‹ Promenades dans le golfe Saint-Laurent [microforme]Chapitre 11 sur 26 · TER · texte numérisé non relu

TER

le carré de Sir Hovenden, le supplia au nom de Dieu,

… de monter sur son banc de quart,

L'amiral s’y rendit gaiement—in gown and sl'ppers

, —en robe de chambre et en pantoufles.

# n FL:

L'Edgar était à la veille de talonner. Tout le monde avait perdu la tête; personne ne savait où était allé . Paradis. La frégate faisant chapelle s'était laissée coiffée, et avait rejeté les brisants sous sa hanche, pendant que pour comble du malheur, le capitaine Paddon hors de … Mi, faisait dégager un ancre qui dérapa de suite, et … qu'il fallut couper immédiatement.

La lune sortit alors du brouillard, et montrant dis. tinctement la côte Nord, permit à l'amiral de rassurer ‘un peu ses hommes. Sur ces entrefaites, Paradis que l’on avait éveillé, fit transmettre l’ordre de hisser toutes les voiles, I] fallait sortir de là couvert de toiles, ou chavirer.

L'£dgar, sous la main ferme du capitaine canadienfrançais se pencha sur les brisants, fit une seconde abattée, plongea fermement ses écubiers sous la lame, et sortit,

Pendant cette nuit là, séparé de son escadre, l'amiral courût dans le sud; puis, au matin, en reprenant sa bordée, il fit la rencontre du Swifsure, qui lui apprit une partie de l’immense désastre que nous ne connaissons plus que sous le nom du ‘ naufrage de l'anglais ?.

À ce raport vint bientôt se joindre celui du capitaine Alexander, du Chatam. T] était navrant

Huits gros transports de 2,316 tonneaux et trois quart, —ancienne jauge,—l’Zsabella Anne Cutherine, le Samuel et Anne, le Nathaniel et Elisabeth, le Marlborough, … de Chatam, le Colchester, le Content et le Marchand de Smyrne étaient venus s'éventrer sur l'Ile-aux-Œufs, pendant cette nuit terrible. Les capitaines Richard Bayley, Thomas Walkhup et Henry Vernon s'étaient noyés, Jusqu'à présent 884 cadavres jonchaient les criques de l’Ile-aux-Œufs et les sables de la côte du Labrador. Trois frégatesle Hindsor, l’Aigleet le Montague n'avaient évité une perte totale, qu’en se réfugiant, sans le savoir,

dans la passe où le Napoléon III est ancré en ce moment, à

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en’avaient s le savoir, e moment,

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ar ce désastre, les régiments des colonels Windress,

aine et Clayton, ainsi que celui du général Seymour, enfièrement composés de vétérans de l’armée de Marlborough, se trouvaient presqu ’anéantis : et l’ont reconnut ur la grève deux compagnies entières des gardes de la Fine qu'on distingua à leurs casaques rouges (1). î Quel était le chiffre exact des pertes de l’amiral Wal %ker ? Nul ne le saura positivement, mais ce que l’historien #eut rappeler, sans faire erreur, c’est que dès son arrivée à Boston, Sir Hovenden demandait au gouverneur Dud-

Mey quatre mois de rations pour les 9,385 hommes qu'il

amenait d Angleterre; puis que lors du conseil de guerre tenu sur l'opportunité d'attaquer Plaisance, après de naufrage de l'Ile-aux-Œufs, il déclara ne plus avoir que 3,802 hommes à bord de ses frégates et 8,841 sur

ses transports, soit un total de 7,643 matelots et soldats.

} Or, d’après le rapport officiel de l'amiral Walker, 220

Shonnnes cmbarquèrent à bord de l’Zsabella Anne Cuthe-

(1) Vide Charlevoix, Histoire de la Nouvelle-France, Livre XV, age 357.

