Lucilius, /Eltuit
qu'il avait pour les chefs-d'œuvre de l'art antique ne l'empêchait pas d'être sensible aux grandes scènes de la nature, et il est à peu près le seul alors dont on nous dise qu'il entreprit des voyages pour les contempler. 11 gravit l'Etna, et l'on y montre encore les ruines d'une vieille maison qu'on avait faite, dit-on, pour le recevoir. Il monta pendant la nuit sur le mont Gasius pour y voir se lever le soleil, et y fut témoin d'une tempête terrible. 11 aimait donc la nature autant qu'il goûtait les arts: cette admiration pour les arts, cet amour de la nature vont se retrouver dans la villa de Tibur.
Site de la villa d'Hadrien. — Magnificence des constructions. — Ce que l'empereur se propose en la bâtissant. — Parties qu'on peut reconnaître. — La vallée de Tempe. — Le Pœcile. — Canope. — L'habitation privée. — Le Natatorium. — Les appartements de réception.— La Piaaa d'oro. — La basilique. — Les théâtres. — Les bibliothèques. — Les salles des lectures publiques. — Les Enfers.
L'âge mit fin à toutes ces courses. Quand Hadrien approcha de soixante ans, il éprouva le besoin de se reposer. Comme il n'avait pas d'enfants, il commença par se choisir un successeur. Il adopta d'abord Lucius Verus, qui mourut avant lui, puis l'honnête Antonin. « Alors, dit un historien, voyant que tout était tranquille et qu'il pouvait sans danger se relâcher de ses soins, il laissa l'administration de Rome à son fils adoptif et se retira dans sa villa de Tibur. Là, comme c'est l'usage des riches et des heureux, il ne s'occupa plus que de bâtisses et de festins, de statues et de tableaus ; en un mot il n'eut phis d'autre souci que de passer sa vie dans la joie et le plaisir. > Il faut conclure de ce passage qu'en 136, quand Hadrien prit la résolution do s'éloigner des affaires, la villa de