LES CURIOSITÉS DU FOND DE LA HER
Prairies marines.— Varech.— Plantes comestibles. — Une collection perdue.— L'étoile de mer.— L'œuf de raie.— Neuf millions d'œufs dans un poisson. — Manière de les compter. — La sèche. — L'anémone de la mer. — Le poisson qui tousse, etc.
La mer est basse; promenons-nous'sur les rochers et siir les sables qu'elle laisse à découvert. La première singularité qui frappe notre vue, c'est que le fond de la mer a ses prairies comme la surface de la terre ; plantes et herbes fort différentes cependant de celles-ci. Elles ont reçu les noms de facus^ algues , zosières , etc. ; on les appelle goémons sur les côtes de Bretagne, Qisart dans l'Aunis. Leur nonï de varech, qui est le plus ordinairement employé ici, demande quelques explications. On appelait autrefois varech tout ce que la mer jette sur
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ses bords, soit de son cru, soit qu'il vienne de bris
ou de naufrage. Les droits que les anciens sei-
gneurs normands prétendaient sur ce que la mer
poussesnr ses rivages, s'appelaient droits de varech.
On lit dans Tancienne coutume de Normandie :
Tout ce que l'eau aura jeté ou bouté à terre est varech ;
fit par l'article 596 d'une coutume moderne, abrogée '
cependant depuis par le Code civil, sous le nom de
Vîirech sont comprises toutes choses que Veau jette à
terre par tourmente et fortune de mer^ ou qui arrivent
^ près de terre qu'un homme à cheval y puisse toucher
^'^^c sa lance. Si le propriétaire les réclamait dans
l'^^ et jour^ elles lui étaient restituées ; après lan
et jour, elles appartepaient au seigneur féodal et
au roi. On disait indifféremment droit de varech
ou chose du (lot, droit de bris ou de naufrage,
L'usage le plus général que l'on fasse des varechs consiste dans l'engrais des terres ; on brûle le varech pour en tirer de la soude et de l'iode. Les zostères servent à faire des matelas aussi élastiques et à peu près ausst agréables que ceux que l'on fait en crin. Cet usage, nouveau en France, est frès-an'cien sur les côtes de la mer Baltique. Linné avait décrit une soixantaine de plantes
marines. On en connaît aujourd'hui plusieurs ce] taines, et on est loin de les connaître toutes ; qu^ ^* quefois, après un coup de vent, on trouve sur 1 ^^ grèves des débris de plantes qu'on ne rencont:^^ jamais^ même dans les marées les plus basses, ^^ qui ont été arrachées sans doute à des profondes ^^ inaccessibles à l'homme.
Plusieurs sortes de plantes marines sont comestibles.
Le fucus saccharinus, ou baudrier de Neptun^^-^ dont les feuilles sont de la largeur de la main, et ont souvent six pieds de longueur, se couvrent ^^ séchant, lorsqu'il a été lavé à l'eau douce, d'ane efflorescence blanchâtre qui a le goût du sucre. Le fucus diffitatus, qui {Produit également du sucre, était autrefois consacré aux sorcières de l'Islande ; c'était, disait-on, la nourriture des chevaux marins qu'elles savaient dompter. Les habitants pauvres du nord de l'Ecosse et de l'Irlande mangent lefucUrS palmatus cuit dans du lait, ou cru en salade après quelques préparations. C'est avec des varechs qii^ les salanganes, espèces d'hirondelles, construisent ces nids dont se montrent si friands les Chinois, qui les payent au poids de l'or, et les regardent comme un mets délicieux.
Ils les appellent saroi-bura, et les mangent avec du gingembre. Ces nids, que Ton recueille dans les niers de la Chine, sur les bords de l'île de Java, de Sumatra, des Moluques, etc., ont, étant secs, la consistance de la cire; bouillis, ils ressemblent à des cartilages de veau.
On recueille sur nos côtes, sous le nom de criste ^rine, une sorte de fucus qui se mange confit dans 'e vinaigre comme les cornichons. Depuis quelque temps, on les fait cuire et on les assaisonne comme des haricots verts, dont ils ont assez le goût, mêlé ^^ goût du pourpier. Ce n'est pas du tout un mets désagréable.
Une grande quantité de poissons, d'amphibies, "^ mollusques, de crustacés, se nourrissent de ces P'^ntes marines et y trouvent un asile contre les
^^ï*aces poursuites de leurs ennemis.
l^e môme que, sur la terre, les divers végétaux "^oîtent des températures différentes, de même les ^'^erses plantes marines, ne vivent ou du moins ne ^^Sètent vigoureusement qu'à diverses profondeurs.
