‹ Promenades dans l'arrondissement d'AsvesnesChapitre 5 sur 7 · CHAPITRE DERNIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE DERNIER

DES DÉCOUVERTES RÈCF.MMENT FAITES DANS LA FORÊT DE MoJt-

mal , qui prouvent i/ldentite de la fondation de b-a.vai, d'après les annales de Jacques de Guise.

J'ai scrupuleusement rempli la promesse que j'ai faite à mes souscripteurs, et je me suis promenée dans toutes les communes intéressantes de l'arrondissement d'Avesnes. Je ne parle point du chef-lieu, parceque cette petite ville mérite seule une description particulière; parceque M. Lebeau , dont l'érudition est aussi connue que la grâce du style, a eu l'extrême complaisance d'écrire une notice historique très-étendue et très-intéressante <jui doit faire suite à mes Promenades ; qu'ayapt moi-même de longé souvenir* sur cette ville, et voulant la faif* connaître sous tpus ses rapports , sous toutes ses faces 9 il en résultera un volume bien complet qu'il serait impossible de glisser dans cette livraison. Voulant néanmoins prouver à mes souscripteurs que je donne plus que j'ai promis, je leur livre ce dernier chapitre, accompagné d'une lithographie , qui doit intéresser tous les habitants de

l'arrondissement; je ne reclame rien pour les frais supplémentaires que m'a occasionné ce plan ; j'engage seulement les pérsonncs qui voudront le complément des promenades, c'est-à-dire l'ouvrage de M. Le beau joint au mien, à souscrire au plutôt cher leur% libraires respectifs, attendu qu'on ne tirera guère que les exemplaires nécessaires aux souscripteurs ; ceux qui passeront ce nombre , seront pavés la moitié en sus du prix de la souscription. Ceci convenu , je vais, mes chers lecteurs, vous reporter à la guerre Ue Troie.

©rtciinr ï> f flânai.

Bavo , roi de Phrygie, cousin -germain de Priam , roi de Troie, astronome célèbre, homme prudent et sage , chéri de ses peuples, s*étant toujours opposé à la guerre que Priam voulait faire aux Grecs, lui avant en quelque sorte prédit ses malheurs et la ruine de sa ville, accueillit, après l'événement fatal , tous les Troyens échappés au massacre. Bavo craignant pour lui-même l'invasion des Grecs, se décida à quitter sa patrie. Tous ceux qui lui étaient tournis rassemblèrent leurs richesses, et Bavo avant fait équiper secrètement des vaisseaux en Phrvgfe , s'y embarqua avec tous ses trésors , et fut suivi d'un peuple immense.

I Bavo, à la te te de deux cent mille combattant,

après avoir vaincu les Tréviriens et tous les peuples jusqu'au Rhin, prit le titre de Roi des Belges, et bâtit, sur les confins de l'Europe, une cité trèspuissante qu'il nomma Bclgis (c'est Bavai). Il bâtit d'abord un palais avec des pierres polies , carrées , dolées et sciées; et il éleva les murs ae ce palais à 70 coudées (1), ( t\o pieds ou i3 mètres de hauteur); il construisit quatre tours, hautes de 1 20 coudées , et dont chaque coté avait 3oo coudées carrées. Il construisit aussi deux portes de la même hauteur que ces tours. Les tours de la porte Lufine y ainsi nommée d'un loup qui avait soft antre en ce lieu , avaient leurs murs épais de 25 coudées, et l'espace compris entre ces murs était de 3o coudées en carré. Les louis de la petite porte que Ton appelait Cas le liait e y étaient toutes de 200 coudées, avaient des murs de 18 coudées d'épaisseur, et comprenaient entre les murs une surface de 24 coudées carrées; de sorte que chaque tour de cette porte avait 60 coudées de diamètre. Toutes ces constructions, jusqu'à 25 coudées au dessus des fondations; formaient une masse solide et sans vides , enduite d'un épais bitume et d'un ciment fait de briques broyées et mêlées avec de la chaux; et elles appartenaient toutes à la partie principale du palais , à l'exception de la porte CasteLlane , qui était adossée à la seconde partie de l'édifice. Ce palais, composé

(1) La coudée valait un pied de Paris , 36 fô»

ainsi de deux parties , ressemblait à un vaisseau par sa forme longue et étroite; sa longueur ne surpassait que de sept fois sa largeur, et sa plus grande largeur interne était de 3oo coudées. Ses deux portes s'ouvraient du côté du midi, et elles étaient unies par un mur de 70 coudées d'élévation et de ao coudées d'épaisseur. Les deux parties du palais ne communiquaient entr elles que par ces deux, portes. Le mur de chacune de ces deux parties était du côté du Midi, de hauteur égale, ainsi que npU3 k Vavons dit ; mais du côté du Levant, où se terminait le palais, on voyait deux tours égales à celles de la porte Castellane. Du côlé du Nord , le mur de la seconde partie du palais avait la même épaisseur que le mur précédent , mais il était élevé de 4o coudées, et était garni d'un grand nombre de tours. La principale partie du palais était pavée de pierres d'un grand prix, ainsi que le reconnaissent ceux qui creusent dans son emplacement à une certaine profondeur ; et la plus grande partie du palais au Nord était entièrement entouiée, hors des murs, d'un fossé large de 200 coudées, enfermé de murs de toutes parts et pavé partout avec des pierres polies. Du côté du Coucha nt^ et tout auprès du temple de Bel, s'élevait la maison royale et pontificale, construite , d'une manière admirable , en pierres de taille.

