‹ Promenades dans le golfe Saint-Laurent [microforme] (volume 2)Chapitre 2 sur 23 · LUN · texte numérisé non relu

LUN

; eS- par le soleil. Au nord bruissent les flots du bassin, che pendant qu’au sud l'Atlantique soupire dans ses soli- | mp- tudes, et qu’en arrière du spectateur, la brise passant ères | sur les hautes futaies du Cimetière, et sur les plantes lé à N. embaumées des jardins publies, court faire onduler les e de gazons de ces interminables prairies qui vont se perdre

eb vers le “ Jead of the Arm.” Ce spectacle est sublime, ri je l’avoue, et s’oublie difficilement pour celui qui n'a de pas eu la bonne fortune de voir lever le soleil du haut nire de la forteresse de Québec.

phas De la citadelle nous nous fimes mener au “ Spring

Jlower garden,” beau jardin rempli de lacs artificiels

160 | et de fontaines pittoresques. Dans ses larges allées qu sablées le publie vient se reposer du travail quotidien 5e et y chercher une heure de délassement, La musique du que 60ème carabinier anglais y jouait; mais nous ne pâmes his juger de là fashion de la ville, car le temps s'étant mis hel, à la pluie, nous rentrâmes à l'hôtel pour préparer le di programme du lendemain qui, fut employé à visiter les elie ! environs de la ville.

ta | Nous étions accompagnés du vice-consul d’Espagne, ère don Antonio de Zéa, joyenx et spirituel garçon, dont rule la verve ne tarissait pas, Hissés dans une monumentale Leds voiture qui semblait avoir üté fraîchement découpée 59 de cette estampe d'Epinal qui représente Ravaillag ns plongeant son poignard à travers la portière du carosse aa de Henri IV, nous fîmes le tour de la Pointe. et nous pée

parcourûme le Head of the Arn, ainsi que le labyrintho

du chemin militaire, une des plus jolies promenades de la Nouvelle-Ecosse, Comme il faisait plaisir de se sentir entraînés rapidement sous un ciel pur et balsa. mique, par une journée, ni trop tiède ni trop fraîche, et de hu'ner à loisir la brise de mer, pendant que sous nos yeux défilait le plus joli panorama possible, Là, devant nous, se trouvaient scimés à plaisir, forêts sombres et hautes futaies, horizons sans bornes, chanmières ct fermes confortables, villas enchanteresses, où les rois du commerce néo-écossuis se donnent le luxe d’une saison des eaux, à deux pas de la Bourse, de leurs bureaux d'affaires, de leurs entrepôts et de leurs navires.

Rien ne manque ici pour le bonheur de l'homme, pas même une gcôle, et le premier édifice que nous eûmes l’occasion de visiter en route, fut le pinitencier, où nous fûmnes reçus par le gouverneur de là prison, Il nous fit les honneurs du bagne, et Awénor lia de suite conversation avec un second de navire qui, dons un moinent de mauvaise humeur avait assominé son capitaine à coups de barre d’anspect, puis l'avait jeté à la mer. Quant au consul d'Espagne il se prit d'intérêt pour un lascar de l'Inde. Ce petit homme, à l'air doucereux, n’était condamné que pour viol, accompagné d'une tentative de meurtre. Pendant les longues heures de la prison, le repentir était venu frapper à la porte de ce cœur endurci; il n’espérait plus qu’en la vie future, et se plongeuit sans cesse dans les innombrables réflexions que peuvent faire n itre les 999 incarnations de Vichnou,

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me, nous ler,

y apportant tout le soin que sait mettre un fakir de son pays, quand il passe des jours entiers abimé dans la pieuse contemplation de son nombril. Au milieu de cette loterie du crime, le hasard m'avait donné un partage un respectable vieillard, à la fixure ouverte, au front large et ombragé par des cheveux blancs, qui m'avait offert ses bibelots avec un grand air de bonhomie. Il fabriquait à ses moments de réeréation et vendait aux visiteurs, des manches de plume, des coupe-papier, mille et un riens fouillés dans les os que lui abandonnait le cuisinier. Je fis discrètement mon choix, tout en m’apitoyant sur le sort de ce patriarche, dont la tête n’aurait pas déparé les épaules d’un ermite de la T'hébaïde, et ce ne fut qu’à la porte que j'apprisle principal épisode de sa biographie. Ce vénérable septuagénaire avait eu la faiblesse d'assommer son frère au milieu de la nuit, Fiez-vous donc maintenant aux apparences,

