‹ Promenades au DahomeyChapitre 13 sur 27 · SI · texte numérisé non relu

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les portes ; on permel aux femmes de reyayner librement leurs demeures ; oa massacre ceux qui résistent, on arrive jusqu'au roi et on charye de chaînes ce tigre toujours avide de sany 1

Gliézo n'avait plus qu'à accomplir le cérémonial de l'iûlronisation royale : il fit battre te lam-tam et prît possession du siège qui sert de trône au souverain ; il envoya ses émissaires dans tout le royaume et partout il fut acclamé roi avec enlhousiasme (1820). La chute de Adendozan fut saluée de toutes paris par des fêtes el des réjouissances publiques. A peine quelques chefs osèrent-ils désavouer la révolulioa:on les massacra ainsi que leurs partisans. On jiita en prison les enfants du roi déchu « et l'on n'a plus entendu parler ni d'eux ni de lui ! » (C'est ainsi que l'on s'exprime pour dire qu'on fait mourir quelqu'un en secret).

Ghézo se montra reconnaissant envers Francisco da Souza et Domingo Marlins qu'il appelait ses frères. Il était leur associé pour la traite, el il aimait surtout les conseils de Souzh, pour lequel il créa le titre de Ghacha lui accordant le premier pas parmi les blancs. Francisco mourut en 1818 et fui remplacé d'abord par son fils Isidore, mort en 1855, et ensuite par son second filsCliico (1) ».

Ghézo, bien conseillé par ses « frères » avait le plus grand désir de régner honnêtement, (tout en continuant cependant à favoriser el même à pratiquer la traite, qui n'était pas encore regardée par les Européens comme un crime). Il tenta de ramener le peuple à des mœurs plus douces, et d'introduire quelques réformes bienfaisantes dans le gouvernement. Mais il avait compté sans la « caste sacerdolale », sans les

i. Dahomey : Notice de l'Ofiice colonial, 1900.

félicbears doal ies idées libérales mcoaçaier ner l'iaflueDce. Ce fat surtout à l'occasioa du projet, formé par Gbézo, de l'abolition des sacrificeshuroains, que leur animostté se déclara.

€ Ce soDl eux, dil le P. Dorgère, qui ont établi ces lois atroces d'après lesquelles s'immolenl des milliers de Tictimes humaines. Ghézos'opposa tant qu'il putà sacrifices. Uien plus ses priocipales victoires oui été remportées sans effusion de san()... Dans la guerre tactique consistait à envelopper l'eanemi peu à peu et presque à son insu, et à ne lui laisser d'autre ressource que de se rendre... Pour apaiser la soif infernale des féticheurs, le roi Gbézo avait l'habiludede réserver les coupables condamués à mort el de les faire exécuter tous à la fois. A ce que tout le monde dit, celle humanité du roi lui coûta la vie. Oue celte opinion soil vraie ou fausse, peu importe ; toujours esl-il qu'après sa dernière guerre au lieu de mettre à mon tous les prisonniers comme lesiélîcheurs l'e-^igeaient impérieusement, il en fît don aux personnes qu'il voulait enrichir : c'est alors que le féliche (le poison des féticheurs) le tua, comme disent les dahoméens >. Cet événement arriva en 18ô8.

La mort de Ghézo faillit être le sitjnal d'une révolulion qui eût profondément bouleversé les mœurs du Dahomey. En effet, les chefs appelés à lui donner un successeur étaient divisés en deux partis : celui de l'ancien roi el des idées nouvelles, qui aurait voula abolir les sacrifices, elle parti «vieux dahoméen »qi entendait les maintenir. Ce fut malheureusement CQj dernier qui l'emporta. Les « sacriHcistes » si l'on pea|^] inventer pour eux ce leime, élirent Bahadou, fils de Ghézo, qui prit le nom deOlé-Glé. Avec ce roi, le Dahomey vit refleurir les sanglantes coutumes. Pour se procurer des sujets de sacrifices, plutôt que pour les be-

soins de sa politique, Glé-GIé fit la guerre aux Mahis et aux Egbns. Comme il en fut vainqueur, il n'hésita pas à prendre, propria molu, le surnona de Kini-Kini, qui sîc|nifie /e Lion des Lions. A la fin de 18K9 il mourut et fut remplacé par un personnage nommé Kondo qui devait le surpasser en despotisme, eu astuce et en cruautés, et qui restera célèbre sous son nom royal de Béhanzin.

Il est curieux de remarquer que l'on n'a pas vu se commettre en Porto-Novo les crimes qui souillent la mémoire des monarchies du Dahomey, bien que ces deux royaumes aient une origine commune, et se ressemblent par beaucoup d'autres points.