{ D'après les numéros des lundis 10 et 23 juillet 1711 du Boston News Letter, published by authority, les régiments embarqués

. sur les transports de l’amiral Walker, étaient ceux des colo- . nels Kirke, Seymour, Disney, Windresse, Clayton, Kaiïne, ainsi à que celui du général Hill. Outre ces troupes, il y avait 600 hom- : mes d'infanterie de marine commandés par le colonel Churchill, et un train d’artillerie de quarante chevaux sous les ordres du colonel King. Les troupes de milice consistaient en deux régiments levés dans la baie du Massachusetts, dans le New-Hampshire et dans la

LA antation du Rhode-Island, le premier commandé par le colonel

alton, le second par le colonel l’honorable M. Vetch.

rine ; 102 étaient sur le Chatam ; 150 sur le Marlborough; 246 sur le Marchand de Smyrne; 354 sur le Colchester ; 188 sur le VNathaniel et Elizabeth ; et 150 sur le Samuel et Anne: soit un total de 1,410. Tous ces vaisseaux, plus le Content qui n’est pas mentionné dans cette pièce justificative, périrent sur l’Ile-aux-Œufs. Et en faisant la part de la maladie et des désertions, nous pouvons done sans exagérer mettre à 1,100 le nombre des noyés et des manquants à l’appel, le lendemain de la triste puit du 22 août. (1)

Ce soir-là, la tempête s'était rappelée qu’elle avait jadis dompté l’orgueil d’un autre amiral anglais, Sir Wilam Phips, en lui arrachant plus de mille hommes, et en lui brisant 38 vaisseaux. Vingt minutes lui avait suffi pour faire cette nouvelle œuvre de destructien, et sauver la Nouvelle. France de l'étreinte de l'anglais.

(1) Il ne faut pas oublier, que dans l'introduction de son journal, page 25, Walker avoue avoir perdu, en s’en revenant, la frégate lo Fevershtm de 36 canons, commandée par le capitaine Paston, ayant À son bord 196 hommes d'équipage, et trois nouveaux transports dont les morts n’entrent pas dans dénombrement.

Au moment de livrer cette page à l’impression un curieux bouquin me tombe sous la main. 11 est intitulé: 7Le chronological his- (oran, containing « regular account of all l'ansactions relating to British affairs, by ALr, Johnson, Lonton, MDCCXLIII.

Onlit ce qui suit aux pages 313, 314 :

22 August 1711.—Eîight of the transports of Sir Hovenden Walker's fleet with eight hundred officers and soldiers were cast away in the river Canada, where upon the rest of the fleet returned to New-England.

9 October 1711.—Sir Hovenden Walker and Brigadier Hill with the fleet of men of war and transports returned to Porthsmouth from their Expedition of Canada, and on the 15th instant the admiral’s ship the Edgar was accidently blown up with 400 seamen and several other reople on board, all the officers being ashore.

Mons an os Ce

ur le Marlbo- * 3854 sur le beth ; et 150 10. Tous ces ntionné dans cx-Œufs. Et ertions, nous e nombre des in de la triste

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de repartir les survivants sur le

4 On était alors six licues ouest.

Atterré par son incroyable désastre, l'amiral Walker ijoignit au capitaine Cook du Lou de croiser autour de l’île et de sauver ceux qu'il pourrait, pendant qne lui-même courrerait des bordées toute la nuit, Le ndemain, il dépêcha le HMonmouth, avec ordre de cherdher un mouillage sûr dans les environs, pour la flotte: ais l'officier de ce navire ayant fait un rapport négatif,

et les pilotes se reconnaissant incapables de conduire l'es-

gadre dans la baie des Sept-[les, l'amiral donna l'ordre reste de ses Vaisseaux, t réunit son conseil de guerre,

sud-ouest de Ja pointe

des Monts Pelées.

Tous les c pilotes fürent som nés de 3e fendre auprès du pavillon-amivai, hissé temporairement À bord du Windsor, Les minutes de cette séance disent Que, Sir Hovenden Walker présida, et que les officiers

Drésents fûrent, le capitaine Joseph Soans du Swiftsure,

capitaines et

| Me capitaine John Mitchel du HMonmouth, le capitaine

Robert Arris du Windsor, le capitaine George Walton

* du Montague, le capitaine Henry Gore du Dunkirk, le

capitaine George Paddon de l’ÆZdgar, le capitaine John «C-ckburn du Sunderland, et le capitaine Augustin Rouse du Sapphire. La diseution débuta sur un ton : d’aigreur, Quelques officiers allèrent jusqu’à reprocher à … Sir Hovenden Walker de ne pas les avoir consuité, avant le départ de Boston. L’amiral fût hautain. Le capi-

