‹ Promenades dans le golfe Saint-Laurent [microforme]Chapitre 23 sur 26 · CE · texte numérisé non relu

CE

éprouver ce en fait une excellente description. Néanmoins il montre un peu

ah re trop de bonne volonté envers ce volatile, lersqu’il écrit que ‘* les quetois si petits margos sont aussi bon que pigeonneaux.”?

ee ne SAS —‘ Ils sont gros conune des oies, dit-il, ont le bec fort dange-

14 Es reux, sont tous blanes, hormis le bout des aMes qui est noir, et sont

ites les a#0- | de bons pécheurs pour le poisson qu'ils prennent et portent sur

leurs îles, pour manger.”

Le margaux est le fou de Bazan : la marmette le guillemot: le sai vrimpé LAS ue de mer, le grand macareux du nord, et le pingouin du Jeu grip

è sïque à bec en rasoir.

DUIS, ] HAT Ye-

golfe 1

pairs qui se seraient composée de pingouins, de guillemots et de macareux ; pendant qu’à leurs pieds, se battaient ou discutaient à grands cris les fous de Bazan, qui personnifirient à sy méprendre les communes démocratiques, Je n'ai pas besoin d'ajouter, qu’une odeur lortement inconstitutionnelle s'élevait de ce champ de liberté. Mais, hélas | pendant que ces assemblées délibérantes s'occupaient de la gestion des affaires de leur république, la mort et l’émeute grondaient à leur porte, Déjà, les journées de juin s'étaient levées pour elles, Bientôt, des pierres pleuvent de toutes parts sur les malheureux habitants du rocher. Des coups de fusils se font entendre ; et les bandes insurgés s’avancent, guidées par Agénor Gravel, qui siflotte entre ses dents :

Margot ! Margot | Lève ton sabot, La dance commence.

Nos matelots, excités par ce chant bachique,que Massé ne se serait guère attendu à voir métamorphosé un jour en hymne révolutionnaire, roulaient dans l’espace des quarticrs de roche à rendre Sysiphe poitrinaire, tout en chantant à tuc-tête sur l’air que vous connaissez.

A claque reprise de ce chœur des Noces de Jeannette, les pierres et les coups de fusil partaient drus comme grêle. Il fallait voir alors les malheureux volatiles dégringoler par grappe dans l'onde qu, ce jour-là, n’était pas aussi 2mère que leur existence. Franchement, pareille tucrie devenait dégoûtante. C'était avoir des dis-

guilleds, 80 Bazan, s démo- > odeur amp de lées déde leur ir porte.

ur elles, les malfusils se , guidées

ue Massé 6 un jour pace des e, tout en

eannetle, sg comme latiles déjà, n'était ement, pa- Dir des dis-

positions au meurtre que de taper ainsi sur ces animaux stupides ; et comme nos gens y prenaient goût, ce ne fut qu’à force d'instances que nous parvinmes à faire cesser cet inutile massacre,

Les plumes du fou de Bazan sont soyeuscs, très-fourrées, très-blanches, mais donnent une forte odeur de muse, Bien préparées, elle :cquéreraient une certaine valeur dans le commerce ; et je suis étonné que quelques uns de nos industriels n'aient pas encore songé à exploiter cette source de facile revenu, En revanche, les américains, qui sont à l'affût de tout, commencent à les connaître. [ls se sont aperçus de plus, que les œufs du margaux étaient d’excellent débit, A l’époque de la couvaison, leurs équipages descendent dans les îles où se réfugient ces oiseaux, cassent les œufs qu’ils trouvent dans les nids, pour en obtenir de plus frais; puis, quand ce true à réussi, ils chargent leurs goëlcttes, mettent le cap sur Boston, et veudent leur cargaison 25 à 30 cents la douzaine,

C'est surtout au milieu des îles qui berdeni In côte du Labrador, que cette désastreuse indusirie «ex aree, L'abbé Perron, longtemps missionnure à ivastashqouan, écrivait à ce sujet :