Les rois de Porto-Novo ont même toujours affiché leur cousinage avec ceux du Dahomey : ils ont toujours fait suivre leur titre de celui-ci ; Prince royal de Dahomey, il est vrai que l'on est moins bien renseigné sur l'histoire de Porto-Novo que sur celle du Dahomey : mais il est probable que s'il y eût eu dans le pays de Porto-Novo des lois aussi dures, des sacrifices aussi eiïroyables que dans le pays voisin, cela eût été conservé par la tradition. Mais les princes Porto-Noviens semblent avoir toujours été plutôt pacifiques, paternels, plus occupés de commerce et d'agriculture que de pillage chez les autres.

On se rappelle qu'un fila du roi d'Ardra, frust.'é par son frère, se réfugia dans l'est du royaume et de quelques provinces se fit la principauté ou le royaume de Porto-Novo. C'est là une tradition. Suivant une autre, le royaume aurait été fondé seulement après que, en 1725, Guadja Troudo, roi du Dahomey, se lut

emparé d'Allada (capitale d'Ardra). Le tondateur en aurait ëlé tout de même ce iils du roi d'Ardra, dépossédé par son frère, et qui, lors de l'usurpation se sérail en premier lieu réfugié à Jakin (petit royaume ou principauté de ta CAle, au sud-est de Jnidah). A la suite de l'invasion de Guadja Troudo en Ardra, ce personnage nommé Até-Agbanlîn se serait enfui plus encore à Test et aurait fondé alors le royaume de Porto-Novo.

Il faut observer ici que d'après la première tradition le fondateur de Porto-Novo étail le frère de Tacoudounou, londateur du Dahomey, et que ce dernier pays eut trois rois depuis et y compris Tacoudounou. au moment où Guadja Troudo, le qualrJème .s'empara du royaume d'Ardra.

D'après la deuxième, qui place la fondation de Porlo-Novo après la chute du royaume d'Ardra entre les mains de Guadjit Troudo, Até-Agbanlia n'aurait été qu'un descendant du personnage qui, spolié par son frère de sa part du rojaume d'Ardra, se serait réfugié en Jakin.

Dans le premier cas, le royaume de Porlo-Novo aurait été fondé de quatre-vingt à quatre-vingt-dix ans plus tôt que dans le second.

Tout cela n'offre au fond qu'un médiocre intérêt : l'essentiel est que le royaume de Porto-Novo fut bien fondé par un certain ,\lé-.\gbanlin, assez brave homme, qui mourut très vieux et après leqliel régnèrent successivement ses cinq fils, dont voici les noms : Déacpo», Déloucpon, Déhoudé, Démécé, Dehoungni.

Les règnes des deux derniers méritent seuls une meution.

Démécé défendit avec succès son pays contre les Dahoméens. Il fit quelques conquêtes dans la vallée de l'Ouémé. Sous son règne, les indigènes commencèrent à commercer avec les blancs.

Dehoungni favorisa la venue des vaisseaux européens dans son royaume : il fit avec eux un commerce actif d'esclaves.

Après ceux-là les rois de Porto-Novo furent : Dechegnon, fils de Déloucpon, {ce Déloucpon eut dfiux autres fils : Déoufon el Ouézé), Decbegiion fil la guerre aux Dahoméens avec succès ; il alla môme à une époque ruiner Godomey et Abomey-Calavi mais perdit beaucoup de monde. Ce prince a dû régner très longtemps, car dans son expédition contre le Dahomey il était accompagné d'un de ses fila né depuisson accession au trône et alors iîgé de plus de vingt ans.

Déaicpé.fils de Démécé, régna peu de temps et sang incidents.

Adjoan, fils de Déhoudé. Ce fut un roi sage et humain. I[ régna fort longtemps et le commerce des esclaves devint 1res prospère sous son règne.

Afaton, fils de Déacpon. U ne régna que très peu de temps et mourut empoisonné par les féticheurs.

Déoufon, fils de Déloucpon, père de Sodji et grandpère de Tofa 1°'' Sou règne fut court et sans incidents notables.

Tofa I" fils de Déhoungni. Régna trois ans environ et fut un Prince très pacifique.

Ouézé, fils de Déloucpon. Fit sans succès la guerre contre Badagry, où s'étaient réfugiés un certain nombre de princes dissidents de Porlo-Novo ; les gens de Badagry, par contre, s'emparèrent de tous les villages voisins de la lagune jusqu'à la rivière d'Adjarra.

Tognnn, flls de Démécé, était intelligent, énergique et possédait le sens de l'organisation, il s'occupa surtout de mettre de l'ordre dans le pays et fit exécuter quantité de malfaiteurs.

Méhi, fils d'Adjoan, ne régna que quelques mois et périt assassiné, par les féticheurs.

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Nt'ppna, lil» de Toijnon, succéda au précédent (11 litvru'r tKtl4). Homme cruel et vindicatif, il fut peu ulUiit du Mon peuple, auquel il fit regretter le règne |>iili>rii«l de Sodji.

