Buzon. Une visite à la cour du roi
Le sol ne devient généralement solide et pierreux que dans cette zone, et son niveau qui ne s'élève qu'insensililenient (Abomey est à 300 mètres audessus du niveau de la mer) se relève à partir d'Abomey d'une façon plus appréciable et conlinue. D'une manière yénérale, le relèvement progressif du terrain forme les plateaux échelonnés de Savé, d'AIIada, d'Abomey, des Mahis.
Le Bas Dahomey, comprend politiquement, l'ancien royaume d'Abomey, aujourd'hui découpé en cercles : le royaume de Porto-Novo: les républiques Minas (Popos le pays des Maliis (Savalou),
Le Haut Dalioiney est, en arrière du Bas Dahomey, une contrée montueuse, en général découverte, mais cependant fertile el qui offre les caractères des contrées comprises dans la Boucle du Niger. Au point de vue politique, il embrasse les territoires du Borgou, du Gourma, du Djougnu, Kouandé, du Yaga, du Toradi et les régions riveraines du Niger (rive gauche) jusqu'à Sansan-Haoussa.
Au point de vue agricole, le Dahomey est divisé en trois zones. On aura une idée de l'aspect général du pays, en lisant lu description de chacune de ces régions. Ce sont ; (1) 1°, la zone des palmiers : de la ciite à Savalou ; 2", la région comprise entre le parallèle de Savalou, le Togo, la chaîne de l'Altacora, le Niger et la frontière anglaise ; 3", le Gourma.
1° Zone des palmiers. — Cette région renferme les villes de Porlo-Novo, Ouidah, Angoué et Grand Popo, elle est, sinon bien arrosée, du moins constamment humide. A peu de distance du sol on trouve en effet
i. Rapport aiireasé en 1889 au Miaiatère des Colonies, au sujet des concessions qu'il serait possible d'accorder au Dahomey, par U. Pascal, seci'étaire gëDëral de la colonie.
l'eau provenant des înlUtratiûris de la Ingune it des rivières Ouéraé, Zou, So, CouiToetc... La terre, riche en humus, est propre à toutes les cultures, café, cacao etc.. ; maislarichesse de cette réylon, la seule exploitée au Dahomey, est due au palmier àhuile qui pousse presque partout el forme de véritables forêts. Là où il n'y a pas de palmiers on rencontre des cultures d'ignames, de manioc, qui servent à l'alimentation des indigènes. Celle région est extrêmement peuplée , on ne fait pas un kilomètre sans rencontrer quelque village ; la terre atleinl partout un prix élevé et chaque palmier a un propriétaire,
A partir de Zagnanado et jusqu'à Savalou les palmiers sont moins nombreux mais le pays est néanmoins très peuplé. Cette contrée, voisine d'Abomey, a été souvent dévastée et bien des villages ont été détruits par les anciens rois ou abandonnés par les habitants. Depuis que la France a pris possession du Dahomey, la confiance est revenue et beaucoup d'indigèaes réfugiés à Lagos ou dans les forêts voisines de cette colonie reparaissent dans le pays. En allant de Zagnanado à Savatou on trouve encore des palmiers, mais en petite quantité. D'après les indigènes, la terre se prêterait très bienà la culture de cet arbre. Ce sont les rois du Dahomey qui, paraît-il, l'auraient fait disparaître autrefois afin de diriger plus Facilement leurs guerriers chez les Mabis et sur la rive gauche de rOcpara où ils allaient chercher leurs esclaves. Actuellement les indigènes cultivent seulement le maïs et l'igname.
En résumé, le Bas Dahomey est une région très agricole et l'agriculture y réalisera encore des progrès rapides si les terres disponibles sont distribuées par petites surfaces à des personnes qui sachent et veuillent les mettre en valeur.
2° Rét|ioii enlre le parallèle de Savalou, l'Attacora et le Niger, — Après Savalou, le palmier disparaît et est remplacé par d'autres essences parmi lesquelles le karilé qui fournit une sorte de beurre véyétal employé par les indigènes pour l'alimenlalion el l'éclaîrage- Cette substance graisseuse pourrait être utilisée comme l'huile de palme. Jusqu'à présent le karité n'a pas été exploité commercialement faute de moyens de transport.... C'est seulement quand le chemin de fer projeté aura été construit qu'il sera possible de créer dans le Haut Dahomey des exploilalious agricoles. Le Haut Dahomey ne produit actuellement que les aliments nécessaires à la nourriture de sa population indigène. La terre, presque partout recouverte de hautes herbes, est fertile mais le mil, l'iguame et le maïs EOat les seules cultures des habitants. De nombreux villages peuhis existent aux environs des villages baribas et font de l'élevage. Les bœufs du Haut Dahomey bont de haute taille et constitueront plus tard une source de richesses importante si d'une part un chemin de fer permet de faire descendre le bétail, et si d'autre part la Colonie a le moyen de l'exporter.
