DANS LE PERCHE
Retour d'une excursion de deux jours dans le Perche.
Le Perche? où perche le Perche? me demanderont peut-être quelques Parisiens endurcis.
Je distrais le Perche des départements de l'Orne et d'Eure-et-Loir, et je vous Je donne pour un des plus beaux pays du monde.
Il n'est pas. rare d'entendre un habitant du Perche dire avec un tranquille orgueil :
— La France est le résumé du globe; le résumé de la France, c'est le Perche.
Nos paysagistes sont de cette opinion.
La renommée des étalons percherons, les plus beaux depuis les chevaux de Phidias, — n'est plus à faire.
Enfin, il y a une poésie percheronne.
De nos jours un bibliophile, M. Achille Genty, a recueilli plusieurs morceaux de cette poésie, d'une saveur particulière et de l'accent le plus naïf, dus à des auteurs restés inconnus, gens du peuple évidemment.
Cette poésie patoisée va indistinctement du cabaret à la charmille ; elle chante aussi bien Jan TraSj ray des PeurcheronSy — un roi imaginaire, — que les Adieux d'ein péesan à son bourri.
Je vais citer deux couplets de cette dernière chanson, traduits littéralement :
A Longny, à Nogent, à Bellêuic,
Partout, Chariot, tu t'es fait voir.
Plus d'un aurait voulu t'avoir,
Mais personne n'en était à mènie.
Les plus raides buttes, sans un faux pas,
Tu les descendais, tout chargé de poires.
Va, les belles choses qu'on montre aux foires,
Mon pauvre bourri, ne te valaient pas !
Heu ! quelle bonne bête ' jamais de coups de pied !
Jamais rétif, jamais farouche !
n n'aurait pas voulu mordre une mouche.
On l'auraitjplutôt estropié.
Aussi les dames s'en venaient-elles
Pour monter dessus ; c'était sans fin.
Lui, portait tout, les laides, les belles ;
Il élait bon comme le bon pain,
Pierre Dupont n'a pas lait mieux dans ce