C.irco:ivenii adroilcmeiit par les Anglais de la colonie de Lagos, il se prêta à diverses intrigues contre

Son altitude obligea l'amiral LafTon de Ladétiat à amener le pavillon français à Porto-Novo (23 décembre 1S64). Le protectorat fut ainsi momentanément abandonné. Ce que voyant, les agents de Lagos redoublèrent d'arlifices pour amener les Porto-Noviens à demander à leur roi de placer le pays sous le protectorat anglais. Pendant ce temps les Dahoméens, poussés peut-être par les Anglais, dans le but de faire apprécier aux Porto-Noviens la nécessité de leur protection, firent maintes incursions dans le pays. Par bonheur ceci n'eut pas plus de résultat que cela. Porto-Novo éta;t encore complètement indépendant lorsque les féticheurs, las du régime de Meppon, empoisonnèrent ce monarque (28 mai 1872).

Mesy, fils de Ghézo lui succéda (4 juin 1872). Ce prince, après deux ans de règne, mourut dans un combat contre les Egbas. Ce fut là ce qu'il fit de plus . remarquable, ayant passé k s'enivrer le temps qu'il resta sur le trdae.

ToEfa II, notre ami et protégé actuel, fils de Sodji, et qui s'appelait avant de régner Bassy, succéda à Mesy, (16 septembre 1874). Du vivant de son père, Toffa eut à soutenir de grandes luttes contre la cour. Sa vie fut même en danger. C'est pourquoi il s'était échappé de Porto-Novo, et vécut assez longtemps à Layos, où d'ailleurs il sut résister aux avances dont les Anglais l'assiégèrent, sachant que le trône de

Porto-Novo devait lui revenir i

i jour.

— 8fi —

Sodji, fila de Déoufou. Il succéda en 1851 h Méhi. C'est suus son rè(jne, et dès lu début, que les Anglais vinrent s'étahlir à l'embouchure de l'Ougon d'où ils chassèrent le roi indiijône, nommé Kosoko, dont les fds se réTugièrent en Porto-Novo. L'élablisseraent des Anglais en cet endroit fut le noyau de lacolonie de Laf|Os. l'eu après (18.jS), les Augliiiss'eiTorcèrent deconclure un traité avec Sodji, afin de pouvoir s'immiscer dans son royaume et prendre barre sur lui et déclarer leur prolectorat sur Porto-Novo. lis avaient fait de même avec Kosoko, pour gui leur « amitié > avait été plutôt funeste. Sodji craignant d'avoir un jour le sort de son confrère déclina les propositions des Anglais. Ceux-ci (entèrent quelques années plus tard d'obli:nir par la force ce qu'ils ne pouvaient avoir de bon gré, en venant bombarder PorLo-Novo sous le prétexte que Sodji avait élevé des prétentions à la possession du territoire de Badagry qui faisait partie dts territoires sur lesquels les Anglais étendaient leur protectorat (23 avril 1861). Afin de se mettre à l'abri de nouvelles tentatives de ce genre, Sodji sollicita un traité d'amitié avec la France, puis le protectorat français qui fut établi sur le royaume de Porto-Novo par traité du 22 février 1863.

Le règne de Sodji fut marqué, en outre, par une guerre qu'il lit aux gensd'Okéadan, pays situé à l'est de Porto-Novo. Le commerce sous ce roi fut florissant et porta surtout sur les amandes et huiles de palmes: la traite s'éteignit peu à peu sur les côtes, surveillées d'ailleurs par d'incessantes croisières. Sodji était le père de TolTa II (le roi actuel). Il mourut le 3 février ISiii.

Meppon, fils de Togoon, succéda au précédent (Il février 1864). Homme cruel et vindicalii', il fui pi aimé de son peuple, auquel il fil regreltir ii paternel de Sodji.

Circo:ivenii adroitemeat par les Anglais de la colonie de Lagos, il se prêta à diverses intrîguea contre nous.

SoQ altitude obligea l'amiral LaETon de Ladébat à amener le pavillon français à Porto-Novo (23 décembre 1864). Le prolectorat fut ainsi momentanément abandonné. Ce que voyant, les agents de Lagos redoublèrent d'arlifices pour amener les Porlo-Noyîens à demander à leur roi de placer le pays sous le protectorat anglais. Pendant ce leinpa les Dahoméens, poussés peut-être par les Anglais, dans le but de faire apprécier aux Porto-Noviens la nécessité de leur proleclion, firent maiules incursions dans le pays. Par bonheur ceci n'eut pas plus de résultat que cela, Porto-Novo était encore complètement indépendant lorsque les féticheurs, las du régime de Meppon, empoisonnèrent ce monarque (28 mai 1872).

Mesy, lila de Ghézo lui succéda (4 juin 1872). Ce prince, après deux ans de règue, mourut dans un combat contre les Ëgbas. Ce fut là ce qu'il fit du plus remarquable, ayant passé à s'enivrer le temps qu'il resta sur le trône.