“taine Bonner pilote de l'Edgar, et M. Miller pilote du

Suwiftsure, insistèrent sur le danger qu'offrait le passage de l’île aux Coudres, près de Québec. Leurs camarade: vinrent à la suite les une des autres avouer leur incom. pétence, et il fût résolu à l’unanimité d'abandonner tout: tentative sur Québec, et de s’en aller à la rivière Kspa. gnole, au Cap Breton, pendant que le Léopard, en com pagnie d’un brig le Four Friends et d’un sloop le Bles sing, continueraient à croiser le long du lieu du sinistre

Au Cap Breton, les tâtonnements et les pertes d: temps recommencèrent, Walker n’osait plus retourne: en Angleterre sans tenter un coup de main sur Plaisance D'ailleurs ses instructions étaient positives là dessus Beaucoup d'officiers furent de l'avis de l’amiral ; mais |: général Hill fit à ce projet une forte opposition. On eût recours encore une fois à un conseil de guerre, et il fù résolu à l'unanimité, vû que l’on n'avait plus que pour onze semaines de vivres — les hommes étant mis à l: demi-ration — de faire voile vers les côtes anglaises, Mais avant de partir, l’amiral crût prudent de prendre possession de cette terre au nom de la reine Anne, «x remplaçant les armes de France par une gain) LL Jatine taillée en forme de croix. ”

Tout était maintenant au complet, puisque cette croit qui se dressait sur le Cap Breton, faisait face à l’entré: de ce golfe et de ce fleuve Saint-Laurent, devenus | tombeau des Anglais, et remplaçait celle que Si Hovenden Walker avait oublié de laisser sur la oôte dé serte du Labrador.

ait le passage rs camarade:

leur incom.

idonner toute rivière Espa.

Jard, en com loop le Bles u du sinistre les pertes di:

lus retourne sur Plaisance res là dessus niral; mais |:

tion, On eût rre, et il fû lus que pou ant mis à li:

es anglaises, t de prendr:

ne Anne, et inscriptior

1e cette croit ce à l’entré:

| devenus | le que St r la oôte dé

Ainsi se termina cette terrible expédition armée À grands frais, et sur laquelle la reine Anne ct ses ministres reposèrent tant d’espérances. La désertion des équipages, l’indiscipline des officiers, l’incompétence des pilotes, l'incroyable jettatura de l'amiral, et surtout le Manque de patriotisme des Bastonnais, toujours prêts à Fr. le roi pour lui faire tenter un coup de main sur Québec, mais incapables de faire le moindre sacrifice pécuniuire pour aider Sa Majesté à mener à bonne fin pareille entreprise—furent les causes premières des désastres de cette campagne qui, loin de perdre la Nou-

LA

velle France, comme on l’espérait, ne fut qu’une source

de profit pour elle, On crut envoyer à l'Ile-aux-Œufs ramener leurs dépouilles, dit la sœur Jeanne-Françoise Juchereau de

Baint-Ignace, dans son Histoire de l'Hôtel-Dieu de Qué:

bec. Monsieur Duplessis, receveur des droits de monfieur l'amiral, et monsieur de Montscignat, agent de la ferme, frétèrent une barque et gagèrent quarante ho:mes, à qui ils donnèrent un aumonier et des provisions de vivres pour aller passer l'hiver dans cet endroit, afin qu'au printemps ils tirassent tout ce qu’ils pourraient, Js partirent en 1711 ct revinrent en 1712, au mois de juin, avec cinq bâtiment chargés. Ils trouvèrent un gpectacle dont le récit fait horreur: plus de 2,000 cadavres nuds sur la grève qui avaient presque tous deg postures de désespérés : les uns grinçaient des dents, les

autres s’arrachaient les cheveux, quelques-uns étaient à

4 Ra “3

demi-enterrés dans le sable, d'autres s'embrassaient, Il y avait jusqu'à sept femmes qui se tenaient par la main et qui apparemment avaient péri ensemble, On sera Stonné qu'il se soit trouvé des femmes dans ce naufrage, Les Anglais se tenaient si assurés de prendre ce pays q u’ils en avaient déjà distribués les gouvernements et

empiois: ceux qui devaient les Fernplér emmenaient leurs uines et leurs enfants afin de s'établir en arrivant, Les Français prisonniers qui étaient dans la flotte, y en virent quantité qui suivaient leurs pères ou leurs tuaris, ct grand nombre de familles entières qui venaient pour prendre habitation,