(© De peur que leur larcin srit découvert, les américains enfouissent dans le sable les quarts d'œufs qu'ils ont ramassés, ou les descendent au fond de l’eau, jusqu’à ce qu’ils en aient assez pour former une cargaison. Lorsque ceux qui ont échappé à leurs perquisitions ont

le EM,

ee A RE =

été couvés et scout éclos, ils viennent de nouveau parcourir nos îles, tuent le gibicr, enlèvent sa plume, et abandonnent par monceaux sa chair à la corruption.” Trois jours après notre départ, le Rocher-aux-Oiseaux fut saccagé par ces écumeurs de nids ! Ne serait:il pas temps de défendre sévèrement ces excursions périodiques qui tendent à exterminer notre gibier ? Ces gens à, ne sont pas difficiles sur les œufs : ils empilent à fond de cale tous ceux qui leur tombent sous la main. Ces palmipèdes ne sont pas les seuls êtres ailés qui aient élu domicile sur le Rocher-aux-Oiseaux. Deux grives y ont passé un été. Une autre année, un couple d'émérillons est vena semer l terreur et le deuil au milieu des plus paisibles ménages de l’île ; et en 1875, je retrouvai la maïson du gardien pleine ae fauvettes et de moucherolles. Elles entraïient par les fenêtres entrouvertes, et sautillaient en becquetant sur le buffets et les modestes meubles du seul abri que présente cette

solitude (1).

Le phare du Rocher-aux-Oiscaux cest une tour blanche hexagone, qui fut allumée pour la première fois

[1] M. F. X. Bélanger, le savant conservateur du musée z00l0gique, de l’Université Laval, a eu la complaisance de déterminer la classification de quelques-unes des oiseaux que nous vîmes sur le rocher. Ils appartiennent au gemie Miotilta varia de Veillot, ainsi qu'au genre Dendroica aestivu et Dendroica castenea, de Baird, et font partie de la nombreuse familie des Sylvicolidae, oiseaux qui vivent exclusivement d'insectes, et habitent ordinairement les forêts,

"es

eau parlume, et tion.” -Oiseaux ait-il pas ns périoer? Ces mpilent à s la main.

4 ailés qui x, Deux un couple e deuil au + en 1875, auvettes et pêtres entre buffets et ésente cette

une tour remière fois

| musée Z0010e déterminer ous vimes sur ja de Veillot,

castenea, de

Sylvicolidae, ent ordinaire-

DANS LE GGLFE 1063

en 1870. Elle est à 140 pieds au-dessus de la haute marée, et donne un f:u blanc, fixe, dioptrique, de second ordre, qui s'aperçoit à vingt et un milles en mer.

Chaque dimanche soir, pendant l’hiver, le phare du Rocher-aux-Oiscaux rallume ses

feux, depuis sept heures jusqu'à veuf heures,

Si la lumière reste visible pendant ce temps, c'est un sizne que tout va bien sur le Rocher ; mais si elle se masque trois fois en l'espace de ces deux heures, alerte sur la côte de Brion ou de la Madeleine! Un accident est arrivé aux habitants de l'île. Comme le phare est construit sur un point très-exposé, M. Mitchell quand il était ministre de la marine, donna l'ordre en 1873, d'ajouter des étais à la tour afin de mieux l'assujetir au roc.

L’habitation du gardien se trouve située à deux cents pieds de la lumière, (C'est une maisonnette petite, puante et mal tenue: mais l'impression qu'elle m'avait laissée lors de mou premier voyage s'est effacée depuis. En 1875. elle avait changé de main: et sous ia direction de M. Whelan, elle était devenue beaucoup plus confortable. En y entrant, on nous montre un puits creusé dans le roc; il contient 5,000 wallons d’eau de pluie, la seule qu'on puisse se procurer sur l'île. Cette fontaine improvisée, ne demande pas micux que d’être remplacée par une bonne machine à destiller l'eau de mer. Une passerelle court de l'habitation à la lumière : elle sert de lien de communication avec la tour, et les jours de vent,

ses solides garde-fous en fer empêchent le gardien et ses aides, d’être emportés par les terribles rafales qi, balayent alors tout ce qui ne se trouve pas cloué à ce rocher, où pousse à peine une herbe languissante et étiolée, A quelques pas du corps de logis s'élève une croix, plantée entre de gros monceaux de tuf: elleest protégée par une balustrade en bois, déjà branlante et toute disjointe. En attendant que cet endroit devienne un cimetière, c’est le lieu où, quand ie temps est propice, on vient s’agenouiller pour faire la prière du soir, et admirer les plus beaux coucher du soleil au monde. Un peu plus Join, se dresse la poudrière, et l'abri où se cache le canon chargé d'annoncer d'heure en heure l'approche du récif, aux navires surpris par la neige ou par la brume, Un petit tramway en bois, court du dépôt de provisions à la maison de la tour ; et du côté nord-ouest de l'île, trois ouvriers ivtelligents, MM, Jobin, Blanchet et Roza, ont accompli un véritable tour de force, en taillant dans le roc une tranchée perpendiculaire, haute de 127 pieds et large de 28. Elle permet à une grue de faire mouvoir une boîte, suspendue à un cable en fil de fer: dans cet élévateur on dépose les effets destinés au phare, lorsque la mer ne brise pas trop de ce côté.