A.insi, au-dessous de soixante pieds sous l'eau, ^^ T\e trouve plus de ceramium; les ulves &oni rares ^^-ciessoas de quarante pieds de profondeur. Après
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cent pieds, tous les varechs semblent disparaître; ils sont remplacés par les polypes. Là sont les limites du règne végétal.
Je ne vous dirai pas les noms des plantes aquatiques. Ma première raison est que je suis loin de connaître toutes ces plantes, encore moins tous leurs noms. Les savants, ambitieux parrains, ont donné quelquefois des noms différents à une seule. Remarquons seulement la variété extrême de leurs formes. Celle-ci semble, par la couleur, la consistance et la forme, un énorme peigne d'écaillé dont les dents se prolongent en lanières transparentes. Celle-ci a les feuilles de la laitue. Telle autre est un lacet rond de plusieurs mètres de longueur. En voici une dont les feuilles ressemblent à des feuilles de chêne étroites. Sur ces feuilles sont des globules qui sont, dit-on, pleins d'air, et la soutiennent sur l'eau. Peut-être et plutôt sont-ce des galles comme cellçs que l'on voit sur les feuilles de chêne terreslre qui servent d'asile à des insectes. D'autres herbes ressemblent à des mousses; aucune mousse n'a un plus joli feuillage ni de plus fines découpures ; elles sont de toutes les nuances de la pourpre, depuis le rouge presque orange jusqu'au violet.
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Dans un hiver que j'ai passé à Étretat, étant encore fort jeune, j'avais recueilli une très-grande .quantité d'herbes marines ; je les avais étalées etdis- ' I posées dans un énorme cadre que m'avait fait un menuisier du cru. C'était un tableau très-curieux et très-intéressant, et qui sans doute aurait pu être <Je quelque secours à la science très-incomplète sur la Flore marine. Peu de savants passent un hiver, '^s pieds dans l'eau, à cueillir des herbes, et les ^^Dipétes de l'hiver apportent sur les plages beau- ^oup de plantes arrachées à des profondeurs inaccessibles. Obligé de revenir à Paris précipitam- ^^^l^ je laissai mon cadre chez l'aubergiste, en ^'^Honçant que je le ferais prendre à la première ^^casion. Un jour, je trouvai, chez mon portier, à ^Hs, le cadre vide avec ce mot : « Monsieur, j'ai ^^^ vous être agréable en me chargeant de vous apporter un cadre que vous aviez laissé à Étretat : '' ^î jeté des herbes qui étaient dedans ; mais j'ai ^^Ussi à ne pas casser le verre. — Votre dévoué. » Je veux bien ne pas imprimer le nom de ce mal- ^^Ureux, qui est un peintre ; mais, si ces lignes tom- ^^nt par hasard sous ses yeux, il y verra pourquoi i^ ne l'ai pas remercié, et pourquoi il m'a trouvé
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absent lors des quelques visites qu'il a bien voulu me faire depuis.
La mer a jeté sur le rivage quelques objets qui ont la forme d'une étoile grande comme la main, et sont de couleur orange. La plupart ont les cinq pointes que l'on attribue aux étoiles. On en a trouvé au confluent du Sund qui avaient jusqu'à treize rayons. On en apporte des Indes qui en ont trente-huit, mais on les appelle soleils de mer. Il y en a sur les rivages de la Méditerranée qui sont armés de longues épines.
Mais l'espèce la plus ordinaire est divisée en cinq rayons; elle est revêtue à sa surface d'un cuir granuleux, chagriné, de couleur qui varie de l'orange au brun rouge. En dessous, chaque rayon est couvert d'une multitude de fausses jambes ; on en a compté sur une seule étoile près de seize cents. Ces fausses jambes sont des suçQJrs assez semblables aux cornes des limaçons; ces jambes ne les portent que très-lentement d'un lieu à un autre, mais leur servent principalement pour se fixer sur les pierres, sur le sable, ou sur les coquillages dont elles se nourrissent. Au milieu du corps est une ouverture sphérique, c'est la bou-
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che de l'animal ; autour de cette bouche se trouvent cinq dents osseuses. Tenez- vous pour averti que cela e§t vivant, mange et a des dents ; autrement, vous risqueriez fort de ne pas vous en apercevoir, et de prendre les étoiles de mer pour quelqua chose qui tiendrait le milieu entre les pierres et les éponges.