Lorsque ce palais royal fut bâti ,1181 ans avant Jésus Christ, une population immense s'établit tout

â l'en tour, et jusqu'à une distance de deux milles, en se rangeant par familles et par alliances ; alors Bavo fit élever, à une certaine distance du -palais, des maisons , des châteaux et d'autres édifices de divers genres, pour les ducs et les autres offieieirs , et les fit garnir de tours, de portes et d'autres défenses. Mille tours, pareilles à celles de la porte Castellane, défendaient l'enceinte de la ville; sept portes en l'honneur des sept planètes, à orbite oblique , et sept temples sur ces sept portes furent achevés dans des tems convenables : ils étaient dédiés à Ciuthie, Mercure, Venus, le Soleil, Mars, Jupiter , Saturne. Bavo jeta aussi les fondemens du temple de Bacchus, et fit établir sept grandes routes, pavées de pierres carrées, en l'honneur des sept planètes ou divinités.

Bavo Belgineus, grand Druide, fils et successeur de Bavo l'ancien , roi des Belges , acheva la construction des temples de Bel , de Mars et de Mercure que son père avait commencés, et voyant que la ville manquait d'eau, il voulut pourvoir à ce besoin. Une rivière, qui fut par la suite appelée Cambre (Sambre), coulait à quatre mille de Belgis; il la fit diviser en ruisseaux étroits et en chûtes d'eau, par le moyen de grosses et longues masses de murailles élevées en travers au milieu de la rivière, et qui la coupaient d'un bord à l'autre ; puis il fit construire entre ces digues cinq cents roues mobiles

- — ^ife, -,

qui , parleur mouvement circulaire, versaient des cou ran s d'eau dans des citernes creusées dans les digues ; sur ces citernes , d'autres roues mises en mouvement par les roues d'en bas , portaient en tournant les eaux déjà puisées , dans des réservoirs plus élevés; de sorte que celles-ci montaient par vin mouvement circulaire et uniforme, jusqu'au sommet des digues d'où elles tombaient dans de grands réservoirs de métal ; de là elles coulaient , par des canaux souterrains et par des tuyaux , jusque dans la ville, et se rendaient principalement dans le fossé dont nous avons parlé plus haut, et qui était Creusé au milieu de Belgis, près du palais des prêtres ; ce fossé fournissait de l'eau à toute la ville.

Brunéhulde, l'un des rois Belges , successeur des précédens , fit paver les sept routes commencées par Bavo l'ancien et ordonna ensuite qu'une grande pierre de marbre bien polie, fut placée au centre delà ville, c'était un heptagone, les rues de la 'ville étaient percées de manière qu'en se plaçant sur cette pierre on pouvait voir les sept portes ou les sept temples. Il ordonna de plus que l'on érigeât sur l'heptagone une statue de métal doré, haute de 68 coudées tenant une massue à deux mains et prête à frapper. Cette statue dura jusqu'à Jules-César qui la réduisit en poudre et fit de la chaux, avec la pierre qui la portait.

Extrait de l'histoire du Hainaut, par Jacques de Guise, traduit par le marquis de Fortin, tome 1 er .

Ces détails paraîtront sans doute exagérés et même apocry plies, à ces septiques modernes, qui révoquent l'intelligence des premiers hommes et qui nient jusqu'à l'évidence; mais comme l'observe très judicieusement M. Le Glay , dans les archives historiques et littéraires du Nord de la France, ce En )) voyant Jacques de Guise invoquer sans cesse le » témoignage de divers chroniqueurs ou annalistes )) qui nous sont maintenant inconnus , oserait-on )> affirmer qu'il n'y a rien , absolument rien devrai )> dans ces origines en apparence si étranges. Si l'é- » rudttion et l'esprit de cri tique ont souvent rétro u- )> vé toute la vérité de l'histoire dans certaines mer- » veilles des temps héroïques delà Grèce, pourquoi )> les temps héroïques du peuple Belge, ne scraient- » ils pas aussi fondés sur quelques données réelles » et positives ? Notre orgueilleux savoir est trop » prompt à repousser tout ce qui dépasse les étroi- » tes limites qu'il s'est faites, etc.

Si l'on admet la fuite d'Enée en Italie, pourquoi j ejeterait-on l'arrivée de Bavo en Belgique ? Personne n'a encore douté de la splendeur du temple de Salomon ; les pyramides, les puits et les greniers de Joseph , taillés dans le roc ; le Mekios ou Nilomètre: les ruines d'Héliopolis, de Thèbes, d'Àbidus soutlà pour attester la puissance et le génie des Egyptiens ; le temple de Jupiter Ammon , le Sphinx colossal , le zodiaque de Oenderah, la statue de Mem-

non et autres immortels ouvrages vus et revus par les intrépides voyageurs Caillaud, de Nantes, et Belzoni, prouvent que tous les arts, toutes les sciences, étaient connus dans les tems les plus .reculés ; pourquoi donc à l'époque où Sàmson emportait les portes de la ville de Gaza ; que le riche tabernacle des juifs fesait l'admiration des peuples ; que Dédale avait créé le labyrinthe; Semiramis, l'immense ville deBabylonne, les jardins suspendus, etc.: Pourquoi llavo rempli du génie et du goût des grecs, n'aurait-il pas élevé un palais semblable à celui du malheureux Priam ; et n'aurait-il pas érigé*des temples aux dieux de son pays en respectant la croyance des peuples qu'il avait subjugués? Jusqu'à présentl'ignorance et le savoir se sont en quelque sorte unis , pour étouffer la tradition , mais lorsque les faits parlent, lorsque les monumens semblent de toutes parts s'élever du sein de la terre où ils étaient ensevelis depuis des siècles, la vérité se âévoile,elle apparaît brillant d'un éclat qui n'est pas réfléchi , qui lui est propre ; et qui , dans notre siècle de merveilles est la merveille par excellence.