Lors de notre passage au Rocher, en 1873, la population de l’île se composait de quatre hommes et ‘ane petite fille.

Tout ce qui méritait d''ére vue ou étudié sur le Rocher-aux-Oiseaux, l'avait été par nous. Il ne nous

art vai Jus ave

[sur

pét tra N s’er ain sou et Sav:

on et ses -i, bala- > rocher, olée. À . plantée e par une disjointe.

metière, on vient Imirer les \ peu plus e le canon e du récif, me, provisions st de l'île, et et Roza, illant dans 127 pieds faire moufer: dans phare, lors-

| la populas et 'une

Ldié sur le Il ne nous

restait plus qu’à refaire le précipice, où nous nous engascâmes allégrement, escorté en route par quelques morccaux de coke anglais, provenant d’un quart, arrêté dans son ascension par une une anfractuosité du rocher, et que maître LeBlanc, attaché au bout d'une forte corde, s’en était allé défoncer à grand coup de hache, Au milieu de ce bombardement d’un nouveau genre, nons descendions le plus vite possible, qui ayant des chapelets d'œufs enroulés autour du cou, qui des peaux d'oiseaux suspendues derrière lui par des bouts de ficelles; chacun évitant les projectiles qui lui pas-

| saicnt le long des orcilles, ct tous arrivant tant bien | auc mal au picd du rocher, où notre équipage nous attendait, en défendant les flancs de la balcinière contre

la morsure de la falaise.

L'opération du ravitaillement était finie: mais pour y arriver, que de courage et de mépris de la fatigue n’avaient-ils pas fallu à nos braves matelots ? Dans l’eau jusqu’au cou, les uns empêchent les chaloupes de frapper avec le ressac ; les autres, aident à débarquer et à rouler

sur deux madriers mal assujettis, ies quarts de poudre, de

pétrole ct de provisions destinés à l'île; les troisièmes travaillent à la grue, ou dégagent les objets qui se mèlent, s'enchevêtrent et ne peuvent arriver à destination. C’est ainsi que chaque escouade se hâte de faire sa besongne, sous le commandement d'officiers qui montrent l'exemple et ne s’épargnent guére, Les licutenants LeBlanc, Savard et Couillard-Després sont là, payant de leur

personne; et je ne crois pas qu’on puisse rencontrer ailleurs des gens plus dévoués et de meilleure humeur. Puis, quand la rude besogne est terminée; quand après douze heures de travail, les baleinières reviennent À bord, ces hommes trempés, rompus et qui devraient être sur les dents, regngnent leur carré en chantant, et trouvert encore le moyen d'exploiter la vieille gaité gauloisa, en riant aux éclats, et en faisant des lazzis sur les aventures de la journée,

Par sa position exceptionnelle au milieu du golfe Saint-Laurent, le Rocher aux-Oiseaux est placé sur la | route du neuf-dixième des steamers, et de la moitié des |

Me a de data NA

navires à voile qui vont à Québec ou à Montréal, Aussi | est-il appelé à rendre, comme observatoire télégraphique, ; les services les plus signalés, Bientôt, grâce aux efforts ( du commandant Fortin, député de Gaspé aux Com- d munes du Canaila, ce récif qui, jusqu'à présent, n'a Ï été qu'un objet de terreur pour Îles marins, perdra son i

antique réputation. [l accomplira, lui aussi, sa mission

dans le rouage universel, Relié par un câble sous-marin 1 au Cap-Breton, au groupe de la Madeleine, au nouveau- d

Branswick, à l'île du Prince-Rdouard, à la Gaspésie, à d V Auticosti—et plus tard à la eôte nordet à Belle-[sle—il le anuoncera au monde le passage des navires, donnera les

nouvelles qui serviront de bases à d'importantes études d

météorologiques, et indiquera aux pêcheurs et aux habi-

tants de la côte, les pérégrinations du hareng, du maque-

reau, de la morue et du loup-marin, ainsi que l'endroit

ncontrer humeur.

nd après ennent à vient être , et trougauloisa, sur les

du golfe cé sur la moitié des Sal, Aussi oraphique, aux efforts aux Comésent, n’a perdra son sa mission sous-marin 1nouveattjaspésie, à Île-Lsle—il onnera Îles tes études

aux habidu maque- : l'endroit

où il faudra se porter pour leur faire une pêche ou une chasse fructucuses.

