‹ Promenades d'un homme de lettresChapitre 14 sur 82 · AVIGNON · texte numérisé non relu

AVIGNON

J'étais à Avignon le 23 mai dernier. Je m'y étais arrêté en revenant de Nice, pour souhaiter le bonjour à une nichée de poètes, mes amis ; car Avignon est par excellence la ville des papes ;

— le carillon de ses rimes s'est ajouté au carillon de ses églises; ses félibres, ces dignes continualeurs des troubadours, remplissent l'univers de leurs chansons plus provençales que jamais. Mais voyez la fatalité! Mes amis s'étaient tous envolés vers Cap, où l'on fêtait la Sainte-Estelle. J'aurais compris plutôt l'Estelle de Florian. Enfin, ils étaient tous partis, en chantant, bien entendu,

— laissant Avignon déserte et silencieuse, et il n'en restait plus un seul, ni Roumanille, ni Mistral, ni Félix Gras. Je me trompe: il restait, caché au centre d'un réseau de petites rues

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