ToEîa 11, notre ami et protégé actuel, Hls de Sodji, et qui s'appelait avant de régner Bassy, succéda à Mesy, (Iti septembre 1874). Du vivant de son père, TolFa eut à soutenir de grandes luttes contre la cour. Sa vie fut même en danger. C'est pourquoi il s'élail échappé de Porto-Novo, et vécut assez longtemps à Lagos, où d'ailleurs il sut résister aux avances dont les Anglais l'assiégèrent, sachant que le tn^ne de Vvo devait lui revenir un jour,

Revenons maintenant à l'histoire du Dahomey, et remontons au règne deGlé-Glé (Bahadou,fils de fihézo) le prédécesseur de Behanzîn, et même un peu au-delà. Dès 1856 le ijouvernement français, sur un rapport de l'amiral Boui=l-\Villnumez, avail fait réoccuper nos anciens comptoirs du Gabon et de la Ci5te d'Ivoire : des traités, nous assurant diverses faveurs, furent alors passés entre lei représentants de la France et les chefs indigènes.

En 1861, comme oq l'a vu plus haut, le protectorat nominal de la France avait été établi sur le royaume de Porto-Novo.etil devintun peu plus tard protectorat effeclif. En 1863, le territoire de Kotonou fut cédé à la France (par simple convention qui devait être ratiGée en 1878). Celle cession se fit dans les circonstances suivantes. Ainsi qu'on l'a déjà dit, les Anglais établis à Lagos convoitaient le territoire de Badagry, au sujet duquel ils bombardèrent même Porlo-Novo, et qu'ils finirent par se faire abandonner en 1863 (juillet) sous Je prétexte de vouloir constituer là une sorte de canton tampon entre leur possession et le Porto-Novo, (duquel d'ailleurs ils savaient très bien n'avoir rien à redouter),

fîié-Gté.qui régnait alors sur le Dahomey, et qui avait peut-être jusqu'alors favorisé, consciemment ou non la politique britannique, s'effraya de voir avec quelle décision les Anglais s'emparaient des territoires sur lesquels ils jetaient leur dévolu. I! les vit mettant aussi la main sur le reste de la côte, et finalement envaliijsanl son propre pays. Sous l'empire de ces inquiétudes il commença quelques démarches pour obtenir l'alliance de la France. Sur ces entrefaites, k la fin de 1804, une mission française composée notamment du capitaine de vaisseau Devaux et du vice-consul de Wydah, M. Daumas, s'étant rendue auprès de lui pour

régler dlfTérenles questions, il profita de cette visite pour offrir à notre paya l'autorisation de s'établir à Kotonou, dont il entendait nous céder la possession.

Ce fut seulement en 1868 que l'offre du roi de Dahomey acceptée déjà verbalement fut consacrée par un traité {19 mai) confirmant la cession pleine et entière du territoire de Kotoaou, après avoir relaté les circonstances de cette cession (1).

En échange de celte cession dite pourtant « gratuite» le gouvernement français abandonnait à Glé-GIé les impflls et les droits de douane à percevoir dans l'étendue du territoire (article 2 du traité). Celte clause trouvait sa raison d'être dans celle qui stipulait que les autorités indigènes devraient continuer à administrer le territoire de Kotonou jusqu'à ce que la France en eut pris possession.

En vertu de ce traité, également, les résidents français de la côte étaient tenus d'assister aux grandes coutumes.

On s'explique cette singulière exigence du roi par le désir qu'il avait de montrer à son peuple.par la pré-

1, L'article 1"' de ce traité est ainsi conçu :

« Le roi de Dahomey... déclare céder gratuitement à S. M. l'empereur dea Français le territoire do Kotonou, avec tous les droits qui lui appartieiment sur ce territoire, sang aucune exception ni réserve et suivant les lignes qui vont être déterminées : au Sud par la mer ; à l'Est par la limite naturelle des deux royaumes de Daliomey et de Porto-Novo;à l'Orient, à une distance de 6 lùlomôtres de la factorerie Régis aîné sise à Kotonou suile bord de la mer ; au Nord à une distance de 6 kilomètrBS de la mer, mesurés perpendiculairement à la direction du rivage ».

Ce traité fut rMigè d'accord entre r MM. Bonnaud, agent du Consul de France au Dahomey ; Delay, négociant français à Wydah ; pour le gouvernement français. — Daba, gouverneur de Wydali ; Ghantadou, grand Cabéeère de Wydah; Kokopé, porteur du bâtoQ du roi, pour le roi du Dahomey.

serice de nos nationaux dm

ces solennités efTroya-

, conservé surjcs blancs t suzeraineté.

Eu 1873, à la suite d'une incursion que les bandes c Glé-Glé avaient faite sur le ferriloire des Egbas et h peuplades du Lagos, des vaisseaux anglais bloquèrent la côle de Dahomey et ne se retirèrent qu'après le paiement d'une amende — laquelle Tut d'ailleurs versée en grande partie par nos compatriotes car Glé-Glé ne pouvait ou ne voulut payer et le lilocus menaçait de s'éterniser. Mais ces faits firent craindre k notre gouvernement le renouvellement de dilficultés qui auraient rendu critique notre situation dans le pays. Le capitaine de frégate Serval fui danc chargé de faire signer à GIé-(jlé un nouveau traité, beaucoup plus précis que le premier, dont il confirmait d'ailleurs toutes les clauses, et contenant des clauses nouvelles en notre faveur. En vertu de ce nouveau traîlé, par exemple, les résidents français étaient dispensés d'assister aux grandes coutumes. Tous les résidents et commerçants français devaient recevoir dans le Dahomey une proleclion spéciale ; ils devaient jouir de certains avantages commerciaux, etc., etc.