Il était cinq heures du soir, lorsque le premier tour de lhélice nous arracha à la contemplation du Rocheraux-Oiseaux, Le soleil était chaud : et pendant que nous courions sur Brion pour y passer la nuit, le second rocher se montrait à nous sous les apparences les plus fantastiques, Ti était à un demi-mille sous le vent ; et tandis que celui que nous quittions prenait dans l'éloiunement la forme d’une tour Martello, celui-ci ressemblait à un bastion, à travers lequel on aurait percé une porte de œuerre, arche profonde de trente pieds, large de cinquante, et haute de vingt, Puis, à mesure que le steamer avançait, il perdait cette forme, pour aflecter celle d’une pyramide, n'ayant guère plus de vingt pieds de superficie. Fière et inaccessible, comme le bonnet phrygien de la liberté, elle allait se perdre dans les pro fondeurs du ciel bleu.

Après les rudes labeurs de la journée, nos hommes avaient mérités de prendre une nuit de revos, et le lendemain, quittant plus frais et plus dispos le petit havre de Brion, nous fuisions route vers les îles de la Madeleine. Depuis assez longtemps, le Napoléon ZLT filait à toute vapeur, sur le dos d’une mer calme qui l’entraînait

dans ses vagues Jongues ct presqu’insensibles. Tout à-

coup l’ordre fut donné de virer de bord. Notre capitaine venait d’avoir la première attaque de cette terrible maladie—un ramollissement cérébral—qui devait l’empor-

ter deux ans après. Sous les premières étreintes de ce mal étrange, cette tête intelligentes avait senti 8a mémoire vaciller, Cet excellent marin s'était trompé dans ges calculs, et au lieu du groupe de la Madeleine, nous avions devant nous les côtes montagneuses de Terre. neuve pivelées de larges taches de neige, Mis en présence de cette barrière inattendue, le Napoléon IIT fit volteface. Bientôt nous eûmes sous notre beaupré les faluises escarpées de l'Île Saint-Paul, et nous aperçgumes l'un de ces phares fièrement campé sur un mamelon gris.

Cette île, qui a trois milles de longueur sur une largeur d’a-peu-près un mille, est jetée à l'entrée du golfe Saint- Laurent, entre les extrémités sud-ouest de T'erreneuve et nord du Cap Breton. Klle se compose de deux flots, séparés l’un de l'autre par un bras de mer si étroit, que vus du pont d’un navire, ces deux fragments semblent ne faire qu'un tout compacte. La plus grande hauteur de Saint-Paul, est de quatre cents cinquante pieds audessus du niveau de la mer. Le sol est composé de rochers appartenant aux formations primaires ; et comme l’île est coupée à pie, à peine présente-t-clle aux bateauxpêcheurs deux abris passables, les anses de la Trinité et de l'Atlantique. Encore, pour y tenir, faut-il que le vent se lève de terre, Bien des naufrages terribles ont eu lieu sur cette île ‘“ escarpée et sans bord,” où vivottent à peine quelques épinettes rabougries, sous lesquelles se cachent une demi-douzaine de renards, arrivés sur l'ile, ‘ on n’a jamais su comment,” Néanmoins,

ntes de ce ti ga mémpé dans eine, nous de Terre.

n présence [ fit volteles faluises um es l'un on gris.

une largeur colfe Saint- T'erreneuve deux îlots, étroit, que ts semblent de hauteur e pieds aucomposé de s ; et comme ux bateauxa Trinité et til que le erribles ont ord,” où vies, sous lesnards, arri- Néanmoins,

depuis quelques années Saint-Paul a perdu de sa sauvage réputation, Le gouvernement y a fait construire deux tours blanches, octogones, dont l’une, bâtie sur le rocher vis-à-vis la pointe nord-est de Saint-Paul, donne une lumière blanche, fixe, masquée entre nord quart-est-quart-est et est-nord-est, tandisque l’autre, érigée sur la pointe sud-ouest de l'île, donne un éclat blanc toutes les minutes, Le ministère de la marine a complété cette œuvre philanthropique, en faisant construire ww sifflet d'alarme sur le côté sud-ouest de l’anse de l'Atlantique, à un demi-mille à peu près de létablissement de secours. Pendant les temps couverts et les tempêtes, ce sifflet se fait entendre toutes les minutes,

