‹ Promenades d'un homme de lettresChapitre 21 sur 82 · NICE · texte numérisé non relu

NICE

Enfin me voilà à Nice.

Je n'ai rien à reprocher à cette ville, que de ressembler trop à une vaste hôtellerie.

Elle est toute en longueur, comme Bordeaux, qu'elle rappelle par l'arc de sa mer. Une mer d'une placidité exceptionnelle, molle, élégante, poussant discrètement vers le rivage une frange argentée; — une mer d'apparat, ennemie du vacarme et des folles démonstrations; la mer des gens de goût, enfin.

Du côté de la gare, une Nice nouvelle s'étend, encore dans le désordre et la poussière de sa

construction. Cette ville sera sans caractère, on peut le prédire aisément. Elle aura la correction banale de notre boulevard Sébastopol. On pourra se croire encore à Paris, — ce qui, j'imagine, sera fort déplaisant pour les Parisiens, car généralement on ne se déplace pas pour aller chercher ce que l'on a chez soi.

Mais ce qui fait l'incontestable beauté de Nice, c'est sa campagne, ce sont les villas splendides qui y sont éparpillées.

Page 1