Mais en vertu de ce traité, les droits de douanes perçus sur le territoire de Porlo-Novo éiïiient perdus pour Glé-GIé : {Anicle 7: En confirmation de la cession faite antérieurement, S. M. le roi Glé-Glé abandonne en toute souveraineté à la France le territoire de Kotonou avec tous les droits qui lui appartiennent, sans aucune earceptiou ni réserve et suivant les limites, etc.).

Certes, celte clause devait être désagréable à. Glé-Gié ; mais elle était formelle : il en connaissait la teneur, et ses envoyés avaient mission de l'accepter comme les autres.

Le traité était bon et valable.

Il semblail que dès lors, plus rien ne dut nous trou- Ller dans la paisible possession de Kotonou ; tout alla bien, en effet, pendant neuf ans ; on va voir comment Glé-Glé obsecva ensuite les traités.

Mais, d'abord, nous parlerons d'un incident qui faillit nous coûter Kotonou el nos établissements voisins.

En 1883, nos établissements de la Côte d'Ivoire et de la Côte des Esclaves furent placés sous la direction politique et administrative du Gabon. Puis ce fut noire agent à Porto-Novo (placé entre temps sous le protectorat français), qui fut chargé de ces élablissemenls ; c'étaient alors : le Royaume de Porto-Novo, le territoire de Kotonou, les territoires de Popo^i (récemment placés aussi sous notre protectorat).

Notre droit à l'occupation était donc par ces faits doublement établi, lorsque le gouvernement porlufjais suivant une certaine interprélation d'un article de la conférence de Eerlin(l) prétendit faire valoirdes droits sur le Dahomey parce que le vieux fort de San-Jao- Baptisto d'Ajuda, appartenait au Portugal, et que d'ailleurs cet Etat considérait Wydah comme une dépendance de la colonie de San Thomé.

Le cabinet de Lisbonne uotilia donc aux puissances « son protectorat sur le Dahomey ». H faut dire qu'il était aidé en cela par les intrigues de ce mulâtre portugais, sujet dahoméen nommé da Souza que Glé-Glé avait fait Chaclia pour le récompenser des services

1. Art. 34. — La puissance qui dorénavant prendra possession d'un territoire sur le littoral africain situé en déliera de ses possessions actuelles, ou qui n'en ayant pas eu jusque-là viendrait à en acquérir et de même la puissance qui y assuraei-a un protectorat, acuompagnera l'acte respectif d'une notification adres^Ëe aiii autres puissances signataires du présent acte afln de les metti'e à même de faire valoir, s'il y a lieu, leurs réclamations.

qu'il lu! rendait comme interprèle et intermédiaire factotum dans ses rapports avec les Européens. Ce Chaclia. comptant tirer du Portugal plus que de son royal maître avait Tait, paratl-îl, signer à Glé-Glé unacle dont le roi noir ignorait la véritable teneur, et qui n'était autre chose que la demande du protectorat portugais. Bref, les l'ortu'jats, forts de leurs prétendus droits et du papier de da Souza, lenlérent d'établir orficiellement leur protectorat, en blessant leur pavillon à Kolonou {janvier 188^) et en envovant à Abomey une mission chargée de prendre la direction des affaires du royaume. On voit d'ici la stupéfaclion de Glé-Glé, qui après avoir désabusé et congédié les Portugais, fit mettre aux fers son astucieux Chacha.

Bientôt. les Portugais, comprenant le mal fondé de leurs prétentions, et ne se voyantd'ailleurs pas en état de faire régner l'ordre dans le Dnhomey, renoncèrent au protectorat et se retirèrent.

Ils se bornèrent à laisser dans leur fort de San Jao- Baptis to d'.Vjuda une garnison de 2 officiers et 25 hommes , ce qui au moins était leur droit strict, le fort leur appartenant en effet.

Cet incident, qui ne manque pas d'an certain comique avait soulevé toutes les protestations auxquelles il fallait s'attendre et mis comme de raison en mouvement la machine diplomatique, de quoi du reste on ne parle ici que pour mémoire.

Arrivons maintenant aux événements de 1S87 etsuivants.

En 1SS7, à la fin de cette année, le roi Glé-Glé, on ne sait pour quels motifs, nï marne s'il avait des motifs quelconques pour agir comme il le fit, fil déclarer au représentant de la France, alors en résidence à Porto- Novo, qu'il refusait de reconnaître la validité du traité de 1878, (concernant la cession de Kotonoo) lequel,

si on se le rappelle, n'était que la coarirmation d'un précédent traité, signé par le même roi.