Les bornes de cet ouvrage ne me permettent pas de rapporter tous le» détails que donne Jacques de Guise, relativement à la grandeur de Belgis, aujourd'hui Bavai , à sa population , aux exploits des habitans ; mais en jetant un coup-d'œil sur le plan ci-joint que je dois à la complaisance et à l'habileté

de M. Wattaux, géomètre forestier, homme instruit et modeste, on peut se convaincre que Bavai, et les châteaux qui l'environnaient s'étendaient Jusqu'à la lettre F, puisqu'on a trouvé en ce lieu , en 1829 , d'énormes carreaux rouges , d'une terre fine, parfaitement polie, qui pavaient un espace assez considérable. Les ruines souterraines de C à D , le canal souterrain dont les puits B existent en- . core, le tuyau de plomb K , trouvé en 1827. Cette multitude de ruisseaux qui coupent dans toutes les directions la forêt de Monnaie ne prouvent-ils pas que les travaux attribués à Bavo Belgineus sont réels? peut-être lui doit-on l'aqueduc deFloursies, que les romains auront fait réparer tors de leur séjour dans les Gaules. La quantité de pierres sculptées qu'on trouve en labourant les champs entre Avesnes et Bavais serait un nouveau témoignage en faveur du récit de Jacques de Guise, mort en 1 399 , et qui a puisé son histoire dans des chroniques que ses contemporains n'ont pas démenties; nous ajoutons une foi implicite aux marbres d'Arundel, et nous voulons rejeter le témoignage de nos yeux ! La doctrine repoussante de Pyrrhon, aurait-elle encore des sectateurs? Avant d'accumuler les preuves , je citerai de nouveau Jacques de Guise.

4>vi$ine la JovH ïre Mormat.

Ursus, après avoir usurpé le trône des Belges et vaincu tous ses ennemis, voulut soumettre tous les peuples voisins à reconnaître pour Métropolitaine la cité de Trêves, et publia un décret par lequel il ordonnait que la ville de Bclgis (Bavai) et toutes les cités de son royaume seraient à jamais sujettes et tributaires de Trêves, et que toute poison ne qui s'opposerait à cet ordre, serait éco reliée vive. Les femmes de Belges en entendant proclamer ce décret jetèrent des cris et des hurlemens horribles, et s'empara nt avec furie de celui qui publiait Tédit , et des quatre ducs fils d'Ursus qui l'assistaieut, elles les déchirèrent tous les cinq à coups de dents et d'ongles , en autant de morceaux qu'elles étaient de personnes; puis courant avec impétuosité dans la ville, elles égorgèrent sans pitié tous les hommes et toutes les femmes de quelque âgequ'ils fussent, qui s'étaient montrés favorables à Ursus. Dès le matin du jour suivant, les hommes s'assemblèrent dans l'amphithéâtre de Bacchus; mais comme ils étaient pour la plupart, jeunes, timides, sans aucune expérience des armes et sans résolution , ils ne purent prendre aucun parti, ni trouver un chef. Les femmes, qui s'étaient aussi rassemblées dans le temple de Bel , et ayant connu cette faiblesse des hommes, retroussent leurs vétemens comme des folles et leur

montrent leur derrière. A cette vue, les hommes, frappés de honte et de crainte, s'enfuient de l'amphithéâtre de Bacchus, et cèdent leurs places aux femmes de Belgis , qui délibèrent et élisent pour reine la jeune Ursa, fille d'un prince des prêtres, lia reine fit le recensement de toutes les femmes depuis l'âge de 20 ans jusqua celui de 45 , et en trouva plus de deux cent mille capables de porter les armes. Elles jurèrent toutes par les Dieux , qu'elles défendraient avec leur reine les libertés de Belgis contre Ursus et ses Trévirois, ou qu'elles perdraient la vie.

Alors la Reine offrit d'abord des sacrifices à l'invincible dieu Mars , pour l'appaiser, et à la Déesse Vénus. Cent jeunes filles des premières maisons de la ville furent immolées saintement dans ces sacrifices solennels. Ensuite Ursa fit alliance avec les peuples voisins , qui promirent de soutenir sa cause. Ri val Ion , roi de Bretagne (Angleterre), envova son fils Gurgunsius avec une puissante armée pour sscourir la ville de Belgis; enfin les Gaulois s'étant joints aux Bretons, entrèrent dans Belgis et se préparèrent à opposer à Ursus la plus vive résistance. Mais la Reine ordonna que les seules femmes qU'Ur- 8 us' avait rendu veuves en fesant périr leurs maris, marcheraient les premières au combat. Les Bretons témoins du courage farouche des femmes, sortirent 4e la ville dans les faubourgs, où ils attendirent le

jour de la bataille. Ursus de son côté, à la tête de deux cent mille combattants, arriva à trois mille pas de Belgis, où il fit dresser ses tentes, mais soudain , au milieu de la première nuit , tandis que ses troupes dispersées, accablées de fatigue et d'inanition , disposaient leurs bagages de manière à faire le siège avec plus de sûreté, Ursa sortant de la ville avec son armée de femmes, attaque avec furie Ursus et ses Trévirois. Le roi qui était retenu au lit par

