Voy. n
des faces était toujours à l'ombre quand l'autre était au soleil, en sorte qu'on pouvait s'y promener dans toutes les saisons de l'année et à tous les moments du jour : il suffisait de changer de côté, selon les heures, pour y trouver toujours la chaleur en hiver et le frais en été La muraille était probablement couverte de peintures, et ces peintures devaient reproduire celles de Polygnote. Le temps les a toutes détruites; mais il n'a pu ôter à ce simple mur de briques son air de grandeur et de majesté. C'est assurément une des plus belles ruines romaines qui nous restent, et l'admiration qu'on éprouve en le regardant augmente encore quand on songe au chef-d'œuvre grec qu'il rappelle et dont il est le dernier souvenir.
Un peu plus loin , en continuant dans la même direction, on arrive à une vallée d'une assez médiocre étendue et plus longue que large, que les archéologues, sur le témoignage de Spartien , s'accordent à appeler Canope. Ce nom n'a pas été donné sans motif^ comme tant d'autres. Sur une brique qu'on a trouvée dans la vallée, on a cru lire ces mots qui, s'ils étaient surs, ne permettraient aucun doute : Deliciœ Canopi. Nous étions tout à l'heure à Athènes, et nous visitions le Pœcile; une fantaisie du capricieux empereur nous transporte tout d'un coup en Egypte.
Il faut croire que l'Egypte était un des pays qui avaient le plus frappé Hadrien dans ses voyages. On ne visitait pas sans la plus vive surprise cette terre étrange que ses traditions, ses coutumes, sa langue et ses dieux séparaient du reste du monde. Depuis que les Romains étaient devenus les maîtres de l'univers, la plupart des peuples avaient renoncé à leurs lois et à leurs usages pour prendre ceux des vainqueurs ; l'Egypte , sous tous les régimes, resta fidèle à son passé. Les conquérants grecs qui étaient venus régner sur elle, les préfets que Rome envoyait pour la gouverner, ne changèrent rien à ses habitudes.
236 PROMENADES AR CHÉOLOGIQUES.
Soumise pendant plus de six siècles à des dominations étrangères, elle continuait à vivre à sa façon, bâtissant des temples comme au temps de Sésostris, et les ornant d'hiéroglyphes auxquels ses conquérants n'entendaient rien. Ce pays, qui ne ressemble pas aux autres, et que déjà la nature a fait étrange, l'était devenu bien davantage en s'immobilisant dans sa vieille civilisation. Aussi tous ces riches ennuyés qui cherchaient des spectacles nouveaux et voulaient échapper un moment à l'uniformité générale, étaient-ils heureux de parcourir ce coin du monde qui ne ressemblait à rien. Ils ne manquaient pas d'aller voir les monuments des Pharaons, de contempler les Pyramides, d'entendre Memnon saluer l'aurore et d'écrire leurs noms avec des remerciements sur le piédestal ou la jambe du colosse. De retour chez eux, ils demandaient aux sculpteurs ou aux peintres de reproduire ce qu'ils venaient d'admirer. C'est ainsi qu'il se répandit dans 1 art de cette époque un faux goût égyptien qui a produit quelques bons ouvrages et beaucoup d'imitations ridicules. Des grands seigneurs, ce goût descendit aux autres classes : sur les murs des maisons bourgeoises de Pompéi, on aimait à peindre des paysages invraisemblables, avec des palmiers, des ibis et des crocodiles qui pouvaient donner quelque idée de ce pays singulier aux gens qui ne l'avaient jamais vu.
Hadrien visita l'Egypte comme les autres, et il n'est pas surprenant que cet esprit csrieux et sagace en ait été plus frappé que personne. L'Histoire auguste mpiporle une lettre qu'il aurait écrite d'Alexandrie à son beau-frère Servien'; l'aspect de cette grande ville de commerce où se réunissaient tous les peuples de l'Orient, y est très finement saisi. Il y décrit surtout, en termes malins, l'activité de
1. Hist.Aug., uitaSaturn. 8, malheareusement l'authenticité de celte jolie lettre est suspecte, comme celle de tous les documents de VHùtoire Augufle.
