‹ Promenades biographiquesChapitre 46 sur 61 · GÉNÉRAL DE SALLES · texte numérisé non relu

GÉNÉRAL DE SALLES

On a cru longtemps que le général de Salles et l'auteur (ÏAli le-Renard étaient cousins et le vieux Larousse Je proclame en toutes lettres. Il n'en est rien et c'est une erreur qui a dû se propager à cause des tendances mêmes qu'avait Eusèbe de Salle à affirmer ses titres de noblesse comme aussi à briguer les honneurs exceptionnels.

Dès son retour d'Afrique il avait posé sa candidature à l'Académie des sciences morales et politiques, avec la lettre que voici :

Messieurs,

J'ai l'honneur de vous demander à être porté sur la liste des candidats pour la place d'académicien vacante par la mort de M. Dacier,

Voici parmi mes travaux ceux qui me semblent constituer des titres plus spéciaux à l'appui de ma demande :

1° Un cours d'hygiène appliquée à la morale, professé à l'Athénée Royal de Paris, l'introduction contenant la doctrine générale du cours a été imprimé sous le titre de

2<> Coup d'ceil snr les révolutions de l'hygiène... etc.

3" Lettre d'un médecin à un avocat ou considération de morale et d'économie politique sur l'état actuel de cette profession, in-S°.

4° Plus de cinquante mémoires sur les applications détaillées de la morale à la médecine imprimés dans la Gazette Médicale de Paris.

5° Rapport sur les finances et l'a Iministration d'Alger sous le régime des Pachas et Deys de cette régence barbaresque (imprimé dans la Revue de Paris).

b° Diorama de Londres, ou tableau des moeurs britanniques, 1 vol. in-8°.

7° Aly-le-Renard ou la conquête d'Alger, roman historique, 2 vol. in-S°...

J'ai sous presse pour paraitre dans un mois un roman de mœurs intitulé ùakontalà.

Enfin, j'ai sur le métier un grand ouvrage historique sur la révolution politique et religieuse qu'opéra dans la Perse une espèce de Saint-Simon nommé Majdac et contemporain de Kosroes Kobach et de son fils Kosroès le Grand. Je le mentionne ici parce que la

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première partie aura peut-être paru à l'époque où vous vous occuperez de la nomination.

Je ne me dissimule pas, Messieurs, que la plupart de mes travaux relèvent ostensiblement de la médecine, des lettres orientales ou de la littérature proprement dite ; mais l'Académie pourra se convaincre que la tendance aux études morales domine dans tous. G'est cette tendance qui m'a toujours préoccupé au milieu de mou activité d'écrivain &t de voyageur.

La forme artiste qui a conquis un peu de popularité à quelques uns de ces travaux ne peut vous répugner. Je vois parmi vous. Messieurs, un grand nombre de membres d'une autre classe de l'Institut dans laquelle cette forme a une importance de première valeur. De plus, la considération dont vous jouissez collectivement et individuellement, Messieurs, prouve chaque jour davantage que le mérite intrinsèque d>i& œuvres de science ou de politique peut encore être relevé par la popularité de leurs auteurs.

J'ai l'honneur d'être, Messieurs, avec un profond respect, Votre très Humble et obéissant serviteur.

EUSÈBE DE SALLE

Premier interprète de l'Armée d'Afrique en congé à Paris.

rue Duphot n° 10.

En 1837, David d'Angers avait fait le médaillon d'Eusèbe de Salle.

Le célèbre sculpteur lui écrivait, en lui envoyant quelques exemplaires de ce médaillon.

«... Je serais bien heureux si ce profil que j'ai fait d'après vous, pouvait vous rappeler quelquefois son auteur qui vous a voué une proloude estime et un sincère attachement. Je n'oublie pas que vous avez bien voulu me promettre de me donner de vos nouvelles.

Si vous mettiez la main sur quelques numéros du journal Le Dimanche, vous m'obligeriez en me les faisant parvenir. Vous m'aviez aussi promis un petit article de biographie sur vous ; vous savez que j'e vous l'avais demandé pour l'ouvrage que M. de Lachevardière va publier sur ma collection de médailles.

Adieu, Monsieur, recevez oies souhaits de cœur pour que votre voyage soit heureux.

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