En rentrant en ville, nous allâmes visiter la cathédrale catholique, petite, jolie, un peu mignarde dans son architecture ogivale (*), et nous parcourûme, l'h6pital militaire de la rue Gottingen qui a couté $150,000 au gouvernement, ainsi que l'hôpital provincial, pour lequel on a dépensé 8260,000. Ce dernier n’était pas encore terminé. Quant au parlement provincial, nous

(*) La liberté du culte catholique fut autorisée à la Nouvelle- Ecosse, en 1783, par un acte du parlement provinoial.

fîimes de vaines tentatives pour y arriver, en visiteurs, bien entendu. Le conservateur de la bibliothèque faisait de la villégiature, et sa permission était indispensable pour parvenir jusqu’au sanctuaire des libertés néo-écossaises,

Ce qu'Halifax avait de plus curieux À nous montrer était à peu près épuisé. Nous avions trouvé la ville propre, hospitalière et portant à ravir ce cachet d'originalité qu'ont presque tous les grands centres maritimes, La liste des édifices publics avait été consciencieusement épuisée, Nous avions parcouru ses parcs ct ses jardins, flâné dans Zollis Street, la rue fashionable de la capitale, visité ses magasins et fumé dans les clubs mis à la mode par les officiers anglais, Nous n'avions pas mêine oublié les cimetières, où une touchante coutume populaire mous avait frappés, Elle consiste à entasser des conques marines au pied des épitaphes: puis, à certains jours on vient s’agenouiiler, ct l'orville appliquée aux lèvres de Ja funèbre coquille, on écoute nieusement la grande voix des morts qui murmure ct se plaint de l'oubli des vivants.

Néanmoins, je ne pouvais quitter Halifax sans visiter son marché. De ma vie je n’oublicrai le spectacle de ce jour-là.

Ici, les vendeurs forment trois groupes bien distincts : les indiens, les nègres; les blanes,

Les indiens appartiennent tous à ces puissantes tribus qui jadis, sous les ordres du baron de Saint-Castin, tin-

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rent si longtemps les Anglais en échec. Acevroupis sur leurs talons, ils attendent silencicusement que l’acheteur se présente et marchande les peaux repassées, les mocassins, les raquettes, les paniers, les petits objets de fantaisie qui composent leur fonds de commerce, Quelques-uns d’entre eux parent encore le français ets’en mentrent très-fiers ; la plupart sont catholiques.(*)

La gaicté bruyante ‘lu second groupe fait contraste avec l’immobilité du y mier, Partout ce ne sont que lazzis, éclats de rires, démonstrations de joie enfantine, Nègres, négresses, négrillons, jadis tous princes ct princesses du sang en leur pays, sont-là entassés pêle-mêle erlant à tue-tête leurs fruits et leurs lenrées! Le marché d'Halifax est uni jue sous ce rapport, et je ne crois pas qu’il existe au monde un endroit où l’on puisse rencontrer a itant de nez cumus, de dents blanches, de yeux noirs et ardents, de lèvres épaisses de trois pouces, de

(*) D’après les statistiques oflicielles du Canada, la tribu des Miemaes occupe la Nouveile-Evcosse, l’île du Prince Edouard, la pariie est du Nouveau-Brunswick et les comtés de Bonaventure, Gaspé et Rimouski, dans là Province de Québec. En 1871, ils é.aient 1745 âmes. Du temps de Diéreville, en 1706, les Micemancs habitaient les eivirons de Port-Royal et le long de la rivière Saint-Jean. Les Angiaïis firent à cetie tribu, ainsi qu'à celle des Abénaquis, une suerre sans mt. Dès la fondation d'Halifax, un scalp indien était off :iellenx coté à dix louis sterling. En 1750, le gouveraement de la Nouvelle-Ecosse offrait une prime de einquante louis sterling pour chaque chevelure de peau-rouge, et six ans plus tard, une nouvelle prociamation offrait tronte louis pour chaque indien pris vivant, vingt-cinq louis pour son scalp, et. vingt-cinq louis peur chaque femme ou enfant.

