M PROMENADES
heures, il ne manquerait pas d'apercevoir le géant des Alpes.
Il hocha la tête d'un air navré.
— Non, monsieur, répondit-il, j'y ai renoncé. Ce matin, le temps était trop couvert ; à présent, il y a trop de vapeurs dans l'air.
Et, avec un ricanement plein d'amertume :
— Le mont Blanc ne reçoit pas... Et dire cependant que je le vois tant que je veux à Lyon, du haut de P'ourvières! C'était bien la peine de venir en Suisse !
Que pouvais-je répondre à cet infortuné ?
.le le laissai à son désespoir pour examiner le tableau classique que j'avais devant les yeux.
Le lac Léman — ou le lac de Genève — mérite son surnom de Méditerranée des Alpes.
Comme toutes les belles choses, il n'a pas échappé à la moquerie. Un Lyonnais fort spirituel, poète et musicien, du nom de Maniquet, l'a célébré dans une composition intitulée : Voyage en Aile- Vessie.
J'en ai entendu chanter les premières.strophes :
Nous allons donc naviguer sur le lac de Genève ! Nous allons donc naviguer ; Ne faudra pas nous noyer.
Car celui-là qui tomberait dans l'onde, 11 pourrait dire en tombant :
« Adieu, mes bons parents ! »
Que j'aime ces pivots qui se tournent sur soi-même ' Et ces grands balanciers Qui ont l'air d'être en acier !
Et ces grandes roues avec leurs palettes ! Monsieur, cette vapeur.
Vous fait beaucoup d'bonneur.
>'ous voyons voguer sur l'eau une belle barque à Rolle ; Nous la voyons sur l'eau, Mon Dieu ! que c'est donc beau !
Voyez, messieurs, comme l'air de la nature Lui donne l'impulsion Qui fait notre admiration !
Que les bords de cette eau sont d'un effet sensible ! etc.
Le Voyage en Aile-Vessie se continue sur ce ton jiisqu à Berne.
Je n'irai pas aussi loin; — car je dois être de retour à Genève.
Saclions lâcher la proie pour V ombre... clieva lier.
it.