Voy. n* 8, sur le plan. — î. Voy.,8ur le plan, n
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chevaux sans sortir de chez lui. Elle se composait d'un salon fermé, où le prince et sa famille pouvaient prendre quelque repos, et d'une terrasse d'où le regard embrasse le cirque entier. La vue dont on jouissait de là, le jour où se donnait une de ces grandes fétcs qui rassemblaient tout le peuple romain, devait être admirable. Cette vallée longue et resserrée qui s'étend entre le Palatin et l'Aventin est aujourd'hui l'un des quartiers les plus tristes et les plus pauvres de Rome. C'était alors un hippodrome immense, orné de colonnes, d'obélisques, de statues, entouré de gradins de marbre, sur lesquels, pendant les jeux publics, s'entassaient près de 400 000 curieux. Rien n'égalait l'animation de cette foule quand devaient courir des chevaux et des cochers aimés du public. Les spectateurs, dit Lactance, formaient le plus étrange des spectacles: on les voyait suivre avec passion tous les incidents de la course, gesticuler, crier, hurler, bondir sur leurs bancs; chacun d'eux prenait parti pour une « faction » différente; ils insultaient, ils applaudissaient les cochers, vêtus de vert ou de bleu, de blanc ou de rouge, qui tournaient autour de la spina. Depuis le moment où le magistrat qui présidait à la fête donnait le signal du départ en jetant un mouchoir blanc dans l'arène, jusqu'à celui où le char le plus heureux, après avoir parcouru une distance de 7 kilomètres 1/2, touchait le but, il s'élevait de toute cette assistance un bruit épouvantable qui s'entendait, dit-on, à plusieurs lieues de Rome. Les empereurs prenaient part à l'émotion commune. Ils avaient aussi leurs chevaux préférés, leurs cochers favoris , et ne souffraient pas volontiers qu'ils fussent vaincus. Je me figure que c'est là, dans cette loge impériale, qu'un hasard heureux nous a conservée, que se passa la scène étrange racontée par Hérodieu. Comme on s'était permis de siffler un cocher de la
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faction bleue, que Caracalla favorisait, ii donna l'ordre i ses gardes de punir les coupables. Les soldats se précipitèrent sur les gradins du cirque, et, pour ne pas prendre la peine de choisir, ils tuaient tous ceux qu'ils pouvaient atteindre. Ce lut une scène inexprimable de confusion et de massacre, dont l'empereur, qui de sa loge n'en perdait rien, dut être fort réjoui *.
Septime-Sévère est le dernier des Césars qui se soit fait bâtir une habitation nouvelle ; l'empire devint trop misérable après lui pour qu'un prince pût se permettre ces profusions. J'ai donc fini d'énumérer les palais qu'on avait construits sur le Palatin, mais il contenait d'autres édifices que les demeures des empereurs; à côté du prince il fallait loger sa garde et ses serviteurs. Quoique ces maisons de soldats et d'esclaves aient du être faites avec moins de soin et de dépense, il en est pourtant resté des traces en divers endroits de la colline. Au bas de la rue Palatine, près de l'arc de Titus, les fouilles ont fait
1. Une autre partie du palais de Sévère était restée très célèbre. Au bas de la colline, en face du Caelius, il avait Tait bàlir, le long de la voie Triomphale , un portique à trois étages, qui s'appelait Sepliionium 11 voulait en faire l'entrée principale du palais , mais le préfet de Rome, qui tenait sans doute aux anciennes habitudes, l'en empocha en faisant placer la statue do l'RmjJerour à l'endroit où aurait dû être la porte. Le Septiionium ne fut donc plus qu'un magnifique ornement qui ne servait à rien. Les malins, qui le voyaient placé en face du chemin par où l'on venait d'Afrique, préU^ndaient que Sévère avait voulu, en le construisant, frapper d'admiration ses compatriotes à leur arrivée. Le Septiionium avait eu la bonne forcune de traverser sans trop d'accident tout le moyen âge. Il était encore à peu près intact lorsqu'il plut au pape Sixte-Quint de le détruire et d'en employer les colonnes à quelque église qu'il restaurait : f La renaissance des arts, dit M. Duteri, fut le signal de la mutilation et de la dispersion des plus belles œuvres artistiques. > Les papes détruisirent souvent des monuments antiques que les Ostrogoths avaient réparés. N'est-ce pas Paul V qui démolit les restes admirables du temple de Pallas dans le Korum de Nerva pour décorer la romaine Pauline? Piu Golo de' Goli!
