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CHABRIER EN TOURAINE

Lorsque l'auteur de Gwendoline habitait la Membrolle ', c'est-à-dire cinq mois environ chaque année, de Pâques à la fin de septembre, il oubliait complètement qu'il existait un Paris et qu'il y avait de nombreuses relations.

Jamais on ne vit de visiteurs parisiens chez Chabrier, à la Membrolle, il n'y recevait que ses plus proches parents, que ceux qui ne pouvaient troubler eD rien ses habitudes de travail.

Enfermé tout le jour et quelquefois une partie de la nuit, dans le salon du rez-de-chaussée de son habitation, il y écrivit ses plus belles pages. Cette maison, qui existe encore aujourd'hui, a un peu changé d'aspect.

« Que de changements déjà, m'écrivait, il y a trois ans, le pauvre Marcel Chabrier auquel j'avais envoyé une photographie, que de changements !

« On a planté des arbres devant la maison, sur la route. Toute voisine, une nouvelle maison a poussé. Du côté du jardin une vigne qui abritait tout le perron et enguirlan ait la grille a disparu ; il est vrai qu'une voiture automobile est là, dont la vue seule eût fait fuir ma pauvre grand'mère... »

1 La Membrolle est un petit village à deux lieues de Tours. Chabrier venait là chez su. belle-mère, Mm" Dejoan, qui habita la maison jusqu'à la mort du compositeur.

Toutefois, le salon où se tenait Chabrier n'a pas subi de modifications. Chabrier était presque toujours seul, devant sa table ou son piano. Après le dîner, il se permettait un bout de promenade sur la route du Mans et, par les beaux soirs d'été, lorsque ses fils étaient avec lui, il arrivait que la promenade se prolongeât jusqu'à dix heures.

Enfin, une fois par semaine, il se rendait à Tours chez ses amis Perny. Il partait le matin, faisait la route à pied, s'arrêtait quelquefois pour prendre haleine au café de la ville, puis descendait la rue Royale, jusqu'à la rue de l'Archevêché, qu'il suivait pour s'arrêter au coin de la rue de Buffon, où demeuraient ses amis, fl y arrivait une heure environ avant le moment du déjeuner et, lorsqu'on se mettait à table, il avait eu le temps de raconter ses déboires avec TOpéra, non sans une vive gesticulation pour exprimer sa rage furieuse laquelle se transformait bientôt ea une explosion de gaieté folle, le tout terminé par une farandoie et une bourrée fantasque, a laquelle tous les assistants devaient prendre part.

Mme Jrern\r était professeur de piano à Tours. Musicienne de premier ordre, elle avait su discerner très vite le génie de Chabrier à une époque où son nom n était pas encore connu du public, du public parisien s'entend, car le public tourangeau ignora jusqu'à ces dernières années le nom même d'Emmanuel Chabrier.

Pendant plus de dix ans, Chabrier fréquenia Tours de cette manière, ne voyant que ses amis Perny, ne cherchant nullement à y étendre ses relations davantage.

fl devait connaître le violoncelliste Jimenez l, car, à partir du moment où les réunions du Petit Bayreuth, fondées par M. Laseoux, se firent, d'abord chez Mme Pelouze, à Paris, puis dans l'atelier du peintre Tocné, Jimenez venait quelquefois de Tours pour se joindre à l'orchestre et Chabrier était un habitué de ces réunions wagnériennes.

Dans les derniers temps de sa vie, Chabrier apportait de Leuabrolle à Tours sou manuscrit de Briaèis Quelle

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