LA Villa d'iiadrien. 23T
ce peuple alTairé à la recherche de la fortune, t Personne n'y vit oisif, dit-il. Les uns y travaillent le verre, d'autres fabriquent le papier, d'autres tissent le lin. Chacun y a sa besogne et exerce une profession. Les aveugles mômes, les goutteux et les boiteux trouvent quelque chose à faire. Ils n'ont tous qu'un dieu, l'argent {unus illis deus nummus est); c'est lui seul qu'adorent les chrétiens, les juifs et tous les autres. » Comme il arrive dans toutes les villes industrielles où la fortune est si mobile, on cherchait à jouir vite de ces biens qui pouvaient être si vite perdus, et l'on se livrait au plaisir avec autant d'ardeur qu'aux affaires. Le lieu de divertissement des Alexandrins, où ils allaient se distraire de leurs occupations et s'alléger de leurs écus, était la ville de Canope, située à cinq ou six lieues d'Alexandrie. Canope possédait un temple célèbre de Sérapis, où l'on se rendait de toute l'Egypte. Tous les soirs le sanctuaire était plein de gens qui venaient demander au dieu la guérison de leurs maladies ou de celles de leurs amis. Ils se couchaient dans le temple après avoir fait des prières ferventes, et pendant leur sommeil ils recevaient en songe le remède qui devait les délivrer de leurs maux. Mais le plus souvent la santé n'était qu'un prétexte ; on allait à Canope comme on va de nos jours aux stations thermales, moins pour se guérir que pour s'amuser. Le voyage se faisait sur un canal de cinq lieues de long, sans cesse parcouru par des barques légères, recourbées à la proue et à la poupe, et qui portaient au milieu une sorte de boîte assez semblable à celles des gondoles de Venise *. Le mouvement ne
1. On en voit qui ont cette forme dans la célèbre mosaïque de Palestrina. On y trouve aussi représentée une de ces fêtes égyptiennes qui devaient être si fréquentes le long du canal de Canope. Sous un berceau couvert d'une vigne chargée de fruits, des hommes et des femmes sont mollement étendus et tiennent des vases à boire. Une des femmes élève le rhyton jusqu'à ses lèvres , «uo autre montre
s'arrêtait pas; le jour et la nuit, on entendait retentir sur l'eau ces chansons d'amour de l'Egypte, renommées dans le monde entier. Des deux côtés du canal s'élevaient des hôtelleries abondamment pourvues de tout ce qui pouvait exciter à la joie et satisfaire les désirs. On s'y arrêtait pour boire le vin léger de Maréotis, qui donnait une ivresse gaie et courte, et, le repas fini, sous des treilles ou à l'ombre des arbres, on dansait au son des flûtes. C'est ainsi qu'on arrivait sans se presser à Ganope, où l'on trouvait encore plus de divertissements que sur la route. Tout y était fait pour le plaisir, et il était impossible d'imaginer un séjour plus enchanteur. « C'était comme un rêve, dit un écrivain contemporain, et l'on s'y croyait transporté dans un monde nouveau. »
Hadrien, qui voulait que sa villa de Tibur lui rappelât ce qu'il avait vu de plus frappant dans ses voyages, se garda bien d'oublier Canope. Suivant son usage, il ne prit pas la peine de reproduire exactement la ville égyptienne : on n'aurait pas pu le faire dans un si petit espace; il se contenta probablement d'une ressemblance fort lointaine. Au fond de la vallée, une sorte de vaste niche ou d'abside profonde, qui était ornée avec une grande magnificence, servait à la fois de temple et de château d'eau *. Au centre de l'abside, dans un enfoncement, devait être placée la statue de Sérapis, la grande divinité de Canope. Sur les murailles latérales , des niches plus petites contenaient d'autres dieux égyptiens. Ces statues sont peut-être celles qu'on a retrouvées dans les décombres de la vallée et qu'on a réunies au musée du Vatican. De tous les coins de l'édifice l'eau coulait avec abondance. Elle descendait par des marches de
les grappes qui pendent, d'autres jouent de la flûte ou pincent dtw instruments à corde, tandis qu'autour d'eux coule le fleuve couvert do fleurs de lotus. — t. Voy., sur le plan, n° 14.