Les trombes ne sont pas fréquentes dans le golfe Saint. Laurent ; mais, elles y sont d’une violeuce inouïe. Le 16 août 1876, Saint-Paul fut dévasté par un de ces cataclysmes atmosphériques, et je ne saurais mieux faire que de reproduire ici le réeit officiel de cette catastrophe, tel que transmis par le gardien du phare au ministère de la marine, à Ottawa,

‘ Du ler au 16 août, nous n’aviens eu ni pluie ni nuages pour tempérer les brillants rayons du soleil, Finalement, l’atmosphère se remplit d’une fuiuce si épaisse, qu’on eût dit que la terre entière était en feu. Le 16, le temps changea; le vent passa au N. N. KE. avec grain de pluie, La fumée, qui depuis quelques jours était devenue insupportable, se dissipa, et nous espérâmes du

beau temps. Dans la matinée du 17, le vent souffa de l'est; le soleil fut très-chaud, Dans l'après-midi, le vent passa au S. S. O. avec grain de pluie. Le matin du 18, il était sud, avec risées et nuages menaçants. Dans l'après-midi, le firmament offrait un aspect terrible: les nuages paraissaient se heurter les uns contre les autres, et tourner dans toutes les directions. Vers quatre heures p. m., nous commençimes à entendre des coups de tonnerre dans le lointain, Un quart d'heure après, la foudre et la pluie étaient dans leur plein déchaînement, Le vent se mit au N. 0. .Je sortis, et fis le tour des bâtiments, afin de voir si tout était en bon ordre. Tout à coup, il était alors 94 heures, j'entendis un bruit terrible. En toumant mes regards dans la direction d’où il partait, j'aperçus un spectacle qui me fit frissonner de la tête aux pieds: à moins d’un quart de mille de l'endroit où je mic trouvais, je vis, vers l’ouest, des roches, de la terre, de l’eau et des arbres s'élever en tourbillonnant dans l'air, jusqu'à une hauteur de plus de 100 pieds. J'examinai attentivement la trombe, pour voir quelle direction elle prendrait, et constatai avec terreur qu’elle traversait l’anse en sc dirigeant sur moi, et qu’elle allait probablement emporter le logement dans :: course furibonde, Ma mère, une sœur sourde-muette, les domestiques étaient dans la maison, et j’avais deux hommes occupés aux champs. Je courus les avertir, [n route, une rafale se déchaîna autour de moi, emportant dans l’espace

une pierre meulière, des roches et des arbrisseaux. Le

uffa de nidi, le atin du

. Dans ble: Îles

a autres, re heures

s de ton- 8, la foument. Le jitiments, ut à coup, t terrible.

l'où il parnner de la le l'endroit hes, de la rbillonnant 100 pieds.

voir quelle eur qu'elle w’elle allait course furi-

domestiques

1e8 OCCUPÉS ute, une raans l’espace sgeaux. Le

corps principal de la trombe était près de moi: je courus avec toute la vitesse de mes jambes vers ie logement, et criai aux deux hommes qui étaient dans le champ de me suivre, [ls me parurent terriblement effrayés; l’un d'eux, n'eut que le temps d'entrer dans la maison. Comme nous franchissions le seuil de la porte, il se tit ane obseurité aussi profonde que celle de la nuit, et la tempête qui éelata, fit trembler l'édifice de la base au sommet, Au milieu du plâtre qui tombait, des chemi-

nées, des vitres, réluites en atomes, des chaises, des tables renversées,

nous Cr'unmIes que notre dernière

Toutefois, la tourmente s’en alla aussi rapidement qu'elle était venue,

heure était arrivée, Le calme se rétablit, et le soleil reparut dans tout son éclat: mais quel désastre ! La fumée du plâtre qui tombait nous avait fait croire que la maison était en feu ; voyant qu’il n'en était rien, je sortis le mieux que je pus. Au moment où la trombe avait fait son apparition, deux de mes hommes se trouvaient à un quart de mille de la maison, En voyant le tourbillon s’avancer, et comprenant qu'ils ne pourraient pas arriver à temps, ils se jetèrent à terre, se cramponnèrent aux buissons, et échappèrent à la destruction. Il n’en fut pas ainsi du pauvre homme qui n'avait pas semblé entendre mes cris d’avertissement : après une demi-heure de recherches, nous le trouvèmes mort sur le pas de la porte. Il a dû être tué dans le champ, et emporté par la trombe à l'endroit où nous le retrouvâmes, distance d'environ 300 pieds. Je