3° La région du Gourma, — Cette région est d'aspect triste. La riche végétation des autres parties du Dahomey fait défaut. Le sol est ferrugineux, la terre sèche, sans humus. Les arbres sont rares et de petite taille. Le mil est la seule culture. Celte contrée étant complètement inondée pendant la moitié de l'année, l'herbe pousse partout et sert i\ la nourriture de nombreux troupeaux de bœufs et de moutons. Dans le nord, les villages sont nombreux, mais les habitants des localités où résident les chefs sont pillards el ne prendront pas de longtemps l'habitude de la vie agricole; ils laissent l'agriculture aux mains des peuhis dont
les cases, cachées dans la brousse, éuhappenl à la vue. Cesdernims 3ont essentiellement uoiuaJes et quiiLenl le pays aiec leurs troupeaux lorsqu'ils estiment Irop forte la dttiie prélevée sur eux par les chefs gourmabéit dont ilsdépendcnt.
Les principaux cours d'eau du Dahomey sont, eu commençant par l'Est, l'Ouémé, le plus important de tous, qui prend sa source dans la chaîne de l'A Ltacora. Ces mcntjijnes servent de ligne de partaye entre les aflluents du Niger, des Voita et des rivières qui descendent à la cô'e. L'Ouémé qui porte d'abord le nom de Ofé reçoit : sur sa rive gauche l'Ocpura, qui, de Diabala au 9' derjré, sert de frontiùre entre le Dahomey et le Lagos — sur sa rive droite le Zou.
Un rencontre ensuite en allant vers l'Ouest la rivière de So, qui se perd dans le lac Mokoué, le Coulfo et enfm le Mono dont le coura supérieur appartient au Togo allemand et qui se jtlte à la mer devant Grand- Popo après avoir, sur une panie de son cours, servi de frontière entre le Dahomey et le Togo.
Les cours d'eau du Dahomey ayant généralement de fortes pentes dans la première partie de leur ccurs, ne sont navigables que sur une faible partie de leur cours inférieur ; la saison des pluies les iniluence d'une façoi) très considérable et la différence est extrême entre la crue etl'étiage, mais comme ils sont divisés en biefs par des roches il n'y a pas coïncidence entre la crue elles pluies, lus eaux devant remplir les biefs et les innombrables marigots qui parsèment la région avant de descendre vers la mer.
L'Ouémé ne doit pas seulement au volume de son débit d'être le fleuve le plus intportant de la colonie ; il est aussi la voit naturelle qui peut mener le plus loin dans l'intérieur du pays à la condition que la saison permette de le remonter. Alors que ses embou-
chures sont entre (3°,20 et 6°,30 de laliLude, il offre encore une liirguur de 40 loèlres et une profondeur de 5 mèlres eiiire H" et S'IO' (1).
Le premier européen qui a remonté l'Ouémé esl le P. Baudin, des Missions africaines de Lyon; il réussit en- 1875 à Iromper la surveillance des gardiens dahoméens et parvint à une dislance assez considérable dans l'intéiieur. Cette tentative fui aussitôt imitée par les Aiigliiis avec la A'e//;/, canonnière qui calait 2 mètres (2). Depuis elle a élé plusieurs fois renouvelée par nos compatriotes.
Les autres cours d'eau ne sont guère praticables que pour les pirogues et les baleinières, à cause de l'irrégulariié de leur régime. C'est sur le Mono que l'on constate le mouvement le plus aciif à cet éyard. La région du Mono est un grand centre de « piroguage » Tout le monde y est batelier : hommes, femmes, enlants, s'entendent merveilleusement à manier les étranges bateaux creusés dans des troncs d'arbres.
Palmiers. — Le palmier est sans contredit un des végétaux les plus productifs du Dahomey. Outre que l'on pourrait à la rigueur utiliser son bois pour la construction, (ce que l'on évite d'ailleurs, attendu que ce semit supprimer autant de sources de revenus que l'on abai trait d'arbres), il donne la noix de palme, d'où l'on extrait l'huile de palme, et desquelles il reste, une foiâ cette hjile extraîle, la pulpe et Tamande.
Le palmier produit plusieurs régimes de fruits que
1, Point atteint pai' M. Ballot en 1888.