Par la m?me occasion il sommait notre Résident d'évacuer sans retard Kotonou et même Porto-Novo.

Le gouvernement frani^ais ne crut devoir faire aucune réponse à celte déclaration au moins singulière, que d'ailleurs Glé-Glé ne renouvela pas. Mais il ne cessa dès lors de nous créer ouvertement des difficultés sur la côte, et notamment dans notre possession de Kotonou.

Tandis que la situation restait ainsi tendue entre Glé-Glé et nous, il se passa sur la Côte des Esclaves deux événements importants.

Dès 1881 des agents consulaires français avaient été installés dans les localités importantes des Popos où des factoreries de notre nation existaient déjà depuis longtemps. Eu 1883 tous ces territoires furent réunis sous le protectorat français (décret du 19 juillet 1882). Bientôt le prolectonit fut étendu au pays des Ouatchis (21 juillet 1885) (1).

1. Le protectorat que le guuvernemeiit de la République avait décrété sur le Popos et les pays des Ouatuhis fut notablement réduit par la convention du 24 décembre 18S4 signée à Berlin et ratifiée par les Chambres françaises le 15 février 188(5. Cette ooncesBiou fort généreuse de cotise part avait pour but d'Éloigner les Allemands de nos i-iviérGS du Sud : aile nous coûta Lomé, lîagida, Porto-Seguro et Petit-l»opo, qui (formèrent le Togoland. En janvier 1837, le D' Bayol, lieutenant gouverneui- du Sénégal et dépendances, procéda avec M. Falkeolhal, commissaire impérial du Togoland, à la dÉlerminaiion des frontières franco-allemandes sur la Côte des Esclaves. Lel"févriBr1787 cette commission de délimitation,* établit comme ligne séparatoire entre les Lerritoires français et lea territoires allemands le méridien qui, partant de la côte, -passe par la pointe ouest de la petite île nommée Bayol, siluéG dans la lagune entre Agoué et Petit-Popo, un peu à l'ouest du village lldlakoadji, prolongé jusqu'à la rencontre du 9" degré de latitude uord. (Baron Hulot : Les Telaliom de la Francs avec ta Côte den Enclaves).

Enfin, Kolonou fut occupé militairement (septembre 1885). C'est alors que nos possessions et protectorats Furent dFoupés adminiatratîvement sous la dénomination *( d'étahliasements français du Golfe de Bénin », et rattachés au gouvernement du Sénégal.

Ce groupement administratif comprenait le royaume de Porto-Novo,qui s'était placé sous notre proctectorat comme on l'a dit plus haut, sans relater les circonstances qui entourèrent ce fait historique.

Après son accession au trône de Porlo-Novo, Totïa II désireux d'éviter les tentatives d'iiccaparemenl dont les Anglais avaient menacé le royaume sous le règne de son prédécesseur, sollicita le protectorat français.

Peut-être cette formalité n'eut-elle pas été absolument indispensable pour permettre à Toffa de faire appel en cas de besoin à noire protection.

Meppon avait été lui-môme notre protégé. Notre représentant, l'amiral Laffon de Ladébat s'était retiré du pays, en présence de son attitude hostile : mais le protectorat n'avait pas été révoqué ; il n'était que suspendu et subsistait en droit. Aussi, lorsque Toffa II eut résolu de se placer elfeclivement sous la protection de notre pavillon, sufiît-ild'un décret pour rétablir le protectorat en fait (Décret du li avril 1882). En 1883 intervint, entre le roi de Porto-Novo et la France un traité (25 juillet) définitif, par lequel étaient réglées toutes les questions >e rattachant aux droits et devoirs du protecteur et du protégé. On pouvait dès lors considérer le Porto-Novo comme complètement lié et inféodé à la France.

Cependant, en 1889, Glé-Glé n'hésita pas à envahir le Porto-Novo, sans provocation, sans sommation, sans aucune raison plausible. Au mois d'avril de cette année, ses bandes, firent irruption dans le royaume de notre protégé ; pillèrent, incendièrent

les villaçjes, razziant les biens, le Liétail, les gens. Un millier de personnes environ, hommes, femmes et entants furent volés et emmenés : les Dahoméens en massacrèrent une partie et vendirent le re s te .

Pendant ce temps Glé-Glé, tournant sa fureur .auasîducôtéde nosautres établissements ou possessions faisait expulser brutalement de W ydah le père Dorgère (missionnaire qui a rendu de si grands services à la France, au Dahomey), et les religieuses françaises établies dans celte ville. Ils se réfugièrent à Agoué. Enfm le roi dahoméen sommait nos compatriotes fixés à Kotonou de lui payer — sous peine d'être également expulsés — le montant de l'arriéré des droits de douane qu'on lui abandonnait autrefois, et qu'il ne percevait plus depuis le traité de 1878. Il disait dans sa sommation que Kotonou n'était pas français; qu'air cun traité n'existait entre le roi et la France ; que ceux {des Dahoméens) qui avaient signé le prétendu traité de 1878 avaient agi sans son assentiment et avaient été pour cela mis à mort, et que lui-même n'avait jamais signé la cession de Kotonou, etc., etc.