Quel est ce fruit? est-ce une châtaigne dem'er? Il
est carré, en forme de coussin ; chacun de ses
coins est muni d'un appendice; son écorce a la
consistance eU un peu la couleur des fruits du châ-
^^igrier : ce n'est pas un fruit, c'est un œuf; c'est
^^ œuf de raie. Longtemps on a pris ces œufs
pour une végétation ; plus tard, on a cru que c'é-
^^ît un animal, qu'on a appelé rat de mer. La raie
^^ pond pas, comme les autres poissons, des mil-
**^ï*s d'œufs à la fois, presque tous les œufs s'ou-
^^nt et éclosent dans le corps de la raie, et sortent
^^ccessivement par un, deux et trois, en apparence
1^ manière des animaux vivipares, maisenréalité
^^ïtime ceux de certains serpents qui n'en sont pas
^^iiis classés dans les animaux ovipares. Quelques
^^f s cependant, chassés dehors, flottent au gré des
^^Ux ou restent dans les herbes. Alors, les raies
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naissent comme les autres poissons et se passent cette incubation intérieure. Ouvrons cet œuf. Vo i^^^ toute vivante la petite raie, large comme l'ongle -^3- ^ pouce. L'embryon de raie traîne à son ventre u ^^"^^ partie du jaune de Tœuf dont il tirera sa nour:»:^ i" tu re encore pendant quelques jours; puis, hvcm^^' sure que le poisson grandira, le jaune diminua :«^a et finira par disparaître.
Je vous parlais tout à l'heure de poissons c^'^^i pondent des œufs par milliers; c'est peu : dans I^ genre des gades, genre qui contient les moru.^^^ les merlans, les merluches, etc., on a trouvé dstos une seule femelle plus de neuf millions d'œuf^» assure M. de Lacépède.
Vous me demanderez comment on est parven ti à compter neuf millions d'œufs? Par un procéda très-simple. On pèse la masse des œufs d'un poî^" son, ensuite on en sépare une petite partie' qti l'on pèse également ; on compte ce que cette petî partie contient d'œufs; on n'a plus qu'à multiplia le nombre des œufs trouvés dans cette petite parti autant de fois que le poids de cette portion est cot% ^' tenu dans le poids de tous les œufs réunis. Ch^ï"" chons un peu dans les flaques d'eau que la mer ^
laissées entre les roches, nous allons trouver d'au-
tros œufs sans doute', dont la configuration n'est
pa,s moins singulière que celle des œufs de la raie.
Voîci précisément ce que nous cherchons.. Il semhlo
vo î r une grappe de raisin noir; cotte grappe est
foi^mée d'œufs agglomérés ; ouvrez un des grains,
vous reconnaîtrez la petite sèche en son entier ; on
distingue très-bien .ses yeux, son corps, l'os qui le
couTre, et le sac où la liqueur noire est contenue.
ï^rà Languedoc, ces grappes sont désignées sous le
nom de raisin de sèche. La sèche est encore plus
sïrigulière que ses œufs. Approchons-nous de ce
P^'^c entouré de filets, dont le pêcheur retire les
Paissons, il serait bien étonnant qu'il n'y eût pas
î^ielque sèche parmi ces poissons. En voici une. La
^èche est difforme; sa tête ressemble en fort petit à
'^ téie de l'éléphant. L'animal, auquel on donne,
"*^s les livres, jusqu'à deux coudées de long, ne
sôst jamais présenté à.moi plus grand qu'un pied
et rï
'-■'^Xni ; il porte sur le dos, sous la peau, un os
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^^c, fongueux, que Ton voit si fréquemment, sous
^ ^om de biscuit de mer, accroché dans les cages
^^ oiseaux qui, assure-t-on, y aiguisent leur bec.
^^ écrivains s'en servent pour effacer l'écriture
sur le papier, les orfèvres, pour y creuser les mo les des petits objets. La sèche porte à rextrémité la tète huit trompes garnies de petits suçoirs m* biles qui lui servent à saisir et à retenir sa proi( deux autres trompes plus longues lui servent d'su crepour se tenir aux rochers. Au centre decestroi pes est un bec qui paraît de la substance de la coi et qui, pour la forme et la couleur, ressemble à msm. :» bec de perroquet. Dans le ventre de la sèche est u. :k^^^^ vessie remplie d'une liqueur très-noire, que Citz^^ron a appelée encre, et dont Perse prétend qu*c:^B se servait de son temps pour écrire. On assti.:»^^ que celte liqueur noire, mêlée à de la pâte de ri ^) compose l'encre de Chine. J'ai entendu direp^'* des pécheurs, et j'ai lu dans des livres que l^s œufs dont nous avons trouvé une grappe, soi*^ blancs au moment où la femelle les pond, nraîs que le mâley répand de cette liqueur qui les teî»* en noir.
Ce qu'il y a de certain, c'est que la sèche lan^e au loin cette liqueur, qui colore l'eau et l'entoure d'un nuage noir qui lui permet, soit d'échapp^^ à ses enneinis, soit de surprendre sa proie.