LA TILLA d'HADRIEN. 239
marbre ou rebondissait sur des vasques superposées, et tombait de là dans un grand bassin semi-circulaire. Une sorte de pont ou de passage placé sur le bassin et orné de colonnes qui soutenaient la voûte permettait d'aller d'une rive à l'autre et de regarder de près les cascades. L'eau passait par-dessous et se jetait dans un canal qui occupait tout le milieu de la vallée. Ce canal, creusé dans le tuf, avait 220 mètres de long sur 80 de large. Des barques élégantes, faites sans doute sur le modèle des gondoles d'Alexandrie, étaient réservées à l'empereur et à ses amis, et l'on voit encore sur le quai les restes de l'escalier où les embarcations venaient les prendre quand ils voulaient se promener sur le canal. D'un côté de la berge on a retrouvé les ruines d'une vingtaine de salles à deux étages abritées par un beau portique. C'était peut-être une imitation de ces hôtelleries voluptueuses où le voyageur qui allait à Canope était si heureux de s'arrêter. 11 est probable que celles de la villa d'Hadrien faisaient do leur mieux pour mériter le renom que les autres avaient acquis. On devine ce qui pouvait s'y passer, quand on se rappelle qu'Hadrien aimait le plaisir avec passion, et qu'il n'a jamais pris la peine de le cacher. Peut-être Marc-Aurèle faisait-il plus tard quelque allusion à ces spectacles corrupteurs, quand il rappelait les dangers qui avaient menacé sa vertu pendant sa jeunesse, et qu'à cette occasion il remerciait les dieux « de l'avoir guéri des passions d'amour auxquelles il avait un moment cédé ».
Des parties de la villa impériale énumérées par Spartien, voilà celles qui se retrouvent aujourd'hui et qu'on peut désigner avec assez de vraisemblance; ainsi nous possédons encore et nous pouvons parcourir ce que le capricieux empereur appelait sa vallée de Tempe, son portique du Pœcilc, et « ses délices » de Canope. C'est
quelque chose, mais il est possible d'aller plus loin sans se compromettre. Cet amas immense de ruines doit contenir des appartements que l'empereur ne pouvait se dispenser de construire, que les exigences de sa position ou le souci de son bien-être et de ses plaisirs, que ses besoins ou ses goûts lui rendaient nécessaires, et il n'est pas téméraire de les chercher.
Et d'abord on ne peut pas douter qu'il ne se soit réservé une partie de ce vaste palais pour les usages de sa vie privée : un prince âgé, malade, et qui se bâtissait avec tant de soin un asile pour ses derniers jours devait songer avant tout à ses agréments et à sa commodité. Mais où faut-il placer sa demeure particulière? Depuis le temps de Ligorio, on désignait sous le nom de Palazzo impériale les ruines qui s'étendent du côté de l'ouest, le long de la vallée de Tempe. M. Daum'^t a cru devoir le mettre ailleurs. 11 se rappelait que dans les villas où les riches Romains se réfugiaient pendant les chaleurs de l'été, aussi bien que dans celles qui subsistent encore de la renaissance italienne, la maison d'habitation est toujours située au-dessus des bâtiments accessoires, à l'endroit le plus élevé du terrain. Il était naturel, en effet, que le maître souhaitât dominer la plaine et jouir de la vue la plus étendue et la plus variée. S'il en était ainsi dans la villa d'Hadrien, c'est un peu plus loin vers le midi, sur le plateau où Ligorio croit retrouver l'Acrtrfémee et Ganina le Gymnase, qu'il faudrait chercher l'habifation privée du prince, elM. Daumct n'hésite pas à la mettre en cet endroit. Les fouilles qu'on a faites dans ces dernières années lui ont donné tort. En creusant à la place indiquée par Ligorio on a découvert des chambres d'une médiocre étendue, avec des corridors et des portiques dont les proportions rappellent ceux des belles maisons de Pompéi. C'est bien une demeure appropriée à la vie
LA VILLA d'HADRIEN. 241
ae tons les jours ; et comme elle est pourtant somptueuse et tout à fait voisine des grands appartements de réception, on peut croire que l'empereur l'avait faite pour lui. Il est donc probable que Ligorio ne se trompait pas quand il mettait près de Tempe le Palazzo impériale, c'està-dire l'habitation particulière du prince.
