NE CONNAIT PAS LA MESURE DE SES FORCES
II s'agit de Victor Hugo. - Et l'auteur de l'article conclut ainsi :
« Journaux fanatiques, académiciens des Bonnes LeU très, nobles chevaliers de l'éteignoir, vantez les œuvres de vos amis : Vous ferez quelques dupes parmi les contemporains. Afais la postérité saura-t-elle seulement que vous avez vécu ? Si elle l'apprend un jour, la raison en sera facile à donner : le ridicule imprime une tache ineffaçable ' ».
En conséquence l'auteur du Banian, voulant que son personnage eût tous les défauts, ne trouva rien de mieux, après en avoir fait un faussaire, un parjure, un voleur et un lâche, que de l'imaginer poète romantique î
Le rôle n'est malheureusement pas assez soutenu en ce sens. L'impossibilité pour Corbière de pousser la plaisan-
1. L'article est signé H. T. et a probablement pour auteur Ed. Corbière La Nacelle s'imprimait à Rouen.
Voir la biographie de Tristan Corbière, que j'ai publiée au Mercure de France, 1904.
terie plus loin qu'il ne l'a fait aurait même dû l'avertir, lui montrer qu'il faisait fausse route et que le romantisme n'était que rarement matière à moquerie.
Mais où l'erreur du romancier est surtout apparente, c'est lorsque, voulant donner un exemple de poésie roman tique, il fait écrire à son banian une pièce de vers qui se trouve être la plus curieuse, je suis tenté de dire la meilleure, qu'ait jamais composée Corbière l'ancien.
La voici et je prolongerai un peu la citation pour que se voient mieux les intentions de l'auteur :