Pour en revenir au royaume de Porlo-Novo, la situation y fut si grave que, dans le rapport qu'il adressa à l'amiral Brown de Colstoun, commandant la division navale de l'Atlantique, M. Beekmann, administrateur particulier dugolle de Bénin, la dépeignit en ces termes ;

« La ville de Porto-Novo est en danger d'être pillée ou brûlée, aoit par le Dahomey, soit par suite de révolution.

Le haut commerce qui présente ici des intérêts considérables est effrayé de la tournure que prennent les événements et c'est par millions qu'il faudrait compter les pertes si la ville était livrée au pillage. On nous

rappelle les lorines de notre traité, dont aous ne tenons pas les engagements, Lo Dahomey brûle les villages, ruine les planlalions, emmène les populations en esclavage. La population entière est sur la rive anglaise ; les commerçants sunt à Lagos ; la ville est déserte. La colonie est perdue, ruinée, le pavillon compromis. La présence seule de nos hommes ramènera la confiance, etc.. »

En présence de ces périls, l'amiral fit débarquer des forces qui occupèrent Porto-Novo et les points les plus menacés. Les Dahoméens évacuèrent le pays elle calme se rétablit peu à peu dans le royaume de Toffa. Mais on pouvait prévoir que ce n'était là qu'une trêve. D'ailleurs à Kolonou les tracasseries de Glé-Glé ne s'arrêtaient point.

M. Bayol, qui venait de procéder à la délimitation des territoires Popos,refut la mission délicate de faiçe des représenlalions au nom du gouvernement à Glé- (.ilé. Ce dernier rel'usanl d'envoyer à Kotonou, pour les recevoir, un fonctionnaire possédant sa confiance, M. Bayol en personne partît pour Abomey, accompagné de MM. Angot son secrétaire, et Béraud, înlerprcte de la résidence {1).

« Notre délégué (M. Bayol : il était en congé en France lorsque cette mission lui fut confiée) ; arriva au Bénin le 1" octobre 1889, muni d'instructions pacifiques, et même de cadeaux. Il écrivit à Glé-Glé pour le prier d'envoyer à Kotonou un représentant revêtu de ses pleins pouvoirs. Le père Dorgère et les sœurs restés à Agoué reijurent l'autorisation de rentrer à

1. M. MéiJard-JSéraud avait été agent consulaire au Dahomey ; et avait résidé à Poi'to-Novo. Membre du Conseil supérieur des Colonies etc., il ëtait l'un des commissaires du DaUomey à l'Eïposition de 1900.

Wydah ; mais le roi, prélexlant son ignorance de la langue française, invita le lieutenant gouvernenr à lui envoyer un interprète Ji Abomey. Comme celle réponse contenait des ressources d'amitié, M Bayol accepta le rendez-vous pour lui-même (i) ». Parti le 6 novembre, il arriva le 21 du même mois à Abomey, où il fut avec ses compagnons retenu de force jusqu'au 27 du mois suivant. Ce retard dont en l'Vance, pas plus qu'à Kotonou, on ne s'expliquait les véritables causes, le manque absolu de nouvelles de la mission, jetèrent une inquiétude profonde dans les esprits. Ou n'était pas loin de croire nos compatriotes massacrés.

Ce fut seulement le 1" janvier que M. Bayol et ses compatfnons rentrèrent à Kotonou, après avoir subi à la Cour de Glé-tilé les pires tribulations.

D'abord, on avait mis tout eu oeuvre, à Abomey, et cela d'un accord unanime, pour décourager la mission, pour l'effrayer, l'impatienter. M. Bayol ne fut reçu par Glé-Glé qu'une seule fois, et fort désagréablement. Ce fut Kondo (Behanzin) déjà notre ennemi juré, que le roi chargea de suivre les négociations ; ce que le prince fit avec une arrogance, un mauvais vouloir, une mauvaise foi évidents. Enfin il paraît que, à peine avait-il quitté Allada.en s'en retournant, ({ue Behanzin, regrettant de l'avoir laissé partir, ou plutilt s'échapper, lança à sa poursuite des hommes chargés de l'arrêter et de le ramener à Abomey.

M. Bayol en attendant de pouvoir adresser à qui de droit un rapport détaillé de sa mission, se hâta, dès son retour à Kotonou, d'adresser au gouvernement celte dépêche, si éloquente dans sa concision.

< Sommes restés Abomey trente-six jours. Ai pu

— nâ -

exposer 38 novembre but mission pacifique et demander laisser établir douanes Kotonou conformément trailf^s. Prince héritier Kondo (le Futur Béhanzin) déclara au nom du roi tous traités français nuls et repoussa intervention des Européens : parla ensuite guerre Porto-Novo violenimenl. Prince insulta République, ai protesté énergiquement. Avais remis le 23 cadeaux offerts par le gouvernement.

Jusqu'au 21 décembre sommes restés prisonniers.

