UNE REVUE A LYON
C'était jour de revue.
Je suis tombé, place Bellecour, au milieu d'un éclatant appareil militaire. Je vous assure que le soleil tapait dru sur les cuirasses et piquait de paillettes de feu les casques et les épées.
Pour n'avoir pas les dimensions du plateau de Longchamp, la place Bellecour n'en est pas moins un joli cadre guerrier. Tout y est disposé au point de vue théâtral comme chez les peintres des xviF et xviif siècles. D'un côté, les nobles lignes du palais Bellecour; de Tautre, le coteau de Fourvières, accidenté et s' arrangeant comme une riche tapisserie.
Du reste, les habitants de Lyon ne s'étaient pas
dérangés outre mesure pour cette revue, à laquelle chacun des corps de la garnison avait envoyé un détachement, — et qui s'est passé en famille, sous Fœil paternel de la statue de Louis XYI.