‹ Promenades au DahomeyChapitre 12 sur 27 · Auteurs cités · texte numérisé non relu

Auteurs cités

encore quelques années enire Afjoué et le Petit Popo, puis, ordce aux bons oriices des miasiouniiires établis dans l(! pays, la paix se Ht et depuis 1863,eneii'aplus élé troublée.

Au commencement du xvii' siècle ces 5 royaumes se trouvaient fondus en Iroîs : Wydah, capitale Ravi ou Xavier, qui prenait, du littoral, depuis ce qui est aujourd'hui la limite occidentale du Dahomey jusqu'au lac Denham ; Ardra, capitale Allada, touchait à la mer par Kolonou, Porlo-Novo et Co ; Fouin occupait le- nord d'Ardra.

On passera les luttes entre Koto et Popo, puis entre Ivo(o, Popo et Juidah pour arriver aux origines des divisions les plus récentes.

Le premier roi d'Allada (Ardra) fut un Egba nommé "\ éfjou, qui ayant commis quelnue crime s'enfuit de son pays et vint s'établir avec sa femme et ses esclaves il Allada.

Cependant, il ne porta pas le titre de roi, que prit seulement son rd8(ouBon petit-fils) Kopon.

Les royaumes de Dahomey et Porto-Novo furent fondés de 1610 à i630.

Vers 1610, le roi d'Ardra Kopon, étant mort, ses trois fils avec chacu:i une armée de partisans se disputèrent le pouvoir qui resta au second, nommé (lounouijougoung, lequel garda Allada pourcnpitale.

L'aîné s'empara de quelques provinces de l'osl, et les érigea en royaume de Porto-Novo. Le cadet des fils, nommé Tacoudanou, se réfugia auprès de Da, roi de Fouin, qui lui donna des terres, et même sa fdie en mariage. Da fut récompensé de sa générosité par la plus noire ingratitude. Tacoudanou ne cessait de lui demander de nouvelles terres : « Ton intention lui répondit un jour impatiemment son beau-père, est de bâiir des cases jusque sur mon ventre ! s Le roi de

Fouin ne savait pas parler si juste. Tacoiidanou, lorsqu'il eut groupé autour de lui assez d'aventuriers, marcha contre son bienfaiteur, le ballit et le fit jeter tout vivant dans une fosse, au centre de sesierres, en un endroit qu'on nomma Abomey etoù le prince ingrat fil élever un palais qui prit le nom de Dahomey (Ventre de Da), Ce no-n est resté au pays en'ier. Le royaume de Dahomey était fondé.

Pour en finir avec If; royaume d'Allada ou Ardra disons que llnunougou^oung fils de Kopoy eut pour successeurs Lamadjé, Bagoué, puisAchada qui régnait lorsque Guayja Troubo, 4'' roi du Dahomey (1708-1732). voulant être maître de la côte pour être maître du commerce des esclaves, jeta une arméenombreuse sur le royaume d'Ardra et s'empara de la capitale Allada, (1724), ce qui fit tomber plus lard tout le pays en son pouvoir. Puis il s'empara de Sabi (ou Savi) capitale de Juidah et de ce pays. Des auteurs contemporaioa donnent sur ces événements les détails suivants :

Pendant que Snelgrave se trouvai! à la cour d'Ardra, « il vit arriver des ambassadeurs d'un grand monarque, qui venaient avenir le roi que plusieurs de ses sujets avaient porté des plaintes à leur maître et lui déirlarer de sa part que si les gouverneurs du royaume d'Ardra ne traitaient pas le peuple avec plus de douceur, il sérail obligé, contre ses propres désirs, de marcher au secours de ceux qui demanderaient sa protection.

Le roi d'Ardra reçut cette menace avec un sourire et pour faire éclater lo mépris qu'il en faisait, il envoya les ambassadeurs au supplice. Après celte insulte le monarque des terres inférieures fit entrer dans le royaume d'Ardra une armée d'un million d'hommes (1)

t. Si puissant que put être ce royaume des lerresintérieures.

qui porlèrent de tou3 crttés le ravage et la désolation.