La vue dé tant de morts était affreuse, et l'odeur qui en sortait était insupportable; quoique la marée en cmporlât tous les jours quelques-uns, il en restait assez pour iufceter l'air, Oa en vit qui s'étaient mis dans le ercux des arbres ; d'autres s'étaient fou rés dans Îles herbes, On vit les pistes d'hommes pendant deux ou trois lieues, ce qui fit croire que quelques-uns avaient été rejoindre plus bas leurs navires, [l devait y avoir de vicux officiers ; car, on trouva des commissions signées du Roy d'Angleterre, Jacques IT, réfugié en France dès 1689, Il y avait aussi des catholiques, car parmi les hardes il se trouva des images de la Sainte-Vierge,

“ On rapyorta des ancres d’une grosseur suprenante, des canons, des boulets, des chaines de fer, des habits fort étoffés, des couvertures, des selles de chevaux magnil-

D SR EU SU dm

issaient, I!

par la main ,, On sera ce naufrage, idre ce pays rnements et emmenaient blir en arriins la flotte, res ou leurs qui venaient

e, et l'odeur la marée en estuit assez mis dans le és dans Îles it deux ou ins avaient ait y avoir ons signées en France , Car parmi e-Vicræe, enante, des habits fort x magnili-

Fu

ques, des épées d'argent, des tentes bien doublées, des “fusils en abondance, de la vaisselles, des ferrures de toutes sortes, des cloches, des agrès de vaisseaux et une infinité d’autres choses,

‘ On en vendit pour 5000 livres,

‘Tout le monde courait à cet encan : chacun voulait avoir quelque chose des Anglais,

4 On y laissa beaucoup plus qu'on en pût enlever ;

} cela était si avant dans l’eau qu'il fut impossible de tirer {tout ce qu’on vit.

‘On en rapporta deux ans après pour 12,000 livres, sans compter tout ce qu'on avait Ôté d’ailleurs; c’en fût assez, ajoute naïvement la sœur Saint-[gnace, pour nous

à faire espérer que nos ennemis ne nous attaqueraient plus “et pour aflermir notre confiance en Dieu.”

À Québee, l'effet de ce désastre fût immense, La nouvelle y était parvenue dès le 19 Octobre 1711, C'é. tait M. de la Valtrie qui, de retour du Labrador, l'avait annoncé le premier ; et nos pères voyant que la colonie venait d’être sauvée d'une perte certaine, ne pûürent contenir leur joie, Le vocable de la petite église de la

:basse-ville de Québce, Notre-Dame de la Victoire, fàt changé par la ville reconnaissante, en celui de Notre- Danc des Victoires.

‘* On ne parlait plus que de la merveille opérée en … notre faveur, dit une chronique du temps; les poëtes épuisèrent leur verve pour rimer de toutes les façons sur

ce naufrage. Les uns étaient historiques et faisaient agréablement le détail de la campagne des Anglais; les autres satiriques et raillaient sur la manière dont ils s'étaient perdus. Le Parnasse devint accessible à tout le monde: les dames même prirent la liberté d’y monter, quelques unes d’entre elles commencèrent et mirent les messieurs en train, et non seulement les séculiers, mais les prêtres ei les religieux faisaient tous les jours des pièces nouvelles.”