la fièvre, est étouffé avec un grand nombre des siens sans avoir été reconnu. Les femmes Belges mettent le feu aux chars, brisent les tentes et exercent un liorrible carnage, non sans perdre beaucoup des leurs et sans que la Reine ait reçu unegrave blessure; enfin elles se rallient et rentrent au lever de l'aurore dans la ville, qué leurs exploits avaient frappée d admiration. Elles perdirent dans cette affaire , trente mille des leurs, et restèrent ignorantes de la mort du Roi. Les Trévirois s'en étant aperçus songèrent à la retraite. Ursa courut pour s y opposer, et secondée des Bretons et des Gaulois, l'armée d'Ursus fut presqu'entièrement exterminée après une vigoureuse résistance; dix mille femmes restèrent encore sur le champ de bataille, 80,000 hommes de l'armée dUrsus furent massacrés. L'endroit ou fut livrée cette fameuseet sanglante bataille l'an 2 de la 7 e olympiade (voyez sur le plan le chiffre ^4) fut appelé (More Malorum) Mort des Médians ; il est nommé aujourd'hui Mormal par les habitans de

la contrée. On y planta , pour perpétuer le souvenir de cet événement remarquable , des arbres de deux espèces ;des chênes en mémoire des hommes qui y avaient péri, et des hêtres en mémoire des femmes qui y avaient été tuées. Cette forêt fut dans la suite, agrandie par plusieurs Rois et plusieurs princes, et s étend aujourd'hui jusqu'à une demilieue au midi de Bavai.

(Extrait de la traduction de Jacques de Guise par M. le marquis de Fortia, tome 2 , page 67 et suivantes)»

Pour ajouter un argument irrécusable à mes observations particulières. Je citerai la lettre de M. Wattaux , écrite sur les lieux et qu'il a bien voulu m'adresser.

Madame etc.

«c Les annales du Hainaut offrent, comme celles » de tous les peuples, parmi beaucoup de fables, *> beaucoup de véritésdont jedécouvre chaque jour » l'évidence. Etaut chargé de l'aménagement de la » foret de Mormal, où j'emploie un grand nombre s> d'ouvriers à creuser des fossés pour fixer les couy> pes, je trouve partout des traces positives que v> cette forêt ne doit pas sa formation à des temps » très-reculés. Il existe dans beaucoup d'endroits n les fondations d'anciens bâti mens; les pavemens » du rez-de chaussée de quelques uns, sont encorp

*> entiers et les carreaux d'une extrême grandeur, i» Dernièrement on a trouvé, parmi ces matériaux, » un morceau d'un énorme tuyau de plomb. Dali près l'auteur des annales, la forêt paraît avoir * été plantée Tan 2 de la 7 e olympiade, qui, sui- » vaut mes calculs, répond à l'an 768 avant notre » ère; il est probable que Ton a commencé à plan- » ter du nord au sud. C'est-à-dire depuis 24 jus- » qu'à une certaine latitude qu'on ne peut préciser, » mais qui coïncide, avec la distance de trois mil- » le pas indiquée dans les annales , où a commencé » la célèbre bataille, gagnée par les femmes Belges. » La tradition a conservé le souvenir du lieu où j> fut retrouvé Le corps d'Ursus, qu'on nomme en- » core Tombe de Gargantua , située en A au plan.

» Les annales disent que Belgineus, 2 e roi des » Belges, fit conduire à Bclgis (Bavai), les eaux de » la Sambre pour alimenter cette ville. Plusieurs p raisons appuient cette version. i° On trouve en j> H 1> J* tous les puits de tirage du canal sou Ut - » rain qui y conduisait les eaux de la Sambre.

» 2° Les rives de la Sambre offrent sur une lon- » gueur de cinq ou six lieues, un .sol presqu'au mô- » me niveau, jusquesdans ledépariementdcrAisne; » cela prouverait assez qu'un vaste étang y a lor.g- » temps existé, et que les moulins qu'on dit avoir * été établis à Pont vêtaient. Il n'est pas probable » cependant qu'il y ait eu cinq cents roues, où il » faudrait qu'elles eussent été bien petites. Mettons

» ceci pour la partie de l'exagération. D'après la » description de la première Belgis, il paraîtrait » que les profondes vallées qui avoisinent aujour- » d'hui Bavai n'existaient pas autrefois. Les eaux » de la Sambre auront sans doute commencé à les » creuser.

a La connaissance que j'ai du pays me donne la » certitude que c'est à Boussières, que César passa » la Sambre , et non l'Escaut, ainsi que le croit M. » d'Allonville , dont je respecte l'érudition et leta- » lent , mais avec lequel je ne puis être d'accord, y> d'après mes observations locales. M. Leglay que » vous avez cité page io4 du premier volume de » vos promenades partage cette erreur etcroitaussi x que les traducteurs des commentaires ont pris » un fleuve pour l'autre. Qu'il y ait «u une batail- » le sur les rives de l'Escaut, je l'admets, il est mê- » me probable qu'avant la défaite des Nerviens, Ce-

• » sar a du les combattre plus d'une fois. Carpen-

» tier, dans son histoire de Cambrai, parle aussi » d'un combat qui aurait eu lieu à Crevecœur , et . » dans lequel les Nerviens auraient eu l'avantage » (i) ; mais ici il suffit de rappeler les faits pour se

