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Mme Pelouze, qui l'avait considérablement restauré et orné.
« Mu" Pelouze avait reçu Flaubert plusieurs fois à Paris dans son hôtel de la rue de l'Université et, le sachant dans l'embarras, lui proposa de venir à Chenonceaux pour y écrire un poème célébrant la Fontaine du Rocher, jadis élevée dans le parc sur les plans du Primatice '. »
Flaubert accepta et au mois de juin 1878 il franchissait pour la quatrième fois la grille de Chenonceaux et revoyait, ravi, la magnifique allée de platanes qui précède le pontlevis et que G Doré a reproduite dans son illustration des Contes de Perrault.
Mme Pelouze. qui aimait par-dessus tout la littérature de Flaubert, la musique de Wagner et la peinture italienne, voulut faire à son écrivain préféré une réception digne de lui. Si le château ne se prêtait guère aux évocations de l'antique Orient, chères à l'auteur de Salammbô et de la Tentation, l'esprit de la châtelaine et son imagination avaient déjà fait de Chenonceaux une demeure amusante.
Des artistes de toutes sortes s'y coudoyaient, venus les uns pour contribuer aux embellissements du château, d'antres pour travailler comme Flaubert à quelque ouvrage important, tous pour jouir en liberté de l'air réconfortant de la campagne tourangelle et des distractions sans nombre que Mme Pelouze dispensait à ses nombreux invités.
Les fêtes succédaient aux fêtes. Le petit bourg de Chenonceaux n'avait plus à cette époque l'aspect sage et paisible comme aux temps des Villeneuve. Ce n'était plus le même genre d'activité qui causait l'animation du village devenu fiévreux, bruyant et ressemblant, à certaines heures, aux coulisses encombrées d'un gros théâtre de féeries.
A la gare, des landaus et des omnibus, attelés de quatre et six chevaux, attendaient, presque à chaque train, de nouveaux arrivants qu'ils transportaient bride abattue au château de Mmc Pelouze, qui les attendait au fond de sa fameuse galerie, à demi couchée sur un trône d'ébène, vêtue d'un costume somptueux.