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Suétone, Kero

112 PROMENADES AhUllEOLÔGI QU E S.

coûtés. Non seulement les nouveaux empereurs se gardèrent bien de l'achever, mais ils la détruisirent. Les vastes terrains qu'elle occupait furent en partie restitués au public ; on n'en garda que ce qui était nécessaire pour élever quelques monuments somptueux. A la place des étangs de Néron fut bâti l'amphithéâtre Flavien, qu'on appelle aujourd'hui le Colisée. On commença, sur l'Esquilin, les thermes qui prirent plus tard le nom de Titus, et au bas delà rue Palatine, sur la Voie sacrée, un arc de triomphe élégant rappela le souvenir de la prise de Jérusalem. Ces édifices, par lesquels la dynastie nouvelle essayait de se rendre populaire, avaient cet avantage sur ceux de Néron que le peuple en profitait M Rome, disait un poète, est remise en possession d'ellemême ; grâce à toi. César, ce qui était le plaisir d'un seul homme sert pour l'agrément de tous *. »

L'empire était donc revenu au Palatin, et cette fois pour n'en plus sortir. Vespasien et Titus pratiquèrent la politique d'Auguste, n'épargnant aucune dépense pour les monuments destinés au public, tandis qu'ils vivaient eux-mêmes simplement, comme des particuliers plutôt que comme des princes. Ils s'étaient accommodés, à ce qu'il semble, des anciens palais impériaux, qu'on avait réparés après l'incendie ; mais cette simplicité ne fut pas du goût de Domitien, leur successeur. Celui-là avait la manie, ou, comme parle Plutarque, la maladie des constructions. Peu de princes ont élevé des bâtiments aussi magnifiques, et l'on nous dit que son palais était le plus beau de tous. Un homme qni se faisait adorer, qui ordonnait qu'on le traitât, dans les suppliques qu'on lui adressait, de « maître et de dieu », ne pouvait habiter « qu'un sanctuaire » ; c'est ainsi qu'i' appelait lui-même

L Martial, De spect., S» lit.

ti& maison et qu'il voulait qu'on l'appelât. Il était naturel qu'il essayât do s'en faire une qui fut digne de ce nom.

Ce palais, qui faisait l'admiration des contemporains, les fouilles de ces dernières années Tout mis complètement au jour. Ce n'est pas tout à fait une découverte : vers le commencement du siècle dernier , le duc de Parme, François I*"", qui possédait cette partie do la colline, la fit fouiller par le savant Bianchini ; on y trouva un amas considérable de ruines, et l'on reconnut sans hésiter qu'elles devaient appartenir au palais de Domitien. Il était alors en bien meilleur état qu'aujourd'hui, et plusieurs salles avaient conservé des restes importants de leur décoration primitive. Après qu'on eut pris tout ce qui pouvait s'emporter pour orner les musées des Farnèse, les ruines furent de nouveau recouvertes de terre et comblées pour un siècle et demi. M. Rosa nous les a définitivement rendues, et comme cette fois elles ont été pius complètement déblayées et dégagées, que le plan général de l'édifice est aisé à reconstruire et qu'il semble mieux répondre à l'idée que nous nous faisons d'un palais, c'est aussi l'endroit du Palatin que les étrangers visitent le plus volontiers et dont ils gardent le meilleur souvenir'.

Le palais de Domitien est encore une maison romaine, bâtie sur le même plan que les autres, avec cette différence pourtant que les proportions en sont plus vastes. On y arrivait par cette rampe escarpée {clivas palatinus) qui, comme je l'ai dit, se détachait de la Voie sacrée, près de l'arc de Titus, et servait depuis Uomulus d'entrée ordinaire au Palatin. A l'extrémité de cette rue se trouvait la façade principale du palais. Sous

1. M. Ferdinand Dutcrt, qui a étudié ces belles mines pendant qu'on les découvrait, en a fait un essai de restauration dont il a pnblié un résumé dans la Revue archéologique, de janvier cl de février 1873. Je dois à son obligeance une épreuve pholographique «l0 sa rcitauratlon, et j« la reproduis dans la planche ci-conlr«.

