui devenait de plus en plus peuplé, aucune parcelle de terrain ne resta vide; les maisons se multi-