Sortions seulement pour assister aux Coutumes.

Il y a eu 200 sacrifices. On a martyrisé des hommes de Porto-Novo et avons été forcés de voir les cadavres mutilés ; on a décapité devant mon secrétaire (M. Angot). Suis tombé gravement malade. Situation devenait dangereuse. On parlait de nous gardercomme otages (1).

Sur ces entrefaites, l'intraitable Glé-Glé était mort, (le ni décembre) Kondo, comme on le sait, lui succéda sous le nom de Uéhanzin (1). II était aussi mal disposé en notre faveur que son prédécesseur. A peine monté sur le trône, il s'empressa de rallier ses soldais et de les diriger sur Kotonou, dont la situatîoa fut bientôt critique.

Alors eut lieu entre M, Bayol (resté au Bénin comme Résident de France) et le gouvernement, un échange actif de dépêches. M. Bayol révélait l'imminence du danger ; le gouvernement hésitait à agir, redoutant d'engager les dépenses nécessaires pour une expédition en règle, sans l'autorisation du parlement, et d'un autre càié, craignant sans doute de se créer des complications du côté de l'Angleterre qui à plusieurs

i. Rapport de M. de Laneasan (24 iûvrier 1890) ; Le Temps, 18 avril 1892 ; Victor Nicolas : L'Eipositioii du Dalioney en 1890. 2. Bétianzin, dit-oa, n'était pas étranger à la mort de son père.

reprises avait cherclié iï nous susciter de graves difficultés au Dahomey.

L'iosistance de M. Bayol, e( la gravité de ses révélations déterminèrent enfin le gouveraement à envoyer des forces à la Côte des Esclaves. Le cotnmaDdant Terrillon partît de France, en février 1890, avec des troupes: celles qu'il anienait,et celles qui se trouvaient déjà au Bénin, formèrent un effectif d'environ 300 hommes.

A peine celle fnible armée était-elle constituée, M, Bayol signifia le 22 février au chef du village dahoméen de Kotonou que la France avait l'intention d'occuper définitivement ce point, et d'assurer par la force l'exécution des traités de 1878 et antérieurs avec le roi du Dahomey, malgré la résistance de celui-ci. En même temps les chefs des villages voisins étaient arrêtés. Le village ayant montré quelque hostilité fut attaqué le 23 février par nos tirailleurs et hrûlé. Kotonou fut fortifié autant que possible et les principales factoreries furent transformées en forts. Le 24, les Dahoméens attaquèrent Kotonou en force (800 hommes) mais ils furent repoussés. Quelques jours après (1" mars) ils furent de nouveau battus au cours d'une reconnaissance faite par une partie de la petite troupe française dans la direction de Godomey.

Mais le 4 mars les Dahoméens revinrent à la charge avec une grande résolution : ils étaient près de dix fois plus nombreux que nos troupes et ils se jetèrent contre Kotonou avec une telle furie qu'ils faillirent emporter la place et nous jeter à la mer. Nos soldats notamment furent, en cette journée, héroïques. On eut à signaler la belle conduite du lieutenant Compéral qui après avoir arrêté le premier choc de l'ennemi, ne cessa de tenir ses hommes au feu et de prendre part à la résistance malgré de graves blessures. Finalement, les

DahoméeDB durent se retirer et ils ne donnèrent plus signe de vie pendant quelques jours. 11 semblait qu'ils eussent évacué la région : des reconnaissances dirigées contre eux n'en renconlrèrent qu'une petite troupe le 25, du rôle deGodomey, et elle s'enfuit après un court engayemenl. C'est que Béhanzin avait trouvé plus avantageux de transporter le tliéâtre de la guerre en Porto-Novo. Dans ce but il rassemblait toutes ses forces sur l'Ouémé. En elTet M. Terrîllon (lieutenant-colonel depuis son arrivée en Guinée) dirigeant en personne une reconnaissance vers Aguéré, dans la direction où l'on supposait que le roi de Dahomey avait massé ses troupes, rencontra bien les Dahoméens au village de Décamé où il les battît une fois de plus : il brdia ce village cl se relira k Kolonou. Mais les échecs qu'il avait subis depuis le commencement des liostîlités ne faisaient qu'aiguillonner le dépit et la colère de Béhanzin. 11 poursuivit donc son mouvement sur la ville même de Porlo-Novo, où son avant-garde ne tarda pas à arriver.

On trouvera dans le Journal Officiel du Dahomey (!"'■ mai 1890) le récit détaillé des événements qui furent la conséquence de cette action de Béhanzin contre le royaume de Porlo-Novo, Nous les résumons ici, d'abord d'après cette publication, puis, jusqu'à la fin des opérations suivanti^s, d'après l'exposé historique contenu dans la notice publiée par l'Office Colonial (1).

[Exlrait du Journal Officiel du Dahomey du I" mai 1890) ;

Le 17 avril (1890), les Dahoméensoccupaientia banlieue de Porto-Novo, dont les villages étaient incendiés

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