(1) Si nous^voulons croire au Vulgaire qui l'appelle Crevecœur de Jules César , nous dirions que ce fut le lieu , où ce conquérant , qui ne trouvait rien d'impossible à son courage , vit pour la première fois en sa vie «fleschir les ailes à ses vie*- » toires, et où la meilleure partie des capitaines Romains cmi

» convaincre que le théâtre de la défaite des Belli- » queux habitans de la Belgique était Boussières, "» et que les grands arbres que César aperçut lors- » que le jourparut, étaient ceux de la forêt de Mor- 0 mal qui avaient déjà 600 ans d'existence. Rappe- » lez-vous, madame, que César étant parti de Bi- » brax (aujourd'hui Brai village au-dessus de Laon) » marcha toute la nuit et fut informé avant le ' y> jour, parseséclaireurs qu'il n'était qu'à /\ooo pas ^ de la Sambre, qu'il envoya sonder cette rivière, » à. laquelle on ne trouva que 4 pieds de profon- * deur etc. qu'il descendit par une pente douceetc. » hors Boussières est l'endroit le plus escarpé de y> la Sambre; les distances indiquées par Césa/ se » rapportent, pourquoi ne pas s'en tenir à cette » opinion qui est aussi celle de l'auteur de l'histoi- » re du Hainaut? ceux qui veulent faire passer la » Sambre à l'armée Romaine au-delà deMaubeuge » n'ont pas réfléchi à la largeur de la rivière; mais » laissons le passage de César pour revenir à la foy> rêt de Mormal , principal objet de la lettre que » j'ai l'honneur de vous écrire, et vous donner des i> preuves que l'emplacement de cette forêt a été » autrefois une plaine sur laquelle se trouvaient

» avaient arborélet étendards de leur empire sur les plus forte» 9 citez, trouvèrent leur tombeau par la force des Belges , qui » s'oppoçèrenB à leur passage. »

[Carpeutier3 s partie page

» beaucoup de châteaux ou habitations; c'est que » les fondations existent encore en C. D. E. F. G. » H, et K. (voyez le plan) , on a trouvé en 1 8 1 7 > » une urne en H enfermée entre cinq pierres énor- » mes, tels que tous les monumens' celtiques. JLes » bûcherons qui l'ont découverte , croyant que le » vase contenait un trésor , se sont empressés de le » casser et n'ont trouvé que de la cendre et qiael- » ques pièces de monnaie, dont plusieurs ont été y> envoyées à Paris ; je ne puis vous dire à quelle » époque elles se rattachent > ne les ayant point » vues. Au même endroit, en 1822, un nommé » Hallant, d'Obies, trouva des pièces d'or, qu'un » garde nommé Landa dénonça à l'inspecteur, qui » força Hallant de déposer sa trouvaille entre les » mains des agens du gouvernement. Cet homme a x> reçu dit-on , une récompense ; il est mort depuis » cette époque.

» Un autre bûcheron a été plus heureux sans » en avoir sans doute tiré grand bénéfice, il trouva » en i8o4> en L près d'Obies, un vase dans lequel il » y avait des pièces doret d'argent, qu'il a vendues » à feu M. Carlier, curé de Bavai. Ce vase était sous yx un des plus gros hêtres de la forêt*

» Mes ouvriers ont trouvé plusieurs vases avec y> de la cendre en G. dans la vallée de Dégobille.

» Un des ouvriers de l'entrepreneur des répara- » tions à la chaussée Brunehaut, de Bavai à St.- * Quentin , en défesant une butte de l'ancienne

t> chaussée que le temps n'avait pu détruire, déter- 10 ra une grande quantité de médailles romaines » petit bronze ; malheureusement il ne se trouva » personne d'instruit pour les recueillir, Cet ou- •» vrier ne pouvant leur donner cours les prodigua y> à des en fans, qui les aplatirent pour jouer où en » faire des Iiards ; toutes mes recherches pour en » retrouver m'en ont fait obtenir deux entièrement » Trustes ; je n'ai pu en lire la légende.

« Je terminerai cette lettre par deux chartes re~ y* latives à la forêt de Mormal, extraites des anna- » les du Hainaut :

Du palais de Lanytes, Van 921 , le 8 janvier.

Charte par laquelle un Roi de France, nommé Charles, dota l'abbaye de Maroilles, au pays de Hainaut qui s'appelle Landunertëiê , pour la subs~ ta n ta t ion de trente religieux.

Leur donna la brasserie en ce monastère, auprès du pont qui s appelle Uaysencias , avec toutes les dépendances, et la forêt qui est auprès du monastère, pour y prendre pour la substantation des frères; tous pourceaux engraissés dans ladite forêt, sans qu'autres gens y puissent rien prendre , aussi toutes les sergentèries etappendances sujettes à tou> tes choses devant dites.

« En 1241 , Thomas de Savoie , comte de Hainaut et de Flandre, par son mariage avec la comtesse Jeanne, fit amener de Savoie dans la forêt de

Mormal , des taureaux non apprivoisés avec plusieurs vaches de très-grande espèce , et les fit mettre dans ladite forêt , dont la génération existe encore aujourd'hui : il fit aussi amener des chevaux d'Espagne et d autres pays.