lU PROMENADES ARCHÉOLOGIQUES.

un magnifique portique, soutenu par des colonnes dont les piliers ont été retrouvés, trois portes s'ouvraient. Celle du milieu donnait accès à l'une des pièces les plus vastes elles plus hardies que l'on connaisse. C'était, sans aucun doute, la salle de réception, à laquelle M. Rosa a conservé son nom antique de tablinum. Le prince y donnait ses audiences ; c'est là qu'il recevait les ambassadeurs des rois ou des peuples étrangers, et les députations des provinces qui venaient à tous les anniversaires lui apporter les félicitations et les vœux de ses sujets les plus lointains. Cette salle est un témoignage vivant du progrès que les mœurs monarchiques avaient fait depuis Auguste. A son extrémité, en face de la porte d'entrée, on voit une abside qui devait contenir sans doute le trône de l'empereur, car Domitien avait un trône : avec lui, l'étiquette des monarchies orientales s'introduit à la cour des empereurs. Stace, son poète favori, lui donnait ouvertement ce nom de roi que César n'avait pas osé prendre, et il savait bien qu'en le lui donnant il ne risquait pas de lui déplaire. La décoration de la salle répondait à son étendue. Bianchini raconte qu'il y trouva, lorsqu'il la découvrit, des restes admirables de son ancienne splendeur. Autour des murs couverts des marbres les plus précieux se dressaient seize colonnes corinthiennes de vingt-huit pieds de haut merveilleusement travaillées. Huit grandes niches, surmontées d'un fronton, comme celles du Panthéon d'Agrippa, contenaient huit statues colossales en basalte ; deux d'entre elles, un Bacchus et un Hercule, furent trouvées à leur place. La porte d'entrée était flanquée de deux colonnes en jaune antique qui furent vendues 2000 sequins; le seuil était formé par un morceau si énorme de marbre grec qu'on en fit la table du maître-autel d'une église. Toutes ces richesses ont été dispersées ; il reste à peine le long des murs ou sur les pavés quelques débris des mar*

brcs qui les couvraient, et ces débris ne suffisent plus à nous donner une idée de ce que devait être la magnificence de cette salle.

Le tablinum est placé entre deux autres pièces d'inégale grandeur, qui s'ouvrent comme lui sur le portique d'entrée. On a cru voir dans la plus petite des deux une de ces chapelles domestiques où l'on adorait les divinités de la famille, et on lui a donné le nom de Lararium, mais cette destination est assez incertaine. Au sujet de l'autre, au contraire, il ne peut y avoir aucun doute : c'était une basilique, c'est-à-dire une de ces salles où l'on rendait la justice. On en distingue encore nettement toutes les parties, et il reste même, près de l'abside semi-circulaire où siégeaient les juges, unfragmentde la balustrade de marbre qui les séparait de l'assistance. C'est là que l'empereur jugeait les affaires civiles ou criminelles qui lui étaient déférées. Domition tenait beaucoup à cette prérogative de son pouvoir suprême ; il voulait se donner la réputation d'être un justicier sévère et punissait sans pitié chez les autres toutes les fautes qu'il se pardonnait si aisémentà lui-même.

Derrière ces trois salles, qui occupent toute la façade du palais, se trouve le péristyle, vaste cour entourée de portiques, d'une étendue de plus de 3000 mètres carrés *. On y voit encore les restes des colonnes cannelées en marbre carien qui soutenaient le toit et des plaques de marbre de Numidie qui couvraient les murailles. Au fond du péristyle, en face du tablinum^ une large porte conduit au triclinium ou salle à manger du palais. Martial nous dit qu'avant Domitien le Palatin n'avait pas de triclinium qui fût digne des Césars, et félicite l'empereur d'en avoir construit un qui lui semble aussi beau que la

