Pétrone. Sat., ? et 8S. — 2. Pline, xxxv, S;9 et
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Noms ne sommes plus dans la même situation qu'eux. Aujourd'hui que les modèles n'existent plus, ils ne peuvent pas nuire par la comparaison aux imitations qu'on en a faites. Nous ne descendons plus des originaux aux copies, ce qui est toujours très dangereux pour elles; au contraire, ce sont les copies qui nous permettent de remonter aux originaux perdus et de nous figurer ce qu'ils pouvaient être. Ce service qu'elles nous rendent nous dispose d'abord très bien pour elles. Loin de nous plaindre que les artistes pompéiens ne soient pas des génies inventeurs, nous sommes tentés de leur savoir gré de n'avoir presque rien tiré d'eux-mêmes. En se contentant de reproduire les inventions des autres, ils nous reportent vers ces grands siècles de l'art antique, que nous ne connaîtrions pas sans eux.
Mais quel est précisément le siècle où les artistes pompéiens cherchaient leurs modèles? Est-il possible de savoir d'une manière exacte à quelle époque de l'histoire, à quelle période de l'art appartenaient les maîtres dont ils s'inspiraient?
D'abord, se sont-ils bornés à copier les tableaux d'une seule école? et n'otaient-ils pas de ces éclectiques qui, prenant leur bien un peu partout, reproduisent les œuvres de tous les temps? — Ils ont dû, sans doute, le faire quelquefois. On trouve chez eux des ouvrages qui diffèrent des autres et ne paraissent pas rentrer dans leur manière habituelle. Tel est, par exemple, le célèbre tableau du Sacrifice d'Iphigénie, un des plus beaux qu'on ait découverts à Pompéi, et qui, par un rare bonheur, se trouve être aussi l'un des mieux conservés. Au centre, Iphigénie en larmes, tendant les bras au ciel, est apportée à l'autel par Ulysse et par Diomède. Aux deux extrémités opposées, Agamemnon se voile la face pour ne pas voir la mort de sa fille ; Galchas, serrant le couteau dans
sa main, semble se préparer tristement à son rôle cruel de sacrificateur. En haut, Diane arrive, dans un nuage léger, avec la biche qui doit être offerte à la place de la jeune fille. Il semble à M. Helbig, juge expert en cette matière, que l'arrangement si régulier du tableau, la correspondance symétrique des personnages, la couleur du fond, les plis des vêtements rappellent une époque de l'art assez ancienne. 11 fait remarquer que les figures sont disposées de telle sorte qu'on n'aurait presque aucune peine pour faire du tableau un bas-relief. Ce qui est plus caractéristique encore, c'est que Diodème et Ulysse sont représentés plus petits qu'Agamemnon et Calchas, d'après cette règle antique et un peu naïve qu'il faut que l'importance des personnages se reconnaisse à leur taille. Tout en présentant ces observation^ curieuses, M. Helbig ne va pas jusqu'à prétendre que ce beau tableau remonte à une époque très reculée. Il y a dans tous les temps des artistes qui retournent volontiers en arrière, et qui aiment à reprendre les anciennes méthodes et les vieux procédés. Pline, parlant de deux peintres célèbres quj travaillèrent au temple de l'Honneur et de la Vertu, que Vespasien faisait reconstruire, dit de l'un d'eux qu'il ressemblait plus aux anciens : Priscus antiquis similior *. C'est sans doute un artiste de ce genre qui est l'auteur du Sacrifice d' 1 phi génie ; comme il aimait l'archaïsme, il a conçu et exécuté son tableau à la manière antique, et les peintres pompéiens, selon leur usage, l'ont fidèlement copié.
Mais ces fantaisies archaïques sont rares à Pompéi ; au contraire toutes les peintures se ressemblent beaucoup entre elles, les sujets y sont ordinairement conçus et exécutés de la même façon, et elles paraissent appartenir toutes à la même école. Cette école, M. Helbig n'a pas