Adourna ladite foret de lois et de coûtâmes. »

Cette dernière ligne nous donne la première no— tion sur l'aménagement de la forêt de Mormal.

a Puissent, Madame, ces renseignemens vous » être utiles et trouver place dans votre intéressant » ouvrage qui, chaque jour, est déplus en plusapy> préciéparleshabitans du pays que vous décrivez.

ce Wattajjx, géomètre. »

M. Le Glay, dans une lettre pleine d'érudition insérée dans les Mémoires de la Société d'Emulation de Cambrai , dit : que César étant chez les Ambianais lorsqu'il se mit en marche pour attaquer les Nerviens, dût entrer sur leur territoire par le point qui séparait les deux peuples, vers Bapaume. Après des raisonnemens éloquens, étayés de plusieurs citations savantes , M. Le Glay ajoute :

a Je tx-ouve à huit lieues environ de l'extrême » frontière des Nerviens et des Ambianai* , un em- » placement qui rappelle toutes les circonstances » énoncées par César. Au sud de Cambrai, vers l'an- » cienne ville de Crèvçeœur, l'Escaut , déjà grossi » par l'abondance de ses sources et par les ravins

» qui descendent des hauteurs voisines, présente 9 sur plusieurs points, une profondeur de trois pieds y> et plus. Son lit très-encaissé, est çà et là protégé » par des rives fort escarpées. Sur la droite du fleu- » Te s'élève un plateau que couronnent les bois des i> Quesqeaux, de la Gourdine et de Vaucelles, et » qui se continuent avec le Montécouvet et d'autres » mamelons, tels que le Belgemont aujourd'hui Re- * velon , etc. ; sur la rive gauche nous voyons la de Bonavis , etc.

. » Je place donc les Nerviens dans les bois et sur d les collines de Vaucelles, j'établis l'armée romaine d à Bonavis. De cette façon , je mets les combattans 9 en présence, absolument comme César dût les met- » tre lui-même. Rien ne manque à mon champ de j> bataille. De part et d'autre les camps sont assis sur » une colline qui descend vers la rivière par une dd- » clivité douce et réglée. Une partie de celle qu'oeil cupaient les barbares est encore aujourd'hui suf- » Gsamraent boisée pour cacher de nombreux ba- » taillons. Le penchant de cette colline, n'est guè- » res qu'à deux cents pas de l'Escaut , pasêus cirti- » ter ducentos, d'autres indications viennent fort*- » fier cet ensemble de probabilités. Là est la ferme de w Yinchi, Vinciacum dont le nom parait rappeler' » le souvenir d'un grande défaite. Plus loiu, du » côté de Ban tome l et d'Honnecourt , on voit en* » core des vestiges de retranchemens que les habi-

Di

» tans ont toujours regardés comme ayant été » construits du temps des romains, etqu'ils ont ap- » pelés les Câtelett , de Cas tel/a , Petit* Champ** » En approchant de Crevecœur vous gravisses le Bel- » gemont (aujourd'hui Revelon) , qui sans doute 31 » été nommé ainsi pour un motif historique. Enfin » on a découvert à diverses reprises dans les envi— » rons, des débris d armes, des ossemens d'homm< » et de chevaux presque pulvérisés par l'action » siècles , des médailles consulaires, et autres objets » d'antiquités, etc. etc. > ^ 7 ..

En admettant que le lieu décrit par M. Le G!ay y avec le charme qu'il sait donner à toutes ses productions , ait été le théâtre d'un combat entre les Nerviens et les Romains, cela ne détruirait pas l'opinion de M. Wattaux, car le combat qui a anéanti nos braves ancêtres, n'a pu être donné dans le Ver— mandois, dont César était maître lorsqu'il fit lèpremier siège de Bavai. Les auteurs cités par Jacques de Guise, Helmand historien, Hugo, Nicolas, etc, tous ncfmsqui sont aujourd'hui inconnus, disent queCé~ v sar après avoir vaincu les Rémois et autres peuples, eut encore à vaincre les Belges qui entrèrent dans la ligue formée contre lui, par lesVeromanduens, les Suessiones etc. ; qu'une innombrable armée se réu-

nit aux bords de l'Aisne où César était campé de l'autre côté, que celui-ci n'osant les attaquer, se retrancha dans son camp , où les Belges insultaient les Romains par des chansons et des huées; que

x-j: MYiCÎi iiiïBîiB i Té ^ii i n ir**

César ayant reçu deux nouvelles légions de renfort, fit une sortie où il tua un si grand nombre de Belges ou Nervi ens , que ceux-ci se servirent des cadavres de leur armée pour combler la rivière et se faire un pont afin de la traverser en fuyant ; qu'après cette boucherie César s'enferma de nouveau dans son camp , que les Belges ennuyés de ne pouvoir se battre en bataille rangée, et manquant de vivres retournèrent chacun chez eux. César se hâta de soumettre après leur départ Beauvais , Soissons, Amiens, et mit une garnison à Samarobrive aujourd'hui St-Quentin. Delà il alla en Italie pour obtenir des renforts et laissa une forte garnison à Bibrax.

Voici ce que je trouve dans l'histoire du Yermandois, par M. Hordret de Flechin. Une armée de 285,ooo hommes, dont h. moitié était composée de Belges, s avance dans le Soissonnais pour s opposer à César. Celui-ci assuré de la fidélité des Rémois, s avance jusqu'à B rai ne, s empare de la ville, y met garnison , et campe avec son armée à deux lieues de là.