1. Tout n'a pu être déblayé. Il reste encore une bande de terrains engagée sous les terrasses de la villa Mills.

salle a manger de l'Olympe; il déclare «que les dieux pourraient y boire le nectar et recevoir des mains de Ganymède la coupe sacrée ». Cette comparaison est audacieuse, mais il faut reconnaître que la salle devait être fort belle quand elle était intacte. Selon l'usage romain, elle contenait trois tables; deux d'entre elles étaient placées le long des murs latéraux, la principale en face do la porte d'entrée, dans une sorte d'abside magnifiquementdécorée, qui conserve encore une partie de son pavé de porphyre, de serpentin et de jaune antique: c'était celle qu'occupaient le prince et les plus grands personnages. Le milieu restait libre pour le service. De chaque côté, cinq grandes fenêtres, séparées par des colonnes de granit rouge, étaient ouvertes sur deux nymphées, au milieu desquels on trouve encore les restes d'un bassin de marbre orné de petites niches qui devaient contenir des statues. Du Itt ou les convives se couchaient pour le repas, ils pouvaient apercevoir l'eau qui jaillissait de la fontaine et qui tombait en cascade, d'étage en étage, au milieu de la verdure, du marbre et des (leurs. 11 est souvent question de cette élégante salle à manger chez les écrivains du temps. Do mitien, qui se piquait d'aimer les lettres et qui, dans sa jeunesse, avait fait des vers que ses llalteurs trouvaient divins, daignait quelquefois inviter des poètes à sa table. Stace, qui obtint cet honneur envié, nous a dépeint sa joie dans une de ses Silves; c'est un véritable délire : il déclare qu'en entrant dans le triclinium de l'empereur, il se crut transporté au milieu des astres et qu'il lui sembla prendre place à la table même de Jupiter. «Est-ce bien vous que je vois, dit-il au prince, vous le vainqueur et le père du monde soumis, vous, l'espoir des hommes et le souci des dieux? Ainsi je suis près devons! Au millieu des coupes et des mets qui couvrent fa table, je cortemplc votre visage !» Et il s'empresse d'cjouter : « Je

l'avoue, tout l'appareil somptueux du repas, ces tables de chêne supportées par des colonnes d'ivoire, cette armée d'esclaves, n'attirèrent pas mes regards ; c'est l'empereur seul que je souhaitais voir, je n'ai contemplé que lui. Je ne pouvais détacher mes yeux de ce visage calme qui, sous un air de majesté sereine, semblait vouloir tempérer l'éclat de sa fortune ; mais il ne réussissait pas à cacher sa grandeur ; elle brillait malgré lui sur ses traits. En le voyant, les nations les plus éloignées, les hordes les plus barbares auraient reconnu leur maître* ! » Voilà des compliments qui paraissent un peu forts quand on songe qu'il s'agit de Domitien ; mais l'honneur que le prince avait fait à Stace était de ceux qui tournaient la tête aux poètes. Martial déclare que, si Jupiter et Domitien l'invitaient à dîner le même jour, il laisserait là le maitre des dieux et s'en irait chez l'empereur.

De toutes ces grandes salles, nous n'avons plus aujourd'hui que des pavés de marbre, des bases de colonnes et quelques pans de murs : le reste est détruit. Mais le témoignage des auteurs contemporains est suffis nt pour nous donner quelque idée de ce que nous avons perdu. Ils sont unanimes à célébrer les vastes proportions de l'édifice et à en décrire la hauteur. Ils disent, dans leur langage hyperbolique, « qu'on croirait voir, quand on le regarde, Pélion sur Ossa ; que ses voûtes percent l'éther et voient l'Olympe de plus près ; que c'est à peine si d'en bas les yeux en peuvent distinguer le toit, et que le faîte doré se confond avec l'éclat rayonnant des cieux. » Ils nous parlent de ce nombre infini de colonnes « qui seraient capables de supporter la voûte céleste pendant qu'Atlas se repose un moment »,ils énumèrent les marbres de toute nature qui sont entrés dans la décoration des murailles;

i Stace, SiU- , JV, 8.