découvrir un grand nombre de chambres d'inégale étendue*; M. Rosa suppose qu'elles étaient occupées par la cohorte prétorienne qui gardait les Césars : il est en effet assez naturel de croire qu'on avait placé la caserne à côté de la principale entrée du Palatin. C'est donc là que, selon Tacite, le malheureux Pison, qui venait d'être adopté par Galba, à la première nouvelle de la révolte d'Othon, réunit les soldats de la garde, et leur tint ce discours honnête et mélancolique qui n'était pas fait pour gagner le cœur des prétoriens. Ce qui est beaucoup plus curieux que ces ruines informes, dont la destination est en somme assez douteuse, ce sont celles qui se trouvent à l'extrémité opposée, vers le Vélabre. On a découvert là une ruo tout entière, assez bien conservée, dans laquelle on a cru reconnaître ce qu'on appelait la montée de la Victoire (clivus Victoriœ)^. C'était encore un reste de la Rome des premiers temps. On y pénétrait par la « porte Romaine, » une de celles dont l'origine, disait-on, remontait à Romulus. De là, une voie étroite et raide se dirigeait vers le sommet de la colline. La rue, qui des deux côtés est bordée de hautes maisons, n'a jamais dû être fort claire, mais elle est devenue plus sombre depuis que Caligula l'a fait en partie couvrir pour étendre les terrasses de son palais. Le côté droit de cette rue, celui qui s'appuie à la colline, appartenait certainement aux dépendances des palais impériaux. Quand on pénètre dans les chambres à moitié comblées qui existent encore, et que l'œil commence à se faire à ces ténèbres, on est surpris de voir que ces appartements obscurs, qui semblaient d'abord à peine suffisants pour des esclaves, sont quelquefois ornés
1. Voy., sur le plan, n* 10. Depuis l'époque où le plan a été fait et où ces lignes ont été écrites les fouilles ont montré qu'il n'y avait pas là de caserne, mais que c'était un quartier de Romer Voy. p. 28. — 2. Voy., «ur le plan, n» 11.
avec une grande élégance : beaucoup ont conservé leurs stucs et leurs mosaïques ; il y en a dont les murs possèdent encore de gracieuses peintures, et l'un des balcons a gardé sa fine balustrade de marbre. Si ces maisons, comme il est naturel de le croire, étaient habitées par les serviteurs du prince, c'est aux esclaves et aux affranchis les plus distingués, à l'aristocratie de la domesticité impériale, qu'elles devaient être réservées. Il y avait là sans doute de ces gens sans patrie et sans nom, achetés sur les marchés de la Grèce, dont les plus grands seigneurs recherchaient les bonnes grâces, qui dominaient l'empereur et souvent gouvernaient l'empire. Devenus importants et riches, ils se résignaient à vivre dans ces appartementssans air et sans jour pour ne pas s'éloigner du maître, comme sous Louis XIV les plus illustres personnages, qui possédaient de grands hôtels et de beaux châteaux, s'entassaient dans les appartements infectes de Versailles pour être toujours sous les yeux du roi. Mais, si ces esclaves ou ces affranchis se croyaient obligés de ne pas quitter ces chambres obscures, ils voulaient les embellir autant qu'ils le pouvaient, et les rendre dignes de leur fortune : c'est au moins la seule façon d'expliquer ce luxe de peinture et de marbre, et ces beaux ornements prodigués sur des murailles où l'on pouvait à peine les apercevoir.
De l'autre côté du Palatin, près du grand cirque, on a retrouvé une de ces anciennes maisons qui furent conservées après que la colline eut été envahie par les palais impériaux et que l'on consacra à loger les gens de service». Elle a contenu, peut-être à des époques différentes, des soldats et des esclaves. Les chambres qui entourent Vatrium sont pleines de ces incriptions à la pointe ou au