bottes éculées, d'habits noirs râpés, d’uniformes et de livrées flétris, de cravates blanches, rouges ou bleues

longues d'un pied, de robes jaunes surmontées d’un fichu.

vert, de cachemires en loques, de pantalons à jour et da

chapeaux de castor fantastiques. Sur ce petit coin de

terre la déesse de la folie a laissé rouler quelques-uns

de scs grelots, et certes l'homme qui, à cette heure,

aurait pu enrégimenter dans une troupe de ménestrels : tous ces rois ot toutes ces reines d'Afrique, aurait pris

du même coup la fortune dans ses filets (F3.

Les écossais, les irlandais, les anglais et quelques acadiens composent le troisièine groupe, qui nous réservait un curieux incident, Près d'une voirure attelée à un petit cheval blanc et chargée de bluets—la myrtille de France—se tenait debout un homme de taille audessus de la moyenne, vêtu d’un veston bleu, d’un pantalon d'étoffe grise et coiffé d'un large chapeau de feutre. Sa figure osseuse et énergique tranchait assez sur les tynes rubiconds qui l’entouraient, pour faire dire à Agénor Gravel :

—Tivns, je parie que voilà un Français.

(*) En 1797 l'esclavage régnait encore à Halifax, et M. White cite à l'appui de cet avancé, l’annonce suivante parue dans le journal du temps.

For saze. A lively, stout negro girl, aged 18 years, good natured, found of children, and accoustomed to both town and country work. For particulars apply at the Old Parsonnage, Dutch Town Halifax.

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Et s’avançgant vers lui :

— Vous êtes Acadien ?

— Oui, monsieur.

—Marié à une Acadienne ?

—Mais pourquoi pas ? fit l'autre d’un air étonné,

—Où habitez-vous, lui dis-jo à mon tour ?

je —Je demeure à vingt-deux milles d'ici, à Chetzett- ‘ook, pour vous servir monsieur,

—Merci: qnel est votre nom ?

— Antoine Faucher; et le vôtre ?

— Faucher aussi, répondis-je en serrant la main du brave homme qui croyait à une mystification,

Nous étions de la même famille; l’un appartenait à la branche d’Acadie, l’autre à celle du Canada, Nous descendions tous deux de cet humble soldat du Limousin qui, débarqué à Québec le 15 octobre 1669, était venu faire souche en la Nouvelle-France, et y avait vu Dieu bénir ses efforts, puisque jusqu’à ce jour il a perinis à ses enfants de conserver la langue et la religion de leur père. ÆEmus l’un et Pautre, nous n’osions plus nous

quitter, et ce n’est qu'après lui avoir promis d'aller à Chetzettcook que nous nous séparâmes.

Le lendemain—qui peut répondre du lendemain ?— une dépêche télégraphique nous rappelait à bord du Napoléon IIT, et je fus forcé de iaisser derrière moi cet intéressant village acadien que, plus heureux que moi,

un officier de la marine française, M, L. du Huilly, a si bien décrit dans les pages suivantes : (*)

4 Dès le matin nous étions en voiture. La campagne que traversait la route avait ce caractère particulier à tous les paysages de la Nouvelle-Ecosse: rien de grandiose ou d’abrupte, mais une succession de pelouses ondulées et de côteaux gracieusement couronnés «de bois; de distance en distance, un lac transparent, sur lequel glissait sans bruit quelque pirogne d'indiens, et sur la rive, la hutte conique en écorce de bouleau, où la squaw, sa compagne, passe la journée à tresser des paniers. Pius loin, le pays était occupé par une petite colonie de nègres fugitifs des Etats- Unis. Plus loin encore la mer reparaissait à l'horizon élargi; des barques de pêcheurs étaient halées sur la grève, une certaine de maisons se montraient éparpillées sans ordre le long du chemin; c'était le village de Chetzettcook, groupé autour de sa modeste église de bois. À l'entrée, quelques marmots déguénillés jouaient dans un fsc6 Combien résonna doucement à notre oreille leur patois enfantin, émaillé de j'allions et de j'éfions! De même à la ferme où n°78 allâämes demander l'hospitalité tout était français, tou ‘ivuit été relirieusement conservé, le costume aussi bien que linwse. Çà et là quelque locution vieillie rappelait depuis “orivien de t:mps ces pauvres exilés vivaient loin «ie 1x inère patrie, qu’ils désignaient toujours sous le nom de vieur puys. On eût pu se croire trans-