Après la chambre où il reposait la nuit, un Romain ou on Grec ne croyait pas qu'il y eût rien de plus nécessaire à son existence qu'une salle de bain. Aussi n'avait-on pas négligé de construire , dans la villa de Tibur, des nymphées et des thermes* : il en fallait pour le prince, pour ses amis, pour ses serviteurs. On attribue d'ordinaire la même destination à une pièce ronde, siluée entre les appartements privés et le Pœcile, et qui est peut-être ce qu'on a trouvé de plus curieux et de plus riche dans la villa*. Les fondations en sont assez bien conservées pour qu'on puisse en rétablir le plan sans trop de peine. Un portique circulaire, soutenu par des colonnes de jaune antique, dont quelques débris jonchent le sol, entoure un de ces petits ruisseaux que les anciens nommaient des euripes. Le canal dans lequel l'eau devait couler, revêtu partout de marbre blanc, a près de cinq nètres de large et un peu plus d'un mètre de profondeur. L'espace qu'enferme le petit ruisseau forme une espèce d'ile qu'un pont de marbre relie au portique extépieur. Par un caprice qui n'est pas sans grâce, au centre de l'île ronde se trouve une sorte de cour carrée semblable à l'atrium d'une maison romaine. De petites chambres arrondies, des niches ouvertes sur l'euripe et d'où coulaient des fontaines, occupent les segments inégaux qui s'étendent entre la forme rectangulaire de la cour et
1. On a cru reconnaître, dans les ruines de la villa, un élégant nymphée (voy., sur le plan, n* 4>»t de* thermes très v»»tes (u°13). — 2. Voy., n» 8.
la forme circulaire du canal. Rien n'est plus original ni plus agréable à l'œil que toutes ces combinaisons ingénieuses. Le sol des chambres, de la cour, du portique, est couvert de marbres brisés. On y a trouvé de nombreux débris de colonnes, des fragments de bas-reliefs qui représentent des monstres marins , des tritons , des Néréides, de petits Amours montés sur des hippocampes. Quelle pouvait être la destination de ce bel édifice qu'on avait construit avec tant de recherche ? Nibby veut que ce soit une piscine et l'appelle natatorium. Mais M. Blondel me semble avoir établi que c'était une sorte d'asile retiré que l'empereur s'était bâti au milieu même de son palais. Il l'avait construit sur le plan des maisons ordinaires, mais avec toute espèce d'innovations et de fantaisies. C'était une île qui ne communiquait avec les autres appartements que par deux ponts tournants qui se rabaissaient quand on voulait être seul ^ 11 est difficile d'imaginer un lieu où l'on puisse mieux se reposer, aux heures accablantes de l'été, que dans ces salles élégantes, parmi les richesses d'un art délicat, à côté de cet euripe qui circule sans bruit dans son lit de marbre, et au murmure de l'eau qui tombe discrètement des fontaines.
