‹ Promenades d'un homme de lettresChapitre 72 sur 82 · DANS LE PERCHE · texte numérisé non relu

DANS LE PERCHE

Retour d'une excursion de deux jours dans le Perche.

Le Perche? où perche le Perche? me demanderont peut-être quelques Parisiens endurcis.

Je distrais le Perche des départements de l'Orne et d'Eure-et-Loir, et je vous Je donne pour un des plus beaux pays du monde.

Il n'est pas. rare d'entendre un habitant du Perche dire avec un tranquille orgueil :

— La France est le résumé du globe; le résumé de la France, c'est le Perche.

Nos paysagistes sont de cette opinion.

La renommée des étalons percherons, les plus beaux depuis les chevaux de Phidias, — n'est plus à faire.

Enfin, il y a une poésie percheronne.

De nos jours un bibliophile, M. Achille Genty, a recueilli plusieurs morceaux de cette poésie, d'une saveur particulière et de l'accent le plus naïf, dus à des auteurs restés inconnus, gens du peuple évidemment.

Cette poésie patoisée va indistinctement du cabaret à la charmille ; elle chante aussi bien Jan TraSj ray des PeurcheronSy — un roi imaginaire, — que les Adieux d'ein péesan à son bourri.

Je vais citer deux couplets de cette dernière chanson, traduits littéralement :

A Longny, à Nogent, à Bellêuic,

Partout, Chariot, tu t'es fait voir.

Plus d'un aurait voulu t'avoir,

Mais personne n'en était à mènie.

Les plus raides buttes, sans un faux pas,

Tu les descendais, tout chargé de poires.

Va, les belles choses qu'on montre aux foires,

Mon pauvre bourri, ne te valaient pas !

Heu ! quelle bonne bête ' jamais de coups de pied !

Jamais rétif, jamais farouche !

n n'aurait pas voulu mordre une mouche.

On l'auraitjplutôt estropié.

Aussi les dames s'en venaient-elles

Pour monter dessus ; c'était sans fin.

Lui, portait tout, les laides, les belles ;

Il élait bon comme le bon pain,

Pierre Dupont n'a pas lait mieux dans ce

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