ils insistent même avec tant de complaisance sur ces pompeuses descriptions, que l'idée nous vient, sans qu'ils le veuillent, qu'il devait y avoir dans ces ornemens un peu de profusion et d'excès. On n'aimait plus la simplicité, du temps de Domiticn. Le goût du public et le talent des artistes étaient devenus moins sûrs ; on ne savait plus faire beau, on cherchait à faire riche : c'est l'habitude de tous les arts en décadence. Le prince surtout aimait avec passion ces magnificences déréglées; un plaisant le comparait au roi Midas, qui changeait en or tout ce qu'il touchait *. Ce palais immense contient beaucoup d'autres salles moins importantes que celles que nous venons de décrire, mais on n'y a pas retrouvé tous ces appartements intérieurs nécessaires à la vie privée. Aussi ne servail-il que pour les représentations officielles ; en réalité, les princes habitaient ailleurs. Leur demeure véritable paraît avoir été de tout temps ou la maison d'Auguste ou celle de Tibère. Pour passer de cette dernière au palais de Domitien sans traverser la place, on avait creusé une galerie souterraine qui existe encore et qui communique avec le cryptoportique dont j'ai parlé*. De cette manière, la vie des empereurs était, pour ainsi dire, séparée en deux ; ils en passaient une partie, la moins agréable sans doute, dans ce palais magnifique sur la porte duquel Nerva avait

1. On a découvert, dans plusieurs manuscrits du moyen âge, la description d'un palais, dans lequel M. de Rossi a reconnu le palais de Domitien {Plante di Roma, p. 123). Ce morceau curieux montre d'abord que les noms qu'on a donnés aux diverses pièces dont le palais se compose sont exacts. On les retrouve dans la description du moyen âge. La salle de réception est appelée salutalorium ; elle a, à côté d'elle, le consistorium, c'est-à-dire la basilique, et plus loin le trichorum, ou la salle à manger à trois lits (tricliniutn). Il fuit voir ensuite que cette belle maison subsista jusqu'après la ruine de l'empire, qu'elle fut toujours le centre (\n Palatin, et resta dans l'imagination de tous comme le type d'un palais impérial. — 2. Voy., n° 7 lur le plan général du Palatin.

inscrit ces mots : JEdes publicœ, pour faire entendre que tout le monde avait le droit d'y venir réclamer justice ; le reste du temps ils habitaient une demeure moins somptueuse, mais plus retirée, plus commode, mieux appropriée à la vie de famille, où après avoir fait leur métier d'empereur, ils pouvaient goûter, suivant le beau mot d'Antonin, le plaisir d'être hommes.

Il y avait un siècle, — le plus beau siècle de l'empire, — que les Césars résidaient dans les anciens palais, quand l'idée vint à Septime-Sévère d'en bâtir un nouveau. Peut-être Toccasion lui en fut-elle fournie par le terrible incendie qui ravagea le Palatin à la fin du règne de Commode ; mais il avait assurément une autre raison de le faire. Les dynasties qui commencent éprouvent toujours le besoin de frapper l'imagination des peuples par quelques grandes entreprises. Celle-là surtout qui succédait aux Antonins, et qui avait à se faire pardonner une origine étrangère, affecta de s'occuper beaucoup de Rome, de l'orner et de l'embellir. Sévère, comme tous ceux qui arrivent brusquement à une haute fortune, craignait toujours qu'on se rappelât sa situation passée, et il voulait en faire perdre le souvenir. On raconte que lorsqu'il revint dans son pays, revêtu d'une fonction publique, un de ses anciens amis, heureux de le voir, lui ayant sauté au cou, il le fit battre de verges pour lui apprendre à traiter avec plus de façons un magistrat du peuple romain. Il lui sembla sans doute qu'en rivalisant de magnificence avec ses prédécesseurs il se montrait digne de leur succéder. Il voulut prendre possession de la colline impériale en y bâtissant un palais qui portât le nom de sa famille.