Quand la sèche est hors de l'eau, elle tousse aussi
CINQUIÈME PROMENADE llo
' fort que pourrait le faire un homme. On ne se représente pas volontiers un poisson enrhumé; mais, si nos rhumes sont causés par le brusque changement de fluide ou de température, nous comprendrai! s qu'un poisson s'enrhume chez nous comme nous nous enrhumons chez lui. II est évident que '6 poisson hors de Teau meurt asphyxié dans l'air*, hors duquel nous ne pouvons vivre, absoluirxent comme nous mourons asphyxiés dans l'eatxj.
Si la sèche nage fort vite, en revanche voici un anixiaal qui ne marche guère et peut-être ne marche pas. du tout. Je ne l'ai jamais vu qu'adhérent à quelques roches que la mer ne laisse découvertes qu'à la marée basse. Nous en voici tout entourés ; ^^ l'appelle anémone de mer. En effet, quand il s erxtr'ouvre et qu'il laisse voir ses petites trompes, oû croirait admirer des anémones doubles; le ^^^Ps circulaire représente les grands pétales extérieurs de la plante^ et les petites trompes les pétales étroits du centre. Ce n'est pas seulement ^ *^rtne, mais c'est aussi le coloris qui lui donne * cette ressemblance singulière. De ces animaux ^^^Hges, les uns sont couleur de pourpre ,
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l'autres verts, d'autres panachés de différenl^^ ouleurs. Tout est bizarre dans cet animal ; s'il ^* erme et s'épanouit à la manière des plantes, il ?^^^ eproduit comme certaines d'entre elles, c'est-s lire de drageons. De petits globules informes iétachent de l'anémone de mer, et, en quelqu nois, s'organisent et deviennent des animaux paa aits. C'est ainsi que se propagent les anémones qu ious cultivons dans nos jardins. Si celles-ci se mul iplient également par leurs graines, peut-ôtr 'anémone de mer pond-elle des œufs comme I )lupart des habitants de là mer. Rien ne se re emble comme les œufs des animaux et les graine les plantes. La tortue ne confie-t-elle pas ses œu lu sable et ne les donne-t-elle pas à couver a oleil, comme font les plantes de leurs graines?
Un autre rapport qu'a encore l'anémone de me ivec les plantes, c'est que, si on en coupe une petit )artie, cette partie ne tarde pas à repousser et à s eproduire comme si l'or^ avait coupé une branch l'arbre. Peut-être l'anémone de mer reprendrai" îUe de bouture ?
Quand on trouve l'anémone *panouie, si ouche doucement de l'extrémité d'un bâton I
-petites trompes qtii figurent les pétales de la plante, l'animal se resserre, les retire brusquement et lance assez loin. un petit jet d'eau claire.
L'anémonedemerse nourrit de petits coquillages; elle ne choisit pas, comme vous le pensez bien, ceux qui peuvent lui échapper par une* fuite, quelque lente qu'elle soit. Nous la trouvons entourée de petites moules un peu moins grosses que l'ongle du petit doigt.
L.« moule. — Comment elle marche. — Les cent cinquante câbles de la moule à Tancre. — L'ortie de mer. — Bernardin de Saint-Pierre. — Le papillon à quatre ailes. — Les lépas. — Voyage de huit pouces en une minute. — Les éponges. — Les tarets, petit animal plus redoutable à la Hollande que Louis XIV. — L'arselin. — Sa morsure. — La rascasse. — Au revoir.
La moul e s' appel 1 e caïeu dans beaucoup d'endroi ts ^e nos côtes. Un médecin hollandais, appelé van ïleyde, a fait soigneusement Tanatomie des nToules ;
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il leur a trouvé une langue, de I^ graisse, des intestins, un foie, des cornes. Réaumur, le plus exact observateur qui ait jamais existé, soutient que les moules marchent. Je n'ai pas fait à ce sujet d'observations personnelles, liaais j'ai répété sur d'autres sujets deux cents expériences de Réaumur, et jamais je ne Tai trouvé en défaut sur un seul point: c'est d'ailleurs un savant d'une étrange sorte. À chaque instant, il dit : c Je ne sais pas, » avec une bonhomie qui a un charme inconcevable chez un homme qui savait • tant de choses et qui a tant découvert et tant enseigné aux autres. Voici à peu près ce que dit à ce sujet Réaumur; je dis à peuj)rès, car je n'ai pas le texte sous les yeux:
Ouvrez la coquille d'une de ces moules, remarquez une partie d'un brun noir, placée dans le milieu de la moule, et qui a la forme à peu près de la langue d'un animal. Cette partie est à la fois le bras et la jambe de la moule. Quand la moule se laisse prendre par des désirs vagabonds, elle entr'ouvre sa coquille, et en fait sortir cette jambe, qui s'étend quelquefois jusqu'à unelongueurd'unpouce. Elle tâtonne et reconnaît le terrain, puis elle replie
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'extrémité de cette jambe et se cramponne à quelque