‹ Promenades d'un homme de lettresChapitre 18 sur 82 · FETES LATINES · texte numérisé non relu

FETES LATINES

Je l'erois un almanach languedocien, la Lanse la (l'Alouette), bourré de vers, de prose et de traditions locales, à l'imitation de ÏArmanac Provençau.

C'est Montpellier qui salue Avignon.

Et quelle fanfare d'enthousiasme font éclater ces émules des féiibres !

« Sur la fin de Tannée 1877, — raconlent-ils^ — ouvrit les ailes dans Paris noire Lauseta ou Alauseta languedocienne; elle s'éleva avec sa chanson de joie, d'amour, de soleil et de liberté, à travers le ciel étonnamment doux de l'immense cité. Elle gazouilla au-dessus du Panthéon, qui a gardé la dépouille de Riquetti de Mirabeau...

» Et notre oiseau s'éleva à perte de vue, et bientôt, comme une flèche bruissante, il vint piquer droit à son nid, dans les champs rougeâtres de Montpellier, plantés de vignes et d'oliviers, au milieu d'ombrageantes pinèdes et de garrigues âpres, — en face de la mer Méditerranée. »

A la bonne heure ! voilà ce qui s'appelle écrire ; c'est du feu qui court entre ces lignes. Vivent les gens du Midi! Lorsque je pense à eux, je donne de grands coups de poing sur ma table; mes cheveux brunissent, ma voix s'enfle, — et, pour un rien, je me mettrais à danser la farandole.

Mais on ne danse pas tout seul la farandole.

Pauvres hommes du Nord que nous sommes! Comme nous voilà loin de cette exaltation, de ce brio, de cette pétulance, de cette fièvre, de cette mimique, de ce ramage !

C'est de l'orgeat qui coule dans nos veines.

Pas même de l'orgeat : — de Vorzeat!

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