En Ai.zleterre, le retour de l'expédition de l’amiral

Walker sema la honte à la cour et le deuil dans les familles. La main de Dieu ne cessa de s'appésantir sur le malhenreux Sir Hovenden, À peine arrivé à Londres pour se rapporter à l’Amirauté, une estafette l'y rejoignit et lui annonça la plus terrible des nouvelles. L'Edlgar, belle frégate de 70 canons, montée par 470 marins d'équipe, et qui avait navigué sous pavillon-amiral pendant une partie de la campagne, venait de faire explosi ,n en rade de Portsmouth ! Pas un homme, pas un officier, pas un docrment, n'avaient été sauvé; ctilne restai 15 même une épave pour être déposée plus tard au Musée Britanique, et y indiquer qu’une frégate du nom de l’Ædgqar avait existée jadis dans la marine royale. (1)

[1] Parmi ces documents se trouvait l’eriginal du journal tenu par Sir William Phipp lors de son expédition de Québec.

—The French minister came to me this evening, and brought with him Sir William Phipp's original journal of his Quebec expedition, and gave it me. This was blown up amongst several other material papers and draughts in the Edgar--Walker’s Journal p. 87.

t faisaient nglais; les ee dont ils ble à tout 6 d'y mont et mirent s séculiers, s les jours

de l'amiral lans les fajésantir sur rivé à Lonstafette l'y s nouvelles.

ée par 470 avillon-amiait de faire 10inme, pas été sauvé; tre déposée uer qu’une lis dans la

journal tenu bec.

, and brought Quebec expeseveral other Journal p. 87.

jour que lPammiral était de passage à Londres,

« Qu'ajouter à cette série de malheurs ?

Pendant quelques années, Sir Hovenden Walker honni et ridiculisé par tous, lorsque son collèzue—le général Hill, — se voyait honoré d’un commandement;

. gécut dans sa retraite à Somershamn, près de Saint Ives Æuntiagton. Ses vieux camarades de l’Amirauté, qui

“avaient servi avec lui ou sous lui, oublieux de sa captivité en France et de ses vingt-huit années de commaadement, jour ne plus se souvenir que du naufrage de

l'Ilc-aux-Œufs, refuèrent pendant deux ans de régler

pes compies, sous prétexte que les pièces justificatives

. s'étaient perdues sur l£/gur: puis, l'année suivante,

gans aucun avis préalable, ils le retranchèrent de la liste des amiraux, et lui otèrent sa demi-solde, Hnfin,

un jJourpal, le Saint James Post, ayant annoncé qu'il avait été

“arrêté à sa résidence de Newington Stouk, par ordre de

la Reine, Waker, qui aurait pu voir ses services aceep. tés par la répub ina e Venise où par le tzar de Mos. cou, mais qui était trop loyal pour se mettre dans la position de pouvoir porter un jour les armes contre V'Angleterre, so décida le cœur navré, à quitter son implacuble patrie pour se rendre dans la Caroline du Sud, y cultiver unc plantation.

Là encore, les sarcasmies et la haine de ses compatriotes poursuivirent le proscrit anglais.

… À sa grande surprise, après son désastre, l’amiral

56 FROMENADES

Walker avait été assailli à Boston par une avalanche de brochures plus violentes les uns que les autres. J'ai dit à sa grande surprise, car Sir Hovenden qui, rêvait d’é. clipser la gloire de Drake et de Cavendish en s’emparant de Québec, pensait sérieusement être récompensé pour avoir ramené les reste de l'expédition. Dans ces brochures, le gouverneur Dudley, le colonel Nicholson, tous les New-Englanders s’en donnèrent à cœur joie sur le compte du malheureux amiral, et bientôt ces dénoncia-

tions parvinrent jusqu’en Caroline, où elles attisèrent «

tellement les passions populaires contre lui, que Sir Hovenden Walker fût obligé d'aller chercher un refuge aux Barbades,

Néanmoins, petit à petit ces haines et ces rancunes de l'orgueil anglais blessé, se tûrent, Le calme se refit dans cctte existence brisée. Dès 1720, Sir Hovenden: Walker put faire imprimer une justification et un rapport com:

plet sur sa triste expédition, et ce journal fut accueilli :

avec assez de faveur, si l’on en juge par la rareté de ce bouquin, devenu presqu'introuvable aujourd’hui. Bien tôt, l'oubli se fit autour du vieil amiral : et, revenu dans la Caroline, il finit par s’éteindre tranquillement dans sa plantation, en l’année 1725, au milieu des muse qu'il cultivait avec un certain succès, et entouré des éditions de son poëte favori, Horace, qui lui avait four. nit l’épigraphe de sa défense :

le:

valanche de es. J'ai dit rêvait d’éen s’emparécompensé . Dans ces Nicholson, eur joie sur s dénoncia:

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rancunes de e refit dans jen‘ Walker pport com:

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Grave!