L'année I iguée arrive à Braine , et attaque cette vi 1le.'Iccius qui commandait dans la place, ne pouvait tenir longtems contre une armée si nombreuse. César loi envoie pendant Ta nuit des archers Candiots et Humides de son armée, avec les frondeurs des lies Baléares. Les Gaulois aussi effrayés qu'étonnés de

ces troupes nouvelles, lèvent le siège, dévastent tous les environs, et marchent droit à César. Un marais séparait les armées ; ni l'une ni l'autre ne crut devoir s'y engager pour aller à l'ennemi. César restai t sur la défensive, parcequ'il était infiniment plus faible eu nombre; il se tenait dans son camp et tirait des vivres de Reims. Les Gaulois, pour les lui couper, s'avancèrent vers la rivière d'Aisne, afin d'essayer de la passer à gué, et de rompre le pont par où il fallait nécessairement que les vivres passassent, César, averti de leur dessein, vole de ce côte là avec toute sa cavalerie et ses gens de trait, les atteint dans l'embarras du passage, et en fait le plus grand carnage malgré leur courage invincible , fait traverser la rivière à sa cavalerie , enveloppe ceux qui étaient passés et les taille tous en pièces, 57 ans • avant J.-C.

Ce ne fut que sept ans après que les Nerviens furent soumis , et avant cette époque / César tint les états de la Gaule à Samarobrive, dit M. Fouquier- Cholet, dans son histoire de St. -Quentin, et y donna des quartiers d'hiver aux légions ; ce n'est donc pas encore là le théâtre de la défaite complète des Nerviens. En supposant même que l'Escaut soit la rivière désignée par César, il faudrait qu'il l'eut passée au-dessus de Valencien nés, puisque le siège de la cité des Belges suivit la victoire de César. Les ossemens et les armures trouvés près de Vinchi

pourraient aussi bien appartenir aux soldats de Charles Martel qu'aux Romains. Le combat du premier dans ce lieu est constaté, et les médailles consulaires trouvées en petite quantité dans ces parages , prouveht seulement que les Romains y ont séjourné, ce qu'on ne peut mettre en doute, puisque "Vertnand et les Castelets doivent leur origine aux troupes de César campées en ce lieu.

Trop ignorante pour réfuter l'opinion des sa vans qui ont écrit stir ce sujet, je ne hasarderai même pas mes conjectures; j'obserVerai simplement que de Vaucelles à Bavai il eut fallu plusieurs jours de marche avec une armée munie de toutes les machines de guerre alors en usage pour assiéger les villes; qu'en outre il eut encore fallu que César traversât le Honneau, avant d'arriver à Bavai, et qu'il n'y avait point de pont sur cette rivière. '

Si les Nerviens ont été défaits sur le territoire de Solesmes , comme le dit l'extrait suivant , César aurait passé la Selle et non la Sambre. Si l'armée s'était dirigée du coté de la Sambre, elle n'aurait pu se dispenser de pénétrer dans le territoire des Vé-> romanduens, en traversant les cantons où se trouvent aujourd'hui Péronne, le Catelet et Landreeies , et par conséquent d'abandonner celui des Nerviens ; ce qui serait en contradiction avec le texte des Commentaires.

On ne peut guères d'ailleurs supposer que les

Nerviens, au lieu de défendre rentrée de leur pays, vers les limites de celui des Ambianais, se soient repliés au loin derrière la Sambre , en laissant envahir la plus belle partie de la contrée qu'ils occupaient. Ainsi , sous le rapport géographique, comme sous le rapport de l'art militaire, on ne conçoit pas cette position d'une armée qui veut s'opposer à une invasion.

Il est donc raisonnable de penser que l'armée romaine se dirigea vers le point qui séparait lgg. Ambianais des Nerviens.

Voici ce que dit de Guise de la première bataille des Belges ou Nerviens contre César. D'après un historien nommé Nicolas, après avoir réduit Beauvais , Amiens , etc. , J : . César ayant entendu parler de la puissance de la cité de Belgis , de la valeur et du nombre des troupes, résolut de les attaquer , syousjç prétexte qu'ils avaient injurié et blasphémé les Dieux. Les, Belges instruits des dispositions de César qui venait de s/em parer de Fermand, résolurent d'aller au devant de lui , et leur, innombrable açmée vint çamper à sept lieues de la cité des Belr-. ges (Bavai ) , dans ua lieu qu'on nomme encore ai^r lounl'hui le Camp dolent (i).

(1) Il y a effectivement sur lé territoire de Solesmes, une campagne nommée le Camp dolent , auprès d'ans place nommée le Pergol , qui est à sept lieues de Bavai.

roi des Belges , Ursaire, disposa son armée eo plusieurs divisions à la téte desquelles étaient des ducs. Le corps de l'armée formait une masse ronde à deux ailes très-épaisses , qui s étendaient à gauche et \k droite et étaient soutenues par deux autres corps formant des masses rondes; quatre autres divisions avaient une forme triangulaire, hexagone, circulaire et quadrangulaire. César ayant appris par ses espions l'ordonnance de cette armée , dit aux siens : Nous aurons enfin des ennemis dignes de nous. Il alla camper sur une montagne opposée au camp des Belges que' Ton appela Mont de* morli{%). Les armées étant en présence, la bataille commença. Les Romains eurent le dessous la première journée ; beaucoup de leurs alliés , Bourguignons et autres , furent tués; la seconde journée fut fatale aux Belges ; le roi Ursaire, ayant percé l'armée romaine jusqu'à la montagne où César était avec ses 10% 1 i e et 12 e légions , fut tué et son corps d armée mis en pièces , au point que le sang coulait par torrens, comme Peau après uue forte pluie d orage. Il restait aux Belges trois corps d'armée ; le troisième jour , ils attaquèrent avec furie les Romains qui étaient descendus dans la plaine, et firent des pro-

