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PROXJENADES BIOGRAPHIQUES 85
Entre temps ils s'écrivaient régulièrement et un érudit sarthois. M. Chardon, a trouvé une curieuse lettre du duc à Chamillard. qu'il a publiée dans le bulletin de la Société d'agriculture, sciences et arts de la Sarthe, t. XXÏI, p. 760.
Voici un fragment de cette lettre qui. je le crois bien, n'a jamais été reproduite ailleurs que dans le bulletin sarthois:
« Vous êtes excellent de vous souvenir encore avec aise de notre aventure Listenique '. Premièrement ces sortes d'engueulées qui ont un sexe et un nom m'étourdissent toujours et puis vous saurez quelque jour pourquoi je fus si stupide, je l'eusse esté alors avec une maîtresse, jugez de ce que je pouvais estre avec une si vilaine et halbrenante femelle. Pour achever ma journée il me fallut promener et nous tombâsmes au fin milieu de la joyeuse troupe de Mme la Duchesse. Oh ! riez-en tout votre saoul car je vous vois d'ici en rire et que les épaules vous vont ; je ne scalpas, moy, comment je n'en suis pas mort de dépit et de colère car j'y rentre encore y pensant.
Après toutes ces folies que vous me permettez avec vous je me réjouis de la grossesse de ma grande biche2 car c'est une bonne chose. que la paix de la maison et une autre bonne chose qu'un second fils pourvu que son benoist père ne lui laisse pas plus de dents que de pain. Je suis comme vous en peine des chemins ; faites-moi la grâce de me mander des nouvelles de son arrivée... »
Chamillarl a laissé, grâce à Saint-Simon, !a réputation d'un très honnête homme mais le choix malheureux qu'il fit des généraux, lors de son passage au ministère de la guerre, en a fait aux yeux des historiens, un incapable ; jugement un peu hâtif. Les circonstances étaient difficiles. De ce que Chamillard fut pour Saint-Simon un interlocuteur et un correspondant agréable, on peut conclure qu'il était homme d'esprit et de bon jugement.