Æaicnt pas neufs: la et les coquilles s'étaient attachées au fer et au cuivre, et ils u’étaient plus de

Sois fort dans la détresse et si ta bonne étoile

Fait naître enfin pour toi des vents moins désastreux : A ces protecteurs dangereux Ne livre qu’à demi ta voile.

—]l y a du vrai dans tout cela, et depuis que je suis

Mci, je me suis toujours douté de quelque chose de sem- Diable, dit une voix étrangère, en s'adressant à Agénor

Des soëlettes prises par le calme, dans la passe du Nord, y ont déjà repêché des canons, Dame ! ils n'é huîtres

rouille Îles rongeait ; les

grande utilité, si ce n’est A l'autre bout de l'île, à la

est pleine de

que pour servir de lest,

pointe des Anglais, la cabane du père Ruel

biyonnettes, de haches, de boulets et autres vicilles fer-

Hailles, qu'il s'amuse À ramasser lorsqu'il ne pêche pas. Ft, puisque vons êtes si curieux de ces choses, venez

‘avec moi jusqu'au phare: je vous donnerai un bout de

baguette de fusil qui vient de l’anglais, et que l’autre jour en seinant, nous avons ramené au plein.

Cette voix sympathique était celle de M. Paul Côté, l'excellent gardien du phare de l'Ile-aux-Œufs,

Agénor ne se fit pas prier pour accepter ce morceau de cuivre tout rongé par le temps et parla mer. Il lexamina longuement : puis, après l'avoir retourné en tous sens, il le glissa flegmatiquement dans la fameuse

, sacoche, en nous disant sous forme de péroraison:

—Les bibelots du père Ruel, et ce bout de baguette de fusil, voila peut-être tout ce qui reste maintenant pour raconter au passant la fin terrible de l’expédition de Sir Hovenden Waiker. Si d'un côté l’histoire fût indulgente pour le marin anglais, et si quelques uns de sex compatriotes, Smith entre autres, allèrent jusqu’à passer sous silence cette catastrophe, la légende s'empara de la navrante ballade, et c’est ainsi que la sœur Juchereau de Saint-Iunace écrivit plus tard que Sir Hovenden ‘ craignant d’être mal reçn de la Reine fit sauter en l'air son navire quand il fût sur la Tamise,” [l est vrai que Charlevoix assurait à son tour ‘“ qu’il se brisa sur l’'Ile-aux-Œufs avec sept de ses plus gros transporte.”

Puis après une pause :

— La première de ces assertions était sans doute suffi. sante pour donner libre cours à l'imagination de mon voisin de gauche, reprit Gravel en me ragardant malicieusement, car, si je ne me trompe pas, tu as jadis écrit

LA

dans tes ‘ Contes à lu Veillée”” l'histoire de cet amiral du brouillard qui demandait à ses perséeuteurs : —Pouviez-vous vous attendre à ce que j'ordonnasse au vent et à la tempête de s'arrêter ? Serait-il devenu possible que, par les subtilités de la magie, j'eusse eu le pouvoir de créer l'ouragan et de tisser des brouiilards dans le seul but de noyer tant de malheureux et de chercher le danger, sans aucun autre profit ou avantage pour moi, que le plaisir toujours stérile de faire le mal pour le mal ?

de baguette > maintenant : l'expédition l'histoire fût lques uns de èrent jusqu’à nde s'empara sœur Juche- Sir Hovenne fit sauter +,” [lest vrai se brisa sur ansporte,”

s doute suffi.

ation de mon ardant mali-

de cet amisécuteurs :

J'ordonnasse t-il devenu j'eusse eu le s brouitlards ureux et de ou avantage faire le mal

18 jadis écrit |

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