BOURGES
Bourges a été visité par Stendhal au mois de juin 1837. Stendhal ne paraît pas avoir gardé de Bourges un souvenir bien agréable, si l'on feuillette ses Mémoires d'un Touriste,
D'abord, le pays lui sembla atrocement plat et triste. Le meilleur hôtel de la ville lui fit Feffet d'une exécrable auberge. La cathédrale seule trouva grâce devant lui, — et surtout le jardin de l'archevêché, qui l'avoisine.
« La découverte de ce joli jardin, — dit-il, — où l'on trouve des ombrages sombres par une journée de soleil éclatant, a été un véritable bonheur pour moi. Le repos sous ces vieux arbres était délicieux. Peut-être ce jardin ne me semble si beau qu*à cause de la laideur amère des plaines que je viens de traverser... J'y ai trouvé un mo-
nument élevé à un grand citoyen qui a perfectionné les moutons.
» Je me suis aperçu qu'un grand mur, situé à vingt pas de moi, était criblé de balles. Voici un des inconvénients du voyage que je fais en dehors de la société et des savants de province : je n'ai pu savoir qui avait tiré ces balles. Malgré toutes mes grâces, aucun des rares promeneurs, d'ailleurs fort polis, n'a pu me l'apprendre.
» J'ai su que monseigneur voudrait bien fermer ce jardin au public, — sous prétexte qu'au trefois les archevêques de Bourges, seuls, en avaient la jouissance. »