‹ Promenades d'un homme de lettresChapitre 68 sur 82 · A MARLY · texte numérisé non relu

A MARLY

Etre invité à un repas joyeux, c'est bien; mais y être invité en vers, en jolis vers, c'est mieux. Merci donc à mon ami Albert Garnier, dont le petit billet poétique me convie à un choc de verres dans les feuillages de Mari y.

Voici le commencement et la fm de son épître (le milieu étant d'un ton trop intime pour être cité) :

Le soleil fait des siennes :

Entr'ouvre tes persiennes ; Peux-tu dormir ainsi?

Le facteur, à ta porte, En ce moment apporte La lettre que voici.

« Qui donc songe à m'écrire? )i Kii vain tn voudrais lire.

:m PROMENADES D'UN HOMME DE LETTRES Tu refermes les yeux...

Ne t'endors pas si vite :

A dîner l'on t'invite, Sur la Seine, en aval ; — Un pays de verdure, De vin frais, de fritui-e, Tout près de Bougival.

Vois, le soleil décline Derrière la colline, Laissant l'ombre aux prés verts.

Sous un arbre, qui penche Au bord de l'eau sa branche, On dresse nos couverts.

Les oiseaux dans la haie Taisent leur note gaie ; La campagne est sans bruit.

Et sans bruit est la route.

Tu parles; moi, j'écoute...

11 est déjà minuit !

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