(*) Campagnes et stations sur les côles de l'Amérique du Nord, par L. du Hailly, Paris. Lo véritable nom de cet écrivain de talent et do cœur était Valetcourt. 11 est mrt capitaine de frégate, il y a déjà quelques aunéos.

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porté dans un village normand d'il y a deux siècles, Ii demeuraient les Bellefontaine; ce pêcheur qni déchargeait son poisson était un Monette; ce laboureur qui revenait des champs un Lapierre. Pas un nom qui ne nous fût familier. Le sentiment que nous épronuvions ne peut être compris que des Français. Pour l'Anglais et pour l’Espas gnol qui ont couvert le monde de leurs émisrations, rencontrer au loin un compatriote n’a rien que d'ordinaire: il €a est autrement pour nous, dont, sauf de rares exceptions, toutes les colonies sont passées en des mains étrangères, e ee n’est jamais sans émotiou que nous retrouvons au-delà des mers, les vestiges de l'empire que nous n'avons pas 81 conserver. L’émotion était plus vive encore ici, où depuis si longtemps ces débris étaient enfouis dans un coin perdu de la Nouvelle-Ecosse. Il me semblait à (hezette Ok, relire l’une après l’autre les premières pages d'Evungeline, La nature qui m’entourait avait bien le charme voilé, l’attrait mélancolique et pénétrant des campagnes décrites par Longfellow ; les femmes avaient le méme costume, la même quenouille chargée de ehanvre; le village et les maisons étaient tels qu’il les à dépeints. La joie de ces pauvres gens était grande de recevoir des visiteurs qu'ils considéraient comme des compatriotes, et force fut d'accepter une hospitalité qu’on ne nous permit de reconnaître que par des remerciements. Le maître d'école demandait les livres français dont nous pourrions disposer pu r les besoins de ses élèves, et une de leurs premières préoccupations, en apprenant que des bâtiments de guerre du vieux pays 8e trouvaient à Halifax, fut de savoir si ces navires avaient un prêtre et s’il voudrait venir prêcher en français chez eux. En effet, par une regrettable anomalie, qui est plutôt

en

le fait des circonstances que d’ancnn mauvais vouloir, le curé chargé de desservir cette modeste paroisse est le plus souvent un irlandais qui s’y considère comme en exil, et qui ne sait pas un mot de notre langue. La population de Chezettcouk, peut être de 2,500 âmes environ (*); originairement formée d’un petit nombre de familles qui ne se sont alliées qu'entre elles, elle s'est accrue et multipliée peu à peu, sans que nul mélange étranger vint s'y glisser comme la goutte d'huile qui s'étend à la surface de l’eau sans s'y mêler. Serait-il vrai que l'attachement au sol natal se conserve d'autant plus vivace que la position 80ciale est moins élevée? Au lieu des humbles paysans dont nous parlons, supposons quelques opulentes familles Françaises ayant échappé par hasard à la dispersion de leur race, et ayant depuis lors continué à s'enrichir; croit-on qu’elles ne seraient pas devenues aujourd’hui Anglaises de mœurs, d'idées et de langage? Respectons la pauvreté la. borieuse; l’Acadien lui doit le sentiment de sa nationalité, pendant que la France iynore aujourd’hui jusqu’au nom de ces enfants perdus qui n’en conservent pas moins religieusement son souvenir ($)./?

(*) Lo recensencnt de 1870 donne à Chezettcook 1334 âmes.

($) A ces curieux détails que M. du ITuilly nous offre sur Chezottcook, j'&jouterai une citation d'Haliburton, traduite par M. Rameuu. lle complètera l’idée que l'étranger peut se faire sur 1æ Manidre de vivre des Acadiens. Il s’azit de co; malheureux qui, dirigés sur Boston, furent rapatriés plus tard dans le comté de Clare, ‘ partio do la côte néo-éco:saise qui était alors non-seule-

ent inhubicée, muis fort éloignée de toui étublissemont anglais, et accessible seulement par mer!”