constatai que cinq bâtiments avaient été détruits avec leur contenu ; il n’en restait pas une parcelle, La cabane de la chaloupe, le dépôt aux provisions et le logement sont encore debout, mais terriblement endommagés. Le logement est une véritable ruine: le toit est défoncé en plusieurs endroits, les cheminées renversées, les fondations écrouiées, les fenêtres brisées, et à l’intérieur tout le plâtre est tombé. Ce qui a été détruit, consiste en une maison de refuse, la grance, l’étable, et deux autres bâtiments situés sur le sommet de la colline, à 600 pieds l’un de l’autre, Quatre de ces édifices couvraient un espace de 70 x20 pieds. Les deux ponts sur lesquels je venais de passer un instant auparavant, furent emportés, à une distance d'environ 400 pieds, et mis en pièces. Une roche de 3 x 4 pieds de diamètre et 18 pouces d'épaisseur, fut brisée en trois ou quatre morceaux, Une charrue et wne pierre qui se trouvaient dans la maison de refuge, ainsi que des ustensiles de ferme et de cuisine, des outils de charpentiers, furent enlevés par dessus la maison, et trouvés à plus de 200 pieds de là. L'homme préposé à la garde du phare sud-ouest me dit que, vers 4 heures p. m., il vit six tourbillons d’eau s’élever dans la direction de l’ouest, à trois milles; deux passèrent au sud est de l’île. De l'établissement de secours nous en aperçumes un, après le désastre : deux gaunèrent au nord, et deux autres, dont l’eau s’abattit sur la station, passèrent pardessus l’île. Les deux qui atteionirent l’île, vinrent près de la station sud-ouest, mais ne firent heureusement aucun dommage.”

ph

Ca] du d'il Dra à | tem tem

à pe Ecos Pas } a le

avec ane de it sont:

e logeen plu” dations tout le

en une tres bâ- 00 pieds ent un lesquels at emporen pièces.

[8 pouces aux. Une la maison et de cuis par deseds de là.

est me dit d'eau s’é- Iles; deux sement de stre : deux u s’ abattit deux qui

gud-ousst,

Nous n’eûmes pas a passer par de pareilles péripéties. La journée était ravissante ; une petite brise venait agi. ter mollement la tente que nous avions fait tendre sur le gaillard d’arrière, et enveloppé dans son panache de fumée, le Napoléon IIT insoucieux, rasait impunément la côte de ferue Saint-Paul. Petit à petit ces îlots déserts s’enfuirent derrière nous, pour finir par se plonger dans un bain de lumière, et bientôt nous vîimes surgir en proue les flancs verts-sombres du Cap-Nord,—une des extrémités de l’île du Cap-Breton (1}—qui se détachaient vigoureusement sur les tons glauques de la mer, J'étais alors appuyé sur le bastingage de bâbord, et tout en m'occupant à fumer un cigare, mon œil distrait se rivait à cette ligne de rocs sauvages, derrière lesquels l’imagination me montrait ce vieux Louisbourg qui avait une ceinture de cinquante acres de fortification, et ‘“ dont les tours, au dire de Garneau, s’élevaient au-dessus des

| mers du Nord comme des géants menaçants.” Ce n’était

plus cet endroit triste et oublié que heurte aujourd’hui )

(1) Jacques Cartier avait baptisé ce promontoi cap de Lorraine, et donna à bite, que RS “ du Cape, celui d’île Saint-Laurent. Plus tard, elle prit le . d'île Royale pour garder définitivement celui de cap cr Drake dansses ‘* Nooks and corners of New England coast ” tébind. à la page 21, que le Cap Breton avait sa place sur la pes lon temps avant la découverte de Cartier. Un vieux ortulan du temps de L RUE ce nom, assure-t-il, d :

Le cap Breton a 110 milles de long sur 90 de large à peu près 209,000 acres de terre. fl est séparé do rs LAS Ecosse par le ‘étroit de Canseau qui, dans certains endroits ie

as plus de $ de milles i i P % p pue ÿ de milles ‘4 largeur, tandisque dans d’autres, il y en

Æ Ÿ VA FLN ÿ ©) LA , Y 5 Ÿ

Page 1