Le Palatin commençait à être encombré, et la place devait y devenir rare pour les constructions nouvelles. 11 restait pourtant encore un espace libre en face du Caelius, le long de la voie Triomj)hale. On y avait moins

bâti qu'ailleurs, parce que le sol y descend jusqu'à la plaine par des pentes douces et qu'il ne fournit pas un terrain égal où l'on puisse élever un vaste édiQce. Cependant le palais de Domitien s'était de quelque façon étendu jusque-là. De ce péristyle dont j'ai parlé, et qui couvre un si grand espace, on communiquait par une série de pièces, encore mal connues, avec la maison d'Auguste que Domitien avait ainsi fait entrer dans son vaste palais. Au delà de la maison d'Auguste, il avait construit un stade, qui est aujourd'hui presque entièrement déblayé. On appelait stade une sorte de cirque destiné à des courses d'hommes ou à des jeux d'athlètes. C'était un des divertissements favoris des Grecs: rien ne plaisait plus à ce peuple d'artistes que de voir un beau corps nu déployer dans des exercices variés sa force et sa grâce. Les Romains, qui n'étaient frappés que de l'indécence et du danger de ces exercices, ne les aimaient pas. Le goût leur en vint pourtant sous l'empire, et ce fut surtout Domitien qui les leur fit agréer. Il construisit pour ces jeux ce grand cirque du champ de Mars dont la Piazza Navona conserve encore la forme et le plan ; il aimait à les présider, revêtu du costume grec, les épaules couvertes d'un manteau de pourpre, avec une couronne d'or sur la tête. Il n'est donc pas surprenant qu'il ait voulu avoir un stade dans son palaia où il pût se donner pour lui seul et ses amis ce divertissement qu'au champ de Mars il partageait avec tous les Romains. Il lui plaisait sans doute d'essayer en compagnie de quelques connaisseurs le coureur rapide ou l'habile athlète qu'il devait plus tard montrer au peuple. Le lieu où se donnaient ces fêtes devait être fort élégant * : on a retrouvé l'hémicycle impérial, composé

1. Il existe, à la bibliothèque de l'École des Beaux-Arts, un intéressant essai de restauration du stade de Domitien. par M. Pascal» aacicn pensionnaire de l'Académie de France à Rome.

LE PALATIN. lîl

de deux salons placés l'un sur l'autre dunt le plus élevé semble avoir été aussi le plus beau *. Tout autour du cirque régnaient deux étages de portiques soutenus par des colonnes de marbre. On se figure l'aspect que ces lieux devaient présenter quand l'empereur était assis dans sa loge et que les courtisans, heureux de prendre leur part de ces distractions impériales, se pressaient sous les portiques.

C'est au delà du stade de Domiticn, à l'angle même de la colline, vers l'est et le midi, que Sévère bâtit son palais. La dépense dut en être très considérable : avant de construire le palais lui-même, il fallut, pour ainsi dire, faire le sol sur lequel il devait s'élever. Nous avons vu tout à l'heure qu'il s'abaisse en pentes douces jusqu'à la plaine ; on le releva par des substructiuns immenses qui 86 composaient d'arcades de pierre superposées, fies substructions existent encore ; la terre qui les recouvrait ayant disparu, on aperçoit de tous les côtés ces arcades qui montent les unes sur les autres et forment entre elles des groupes étranges. Elles paraissent si hautes, elles frappent d'un tel étonnement celui qui les regarde des rues environnantes, qu'on leur fait quelquefois l'honneur de les prendre pour le palais même des empereurs : elles n'en sont que les fondations et le sous-sol ; au-dessus d'elles était construit le palais de Sévère. Il en reste quelques murs encore solides, les plus hauts et les mieux conservés qu'on trouve au Palatin. L'un d'entre eux soutenait un magnifique escalier qui conduisait aux étages supérieurs. Mais, de toutes ces ruines imposantes, rien n'égale en intérêt ce qui reste de la loge impériale sur le grand cirque*. Elle était attenante au palais même, en sorte que l'empereur assistait aux courses de chars et de

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