—t* Aujourd'hui Ia routo d'Hulifax à Shelbourne passe à travers lours établissements qui s'étendent pendant plusieurs iuilles

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De l'autre côté de Halifax se trouve la petite ville de

Dartmouth; elle est à ln capitale néo-écossaise ce quo

peut &tre Lévis à Québec. Les points de vue que l'on découvre du haut de ses collines sont splendides, et sur l’une d’elle, qui porte le nom consolant de montagne de l'Espérance— ount Hope—cst sis le plus bel hôpital d’aliénés qu’il soit possible de voir. | Néanmoins les autorités S'y distinguent par une excentricité qui, certes, ue se trouve pas déparée au milieu des cas d’aliénation les plus fantestiques confiés à leurs

sur le rivage, et ressemblent à un gros village. À l’entréo du voyageur duns Clare, les maisons, les ustensiles de ménage, le lan gage étranger et l'habillement uniforme, mais particulier des habitants, excitent sa surprise ; car aucun canton de la Nouvelle- Ecosse ne possède un curactèro plus distinctif. Les Acadiens sont fort e1 arrière de leurs voisins pour le système de culture ; ils montrent ue grande répulsion à péactrer dans [a contrée boisée, et au lieu de s'étendre dans les terres hautes, ils subdivisent leurs terres lo long de la mer et maintienvent leurs enfants autour d'eux. Ils conservent leur langage et leurs habitudes avec un at tachement particulier, et bien que le commerce les inet naturelle ment en rapport avec les Anglais, jamnis ils ne contractent mariage avec eux, n’adoptent leurs maaières ou ne vont habitor leurs villages. Cette conduite netient pas à une disposition malveillanto envers le gouvernement anglais ; il faut l’attribuer plutôt aux usases, au Caractère national et à leur Système d'éducation. Mais s'ils sont inférieurs aux colons anglais duns ces arts qui fortifient et font progresser la société, ils peuvent fièrement soutenir 11 come Paraison daus les vertus sociales et dome:tiques, Sans ambition, Vivant avec frugalité, ils basent lour existence sur leurs moyens; dévoués à leur ancie:i Culte, ils ne sont divisés par Aaucunc discords religieuse ; enfin, contoats do leur sort et moraux dans leurg habitudes, ils jouissent peut-être do tout le bonhour quo comporto lu fragilité de la naturo humaine.”

soins. Chaque dimanche le service religieux diffère de Ja semaine précédente, et cette anomalie faisait dire à un écrivain français:

t__ Les ministres des diverses sectes poursuivent jusque dans ce refuge les âmes absentes de ces infortunés, et se gnt, pour éviter toute discussion, réglé une sorte de tour de service, de manière à avoir sucessivement un dimanche anglican, un autre baptiste, un autre presbytérien, et ainsi de suite. Malgré mon respect pour le prosélytisme religieux; je ne puis m’empêcher de le trouver ici singulièrement fourvoyé.??

Dartmouth, je viens de l'écrire, est jolie au possible, Les fous, s'ils n’y sont pas Wop renseignés sur ce que leur réserve la vie future, sont admirablement logés pour cette vallée de larmes. Tout autour de la ville la

pature a prodigué ses plus beaux paysages, mais hélas! pourquoi y avoir fait naître, braire et pulluler tant d'ânes montés et gourmandés par tant de nègres ?

Un yatch à vapeur nous arracha à cette cacophonie

désespérante, et pendant quelques heures nous eûmes le plaiser de croiser dans la baie, Rien de gentil comme

ces bateaux de plaisanee, où pour quelques dollars, on peut se reposer et 1êver à sa guise, pendant que sous les yeux défilent les merveilles d'une création large et puissante.

Nous allâmes ainsi de Bedford à l’île de MeNab, puis nous remontâmes jusqu'au Bras, pour revenir par la même route, Mais pendant que mes camarades s’ex-

re de ire à

1sque et se tour inche ainsi e reliilière-

sible, que logés ille la aélas !

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