Non loin de l'habitation du prince se trouvaient les appartements de réception. Il faut croire qu'Hadrien, quoiqu'il affichât des goûts de retraite quand il bâtit sa villa, n'avait pas renoncé à remplir jusqu'à la fin ses devoirs d'empereur. Si nombreux que soient les amis des rois, ce n'était pas pour des amis seulement qu'on avait construit ces salles immenses qui font encore aujourd'hui notre étonnement. Il y en a de magnifiques près du palazzo impériale, le long de la vallée de Tempe,
1. Voyez la restitution de M. Blondel, dans les Mélanges de V École de Home. 1881.
LA VILLA d'HADRIEN. 213
C'est la partie que M. Daumet a spécialement étudiée et qu'il a essayé de nous rendre à peu près comme elle était à la mort d'Hadrien. Pour arriver aux salles principales, il fallait traverser une longue suite d'édifices divers qui devaient faire une grande impression sur le visiteur. Un vestibule octogone conduisait dans une de ces cours que les Romains nommaient des péristyles. Il y en avait beaucoup dans la villa, mais celui-là devait être plus vaste et plus beau que les autres. On y a trouvé tant de riches débris, que les architectes qui le déblayèrent lui donnèrent le nom de Piazza d'oro *. Il était entouré d'un portique avec des colonnes de cipollin et de granit oriental; un pavé de marbre rose en couvrait le sol, et des statues, dont on croit avoir retrouvé les bases, complétaient cette magnifique décoration. Au fond du péristyle, en face du vestibule octogone, s'élevait une vaste salle, surmontée d'une coupole et terminée par une abside semi-circulaire. Aux quatre angles de la salle se trouvent des niches qui recevaient la lumière par le haut. M. Daumet pense qu'elles étaient faites pour contenir des statues, et le soin qu'on avait pris de les bien éclairer laisse croire que ce devaient être des ouvrages d'artistes renommés. On sait que cette disposition favorable, qui permet de mieux jouir des chefs-d'œuvre de l'art, a été reproduite dans la cour du Belvédère , au Vatican. Tant de magnificence semble bien indiquer que cette belle salle et le péristyle quj la précède étaient réservés aux audiences impériales, et que c'est là que le prince admettait auprès de lui les envoyés des villes et des provinces qui venaient le voir. Nous pouvons encore rattacher à ces appartements officiels, où Hadrien remplissait ses fonctions d'empereur, une salle assez bien conservée qu'on traverse quand on va du natalorium au Pœcilo '. On en a fait 1. Voy., sur le plan, a* 6. — 2. Voy. n* tf.
2U PROMENADES AKCHÉOL OGI QUE3.
successivement un temple ou un lieu de réunion pour des philosophes (schola stoicorum) : Hadrien n'aimait pas assez les philosophes, surtout les stoïciens, pour leur bâtir un si bel édifice. Je serais plutôt tenté d'y voir une basilique, car elle ressemble à celle qu'on a trouvée au Palalin. Nous savons que Trajan avait coutume de réunir dans sa villa des Cent-Chambres (Centum Cellœ) une sorte de conseil privé , composé de sénateurs et de magistrats, pour juger avec lui les causes dont il s'était réservé la décision. C'étaient en général des affaires délicates qui concernaient les officiers de son armée ou les personnes de sa maison. Le jour, on entendait les avocats et on rendait les sentences; le soir, l'empereur admettait les juges à sa table, et. le repas fini, on se délassait dans d'agréables conversations, ou l'on écoutait des mimes et des comédiens*. Si Hadrien a suivi l'exemple de Trajan, ce qui est assez vraisemblable (car il était un grand justicier), s'il a réuni dans sa villa de ces sortes de tribunaux, c'est ici probablement qu'ils tenaient leurs audiences.
N'oublions pas enfin qu'Hadrien n'était pas seulement un empereur irréprochable, qui tenait à remplir exactement les devoirs de sa position, que c'était aussi un très fin lettré, qu'il avait un grand attrait pour les plaisirs do l'esprit et qu'il aimait beaucoup à imiter les Grecs. Il faut bien croire que ces goûts du vieux prince avaient laissé quelques traces dans la villa qu'il a fait bâtir. On y a trouvé, près du Pœcile, un stade assez bien conservé, avec des dépendances très considérables ^i tous les empe- "eurs qui aimaient la Grèce affectaient d'être passionnés pour les jeux des athlètes , à peu près comme au siècle dernier nos grands seigneurs . qui voulaient se mettre