BOROUGH OF ST R A T FO R D - 0 N- A VO N
The Ma y or request the honour of the company of Charles Monseletjmember of the International Literary Congress.
At luncheon at the Town Hall, Stratford-on-Avon, onMonday, June 16 //*, at Two o'clock.
Cela veut dire que l'honorable maire de Stratford-sur-Avon invite les membres du conurès littéraire à un pèlerinage à la maison natale de Shakespeare.
Le lunch promis ne gâtera rien au pèlerinage.
On sait que Stratford-sur-Avon est situé dans une des parties les plus ravissantes de TAngleterre au milieu d'un paysage sans rival parmi les plus belles contrées de l'Europe.
Nous sommes allés, une cinquantaine environ, à Stratford-sur-Avon, berceau et tombeau de Shakespeare.
Parmi ces fervents des lettres, on remarquait : MM. Blanchard Jerrold, Frédéric Thomas, Louis Simonin, Jules Claretie, Mario Proth, Robert Hait, Louis Depret, Jules Lermina, Torrès Caïcedo, Alphonse Pages, Santa-Anna Néry, de Fonseca, etc., etc.
Stratford-sur-Avon, petite ville à trois heures de Londres, apparaît mignonne et rougeâtre au milieu des plus gras et des plus verdoyants pâturages qu'on puisse rêver, — si tant est qu'on rêve quelquefois de pâturages.
Partis à dix heures du matin, nous arrivions à une heure à Stratford. Dès les premiers pas, on s'aperçoit qu'on est chez Shakespeare. Tout y célèbre sa gloire : les noms des rues, les enseignes des magasins, les photographies dansles vitrines. — Un marchand de porcelaines est en train de faire fortune en débitant des bustes de Shakespeare; il en a de toutes les grandeurs; les plus petits, en pâte coloriée, sont les plus amusants.
M. le maire de Stratford nous attendait à l'hôtel de ville. Il nous a reçus dans sa belle robe officielle à grandes manches, passée pardessus son habit; robe longue, bleue avec des ornements de velours et des glands de soie. Ce costume lui sied fort bien ; car c'est un homme de la plus haute taille, parfaitement avenant. Il nous a accompagnés et guidés dans notre visite à la maison natale de Shakespeare, et dans l'église où la tradition veut que ses cendres reposent.
La gravure, la lithographie, surtout les recueils illustrés ont popularisé la maison rustique où s'éveilla pour la première fois celui que Victor Hugo a appelé le Grand Anglais. Elle est bien modeste, mais bien curieuse. La sollicitude tardivement éveillée des admirateurs de Shakespeare en a fait un petit musée, en y rassemblant le plus de documents possible : — portraits, autographes, éditions originales, objets intimes.
L'église de la Trinity est adorablement située, au centre d'un paysage bordé par la jolie rivière de l'Avon. On y arrive par une avenue d'arbres qui forment un berceau du plus poétique effet. A droite et à gauche, les pierres du cimetière, à demi disparues dans l'herbe épaisse. Le soleil mettait sa magie sur ce chemin au moment où nous le traversions.
Shakespeare a son buste à mi-corps encastré dans la muraille de Téglise, tout près de l'autel. Cette effigie passe pour une des plus ressemblantes. 11 y a un peu de l'œuf à la coque dans la conformation de la tête de Shakespeare. Le caractère dominant de sa physionomie est la placidité; l'observation ne vient qu'après. — N'adoptez qu'avec une extrême réserve les Shakespeare romantiques de certains peintres modernes.
Je dirai un mot du lunch offert par M. le maire de Stratford au congrès littéraire. En voici le menu fidèle :