‹ Promenades biographiquesChapitre 33 sur 61 · ERNEST FOU1NET · texte numérisé non relu

ERNEST FOU1NET

Rue des Filles-du-Caloaire, /?" 4-

La note des Orientales qui commence par: Un autre poète du divan de Bochteri.. . etc.. est entièrement de Fouinet et se trouve dans la lettre ci-dessus.

Hugo a aussi copié textuellement l'exclamation qui précède : Quel ton de grandeur, de tristesse... etc.

Puis Victor Hugo semble avoir abandonné les citations de Fouinet ; il y en a encore trois pages que l'auteur des Orientales a laissées de côté 11 n'a retenu de ces dernières traductions de Fouinet qu'un pantoum malais, qu'il qualifie de délicieusement original :

Les papillons jouent à l'entour de leurs ailes. ..

Ernest Fouinet a repris ce pantoum pour le traduire en vers dans un curieux petit livre qui forme la onzième livraison de la Bibliothèque choisie et a pour titre : Choix de poésies orientales traduites en vers et en prose par

M. E. Fouinet... etc., recueillies par M F. Michel de l Ecole des Chartes. 1830.

Voici une strophe du pantoum traduit en prose '.

Us volent vers la mer, près de la chaine des rochers. Le vautour dirige son essor vers Bandant. Depuis mes premiers jours jusqu'à l'heure présente, J'ai admiré bien des jeunes gens.

Et voici maintenant la même strophe traduite en vers 2. par le même Ernest Fouinet :

Les papillons voltigent vers la mer

Et vers Bandam un vautour tend ses ailes.

Depuis longtemps belle parmi les belles

Plus d'un jeune homme à mon regard fut cher. .

Ernest Fouinet s'excuse, la seconde fois, de citer le pantoum « dont le mot à mot a été inséré dans les notes d'un beau recueil poétique 'sic) Les Orientales » Et il ajoute :

« C'est bien peu de chose que cette chanson : elle est vague, sans suite : point de pensées, de douces images ! voilà tout : aussi qui tenterait d'en peindre l'effet risquerait de se rendre inintelligible ou ridicule ; ce serait vouloir répéter, avec une voix rude et sans souplesse, les mots qu'une petite fille improvise en les chantant d'une voix suave et flexible : sa bouche fraîche et riante, ses regards naïfs et heureux, tout concourt à l'effet : aussi de même que l'on craint d'enlever à une fleur son velouté en la touchant trop, je me garderai de plus longs commentaires sur ce qui est entièrement du ressort de l'âme et, la saisissant dans la disposition où l'aura placée le pantoum qui précède, je ferai suivre immédiatement le récit de la mort de Keni Tambouhan où respire le même air de calme et de naïveté, animée par une action dramatique ».

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