(a) Il est à supposer que le Mont des morts est une montagne près de Solesmes, du coté de Vicsly , qu'on nomme aujourd'hui le Haut-mor-mon , environ à uue dt nu- lieue du Camp dote ht.

diges de valeur pour venger la mort de leur Roi. Il y eut de part et d'autre un horrible carnage : les Belges , maîtres du champ de bataille, se décidèrent à retourner dans leur ville , afin de la fortifier contre le siège qu'ils prévoyaient. Cçsar s apercevant de leur départ, les fit poursuivre par la io° légion qui les chassa jusques dans leur cité,

Lorsque le jour parut et que les Romains parcourant le champ de bataille, virent la quantité des morts , i|s se lamentèrent et pleurèrent pendant tr3is jours, ce qui fit donner le pom de Camp dolent et de Mont de* mort* à çes*lieux pu tant d'hommes perdirent la vie,

Si effectivement le combat a eu lieu , il est probable que César, dont la perte était comparativement plus grande que celle des Belges , soit retourné à Samarobrive ( St.^Quentin ) , pour réunir ses légions ; que de là il ait été à Bibrax (près de Laon), et qu'il ait passé la Sambre à Boussières , ainsi que le croit M. Wattaux. Je laisse actuellement aux savans et aux historiens le plaisir d'éclairer ces différentes versions. Je suis déjà assez fatiguée d'avoir pâli quatre nuits à parcourir des chroniques et des manuscrits qui ne m'ont rien appris de nouveau. C'est pourquoi ayant promis à mes lecteurs de leur dire ce que tout le monde ne sait pas encore , je reviens à la forêt de Mormal , que j'ai quittée malà-propos pour divaguer dans le champ parfois im-

probable de l'histoire, et sur laquelle, grâce à TobLigeance de M. Wattaux , tout est posiiif.

On a remarqué peut-être sur le plan de la forêt \e renvoi ; c'est là où le 4 août 1826, à la suite d'un orage terrible qui faillit faire périr M. l'Insjpecteur et ses gardes , où d'énormes gréions avaient jonché la chaussée de quantité de branches de chéries et de hêtres, où les eaux, s'écoulant par torrens , dégradèrent les chemins et particulièrement un fossé nouvellement creusé , que le nommé Auguste Cuisset, de la ce immune d Hargnies , convalescent d'une opération du trépan , alla prendre le frais vers le soir ; et suivant le fossé, aperçut dans l'endroit le plus dégradé par les eaux, six espèces de disques en airain qu'il prit d'abord pour six assiettes. Les ayant retiré de la terre avec beaucoup de peine, il ne sut ce que c'était , et en donna deux à M. Wattaux, les autres furent vendus à un chaudronnier et sont probablement fondus. Ces disques étaient des enseignes de Thomas de Savoie , second époux de Jeanne, comtessede Flandres, prince dont les historiens ont peu parlé. Oudegherst dit <c que y> c'était un prince vertueux, doux, sage et débon- » naire, et quand la nécessité le requerrait, vaily> lant et très-hardi , ce qu'il prouva en j 242 , en » guerroyant dans le Brabant. »

Les annales du Hainaut disent que Monseigneur de Savoie* comte de Hainaut et dç Flandre , fit

beaucoup de choses dignes de mémoire ; il fit mettfe son scel au château et en la ville de Mons , qui y était encore en 1 5oo et conforme aux objets trouvés au bord de la forêt. Ces enseignes ont 20 centimètres de diamètre et portent les armes de Savoie qui, comme ou x le sait , sont de gueule à la croix pleine d argent, et ont deux licornes pour support. Le comte Thomas retourna en Savoie en , après la mort de sa femme.

M. Wattaux se trouvant, il y a trois ans , avec quelques agens forestiers supérieurs près de la forêt, en IV du plan , s'aperçut qu'une boussole qu'il tenait à la main s'était dérangée tout-à-coup; il dit à ses chefs qu'il y avait sûrement une mine de fer en cet endroit ; ceux-oi le plaisantèrent et lui dirent qu'il était désorienté. Quelques mois après , la mine fut découverte à deux pieds sous terre, et la compapagnie a demandé au gouvernement la permission d'établir un fourneau dans la forêt : sans l'observation de M. Wattaux, il est probable que cette source de prospérité pour le pays serait encore inconnue.

Je vais enfin vous quitter pour aller à Avesnes ; daignez, mes chers lecteurs, vouloir bien m'adresser les observations que vous aurez faites sur les erreurs que j'ai pu commettre, ou sur les faits que j'ai omis; signalez hardiment mes bévues ; autant une satyre intéressée déplaît , autant on accueille

une critique juste et sans prévention. Je fais donc un appel à toutes les bonnes volontés de l'arrondissement. La première édition de mes Promenades étant presqu épuisée , je veux que la seconde soit digne d être lue par ceux dont la bienveillance ma encouragée , et réalise la prédiction de jê ne sais quelle obligeante personne , qui a fait insérer à mon insçu la note de la page 99 du deuxième volume. J'accueillerai avec reconnaissance toutes les réclamations , et m'empresserai de les insérer dans mon ouvrage.

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