Son général retourna chargé de butin el s'attendait à recevoir des ri^compenses du roi son maître ; mais ce fier monarque le fit pendre à son arrivée parce qu'il ne lui avait point amené le roi même d'Ardra dont sa vengeance demandait la tête plutôt que la ruine de ses sujets. Il y a beaucoup d'apparence que cette nation redoutable, dont l'auteur ne nous apprend pas le nom, est celle des Oyoa, ou des Oycos.... ou los, qui ont la mer pour fétiche national, mais à qui leurs prêtres défendent par respect d'en approcher et de la voir. Snelgrave apprit ces circonstances d'un mulâtre portugais qui avait été longtemps prisonnier à la cour de Dahomey.

Dans ces derniers temps (1720 à 1825) les nègres d'Ardra n'ont point eu de plus mortels ennemis que ceuï du Dahomey, et l'on a déjà lu dans plusieurs relations que leur pays est devenu la proie de ces barbares vainqueurs. La nation et le pays des Dahomeys n'ont été connus qu'à l'occasion de leurs conquêtes et de leurs cruautés. Snelgrave raconte que leur roi sacrifia dans un seul jour à ses idoles quatre mille nègres de Juidah, et qu'il fit donner la mort à plusieurs jeunes prisonniers de la nation des Tuffos pour accompagner dans l'autre monde quelques-unes de ses femmes.

Le principal fétiche des Dahomeys n'est dans leur

ce chiffre d'un million d'hommes semble excessif. Snelgrave s'est flé k l'estimation du narrateur indigène. Ce royaume, était évidemment celui de Fouin, Fods ou Foy ; le voyageur ancien en nomme les habitants Oyos, Oycos ou los : la superstiiion nationale, populaire, dont il est parlé plus loin permet d'identifier ce peuple avec celui qui formait le fond de la population lora de la fondation du royaume de Dahomey.

opinion qu'un génie subordonne à quelque Dieu plus puissant qui pourrait bien être, disent-ils, le Dieu des Européens.

Mais comme ce Dieu ne s'est pas fait conuaitre dans leur pays, ils croient devoir se borner au génie qu'ils adorent. Leur roi ne se laisse voir à personne dans les jours consacrés au fétiche (1) ».

Il est à remarquer que la superstition ne lut pas étrangère à la chute du royaume de Juidah lorsque ce dernier tomba comme on l'a dit sous les coups des « Dahomeys ».

D'après une tradition recueillie par le R. P. Borghère, fondateur de la Mission catholique de Wydah, le roi du Dahomey réclama au roi de Juda un passage libre {vers la mer) pour ses marchandises. Ce dernier le lui ayant refusé il marcha contre lui.

Un marais très difficile séparant les deux royaumes et les fétiches ayant déclaré que les dahoméens ne parviendraient pas à surmonter cet obstacle, le roi de Juda se crut en sûreté dans sa capitale de Savî et ne songea guère à une résistance sérieuse. Mais l'ennemi jeta un pont sur le marais et s'empara de Savi (février 1727). La ville fut mise à feu et à sang et le reste du royaume ne larda pas à ôtre réduit ».

Après avoir lu cette relation, il serait curieux de savoir si le roi du Dahomey n'avait pas pris conseil de ses propres fétiches avant de marcher contre Juda,

Malheureusement on ne sait rien là-dessus.

i. Voyage de Snelgrave ; Kelutioiia tle Piiilipps, de Barbut, Boaman, eto.

A partir de l'époque dont nous venons de retracer les événements [es plus Baillants, on a sur l'histoire des royaumes de Dahomey et de Porlo-Novo des renseignements certains.

Nous allons poursuivre le résumé de celle du Dahomey.

Nous parlerons ensuite de celle de Porto-Novo.

I.a succession au trône des rois de Dahomey est parfaitemenl connue (1).

Rappelons que, à la suite de dilTiÎpenles circonstances, les anciennes monarchies qui possédaient U Côte des Esclaves et pays intérieurs firent place, comme on vient de le voir, à deu.\ royaumes, le Dahomey et l'orlo-Novo, Il existait de plus, à l'Ouest, le royaume ou territoire des Popos qui en fait était indépendant, et le royaume d'Allada ; cette dernière ville avait bien été conquise par le Dahomey, dont elle fut d'abord une province, mais douze ans après la conquête par Gouadja Troudo elle fut avec son territoire <5ri(jée en principauté qui vécut en quelque sorte sous le protectorat dahoméen jusqu'en 1879, avec des phases diver- .ses dans la manière dont elle fut youvernée.

Le fondateur du royaume de Dahomey proprement dit fut, comme on l'a vu, un aventurier : Tacoudounou, troisième fils du roi d'Ardra, qui se créa une monarchie au détriment de son bienfaiteur.

En I650Onegbaja lui succéda sous le nom d'Adanzoïid et eut lui-même pour su('ces3eur en 1080, Acaba qtiâ porta sur le Irône le nom de Vibagie, Ensuite vint (ITOSw Guadja Tondo, le conquérant qui élargit considérable-ment son patrimoine aux dépens des pays voisins.-

!. Elle a été reoonatituÉepar le P. Bouche, raissionDaire, d'après ( qui nous la donnons.

Bessa-Abadée, qui avant de régner s'appelait Teylics- 80U, lui succéda en 1732 ; son règne dura quarante-deux ans et ne cessa qu'à sa mort. Il guerroya longtemps contre les Popos, les Mahis el les Egbas ses voisins mais ne relira rien de ces guerres. Il s'empara en 1741 (novembre) du fort portugais de Wydah, dont il massacra la garnison.

Après lui régnèrent, à partir de 1774 : Pîngba qui porta le nom d'Adanzou II ; de 1789, Ossou qui s'appela Ouinouhïou; de 1807 Agonglo, connu sous le nom d'Ebomi.

Tous CCS derniers règnes avaient été assez pacifiques. Il devait en être autrement de celui deKpon, qui monta en 1810 sur le trône sous le nom d'Adendozan, qui Tut à tous égards le digne prédécesseur de Behanzin.

On raconte de ce roi des iraits de cruauté el de tyrannie qui dépassent toute imagination. Ce fui lui qui institua, non pas les sncrifices humains qui avaient été pratiqués presque de tout temps, mais les Grandes coutumes qui firent de ces boucheries des cérémonies périodiques.

Le vol, le meurtre, la viol, le rapt étaient pour ainsi dire des délassements pour lui : il était d'ailleurs presque toujours ivre. Il paraît qu'il ne voulait pas manger de maïs si on ne l'avait récollé dans un champ jonché de cadavres.

Cet affreux brigand finit enfin par être détrôné et par mourir mystérieusement. Mais on se tromperait beaucoup si l'on supposait que le règne de ce despote fut brisé par un de ces mouvements irrésistibles qui portent les peuples soulevés par l'amour de la justice, à tout braver. Ceux qui ourdirent le complot qui coûta le trône à Adendozan étaient des marchands de bois d'ébène etce qu'ils reprochaientsurtout au tyran c'était de consommer tellement d'hommes dans ses sacrifices

et autres divertissements analogues, qu'il n'en restait plus pour la traite !

Ces deux personnages, plus célèbres par leurs actes que par le mobile qui les poussa à les comnaettre. étaient un mulâire brésilien (portugais), Félix da Souza et un portugais nommé Domingo Martin. Le premier était fixé à Oui'dah (Wydah) où il jouissait d'un crédit qui s'étendait jusque dans le pays des Popos : le second faisait à Godomey et à Kotonou de grandes affaires qui lui donnaient une influence considérable.

Tous deux s'adonnaient au trafic des esclaves. Riches el puissants à cause de leurs richesses, nos deux négriers conçurent le dessein de détrôner Adendozan et de faire nommer à sa place son frère Mandogoungoun (qui prit pour régner le nom de Ghézo). Celui-ci entra dans le complot et entraîna dans son parli un grand nombre de chefs et de nègres.

Cependant, les agissements finirent par transpirer. Adendozan n'osa sévir tout de suite : il crut prudent de dissimuler et d'attendre, donnantàGhézo, en public, des témoignages d'une feinte amitié. De part et d'autre, on s'observait.

Adendozan voulut user di; fourberie. I! proposait de tuer un esclave sur le legba (fétiche de Ghézo et de laisser la lôte auprès de l'idole, afin de compromettre son frère en lui imputant une action que le roi seul peut se permettre d'après les coutumes du pays.

Ghézo sut empêcher l'exécution de ce projet. Enfin, l'occasion se présenta à lui de tenter un coup de main. Le roi avait mis aux fers un des pages de son frère Ohoué, exerçant sur lui sa cruauté. Ghézo intervint en faveur du page et n'obtint qu'un redoublement de mauvais traitements. Le peuple, tenu au courant, éclate en plaintes et en murmures ; on s'agite, on se soulève, on